« Le festival d’Avignon ne divise pas, il unit autour d’un trésor de la démocratie, autour du désaccord mais pas autour d’une pensée unique. » C’est en ces termes que Tiago Rodrigues, chorégraphe et directeur du festival, a réaffirmé vendredi 19 juin 2026 sur France Inter, selon Franceinfo - Culture, les valeurs fondamentales de l’événement à quelques semaines de son lancement.

La 80e édition du festival, qui se déroulera du 4 au 25 juillet, reste pour lui un « endroit de liberté d’expression et de création ». Une position qui intervient alors que le nouveau maire divers droite d’Avignon, Olivier Galzi, avait critiqué en avril dernier la place accordée à la cause palestinienne lors de l’édition 2025. Tiago Rodrigues a également rappelé que le festival « ne travaillerait pas avec un élu du Rassemblement National » si la municipalité basculait à l’extrême droite.

Ce qu'il faut retenir

  • La 80e édition du Festival d’Avignon se tiendra du 4 au 25 juillet 2026.
  • Son directeur, Tiago Rodrigues, a réaffirmé sur France Inter que l’événement « unit autour du désaccord » sans imposer une pensée unique.
  • Le nouveau maire d’Avignon, Olivier Galzi, avait critiqué en 2025 la présence jugée trop marquée de la cause palestinienne.
  • Tiago Rodrigues a affirmé qu’il « ne travaillerait pas avec un élu RN » en cas de majorité municipale d’extrême droite.
  • Le festival met en avant cette année le « mot d’ordre » des « questionnements » et de la célébration des désaccords.
  • Des artistes comme Alexis Michalik, victimes de censure ailleurs, pourront s’exprimer librement à Avignon.

Un festival ancré dans les valeurs de liberté et de débat

Pour Tiago Rodrigues, le festival d’Avignon incarne avant tout un espace où « le désaccord est irréconciliable » dans la société, mais où l’événement a « encore ce trésor : le désaccord ». Il a souligné que les « questionnements » et les débats publics étaient au cœur de la programmation, qualifiant même ces thèmes de « mot d’ordre » de cette édition. « Célébrons les questions », a-t-il lancé, insistant sur le rôle du festival comme lieu de confrontation des idées sans imposer de ligne idéologique unique.

Cette vision s’inscrit dans la continuité des principes fondateurs de l’événement. Depuis sa création par Jean Vilar, le festival défend des « valeurs progressistes, républicaines et démocrates ». Tiago Rodrigues a rappelé que cette ligne directrice restait intacte, malgré les critiques récentes de certains élus locaux. « Le festival d’Avignon reste et restera un endroit de liberté d’expression », a-t-il assuré, ajoutant qu’il espérait que le maire Olivier Galzi se ferait une « autre opinion » en découvrant la programmation cette année.

La liberté artistique face aux pressions politiques

La question de la censure et des pressions politiques sur les artistes a également été abordée par Tiago Rodrigues. Il a pris l’exemple de la pièce « Passeport » d’Alexis Michalik, consacrée à un migrant érythréen et déprogrammée par le maire RN de Castres. À Avignon, a-t-il précisé, « ils seront libres de prendre la parole et de montrer leurs drapeaux ». Cette déclaration s’inscrit dans une volonté affichée de défendre un « espace de liberté » artistique, quel que soit le contexte politique local.

Le directeur du festival a par ailleurs rappelé que sa responsabilité, comme celle de ses prédécesseurs, était de « défendre les valeurs » de l’événement. « Ma responsabilité, et celle de n’importe quel directeur du festival d’Avignon, c’est de défendre les valeurs de cet événement », a-t-il déclaré. Une position qui contraste avec les craintes de certains observateurs face à la montée des discours conservateurs et identitaires dans certaines collectivités territoriales.

Et maintenant ?

Alors que le festival approche, les tensions autour de sa programmation pourraient s’accentuer. Les prochaines semaines seront l’occasion de voir si les déclarations de Tiago Rodrigues apaisent les critiques ou, au contraire, attisent les débats. La présence d’artistes engagés et de sujets sensibles pourrait, une fois encore, faire de cette édition un miroir des divisions sociétales. Reste à savoir comment les autorités locales, municipales et nationales, réagiront à cette affirmation sans équivoque de la liberté artistique.

Cette 80e édition du festival d’Avignon s’annonce donc comme un moment charnière, non seulement pour le monde du spectacle vivant, mais aussi pour le débat public en France. Entre défense des valeurs républicaines et respect des libertés, le festival continue de jouer son rôle de laboratoire des idées, malgré les remous politiques.