Alors que 35 départements français sont placés en vigilance rouge canicule à l’occasion de la Fête de la musique, le gouvernement a décidé d’interdire la consommation d’alcool sur la voie publique. Une mesure qui suscite de vives réactions de la part de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), notamment en Île-de-France, où son vice-président, David Zenouda, a jugé cette décision « improvisée » et « peu compréhensible ».
Ce qu'il faut retenir
- 35 départements en vigilance rouge canicule dimanche 21 juin 2026, jour de la Fête de la musique.
- L’Umih dénonce une décision « prise un peu rapidement » sans concertation avec les professionnels.
- La vente d’alcool reste autorisée dans les bars et restaurants, mais interdite sur la voie publique.
- Les professionnels s’inquiètent des difficultés logistiques et des risques de sanctions pour les clients.
- David Zenouda rappelle que les établissements sont déjà organisés pour vendre de l’alcool à emporter.
Selon Franceinfo - Culture, David Zenouda a réagi vivement à cette mesure, estimant que « ça me semble plutôt une décision qui a été prise un peu rapidement ». Il a précisé qu’aucune concertation ni discussion n’a eu lieu avec les restaurateurs et les bars cette semaine, alors que les températures étaient déjà annoncées comme élevées. « On sait que les températures allaient monter », a-t-il souligné, rappelant que les professionnels avaient préparé la Fête de la musique de longue date et avaient prévu de vendre de l’alcool à emporter.
Pour l’Umih, cette interdiction risque de compliquer la gestion des flux en extérieur, notamment sur les terrasses où l’on sert traditionnellement avec des gobelets jetables. « Ça va être assez compliqué à gérer », a-t-il prédit, tout en reconnaissant que la mesure « semble cohérente, évidemment pour des raisons de santé publique ». David Zenouda a toutefois tenu à rappeler que les établissements sont déjà soumis à des règles strictes pour éviter la vente d’alcool aux personnes en état d’ébriété. « À nous, patrons d’établissements, d’être très vigilants », a-t-il insisté, mentionnant la mise à disposition de poubelles, le nettoyage des abords des établissements et le service systématique en gobelets.
Un autre point de friction réside dans l’application de cette interdiction. « On ne va pas suivre notre client jusqu’au bout de la rue pour lui dire : "Attention, vous risquez une amende" », a déclaré David Zenouda à Franceinfo. Il a également souligné que les professionnels du secteur savent gérer les risques liés à la consommation d’alcool, surtout en période de canicule, où les dangers de déshydratation et d’ébriété sont accrus. « Les restaurateurs et patrons d’établissements sont conscients des dangers », a-t-il ajouté.
Une mesure sanitaire qui divise
Si la décision du gouvernement vise à limiter les risques liés à la consommation d’alcool sous une chaleur extrême, elle place les professionnels dans une situation délicate. En effet, malgré l’interdiction sur la voie publique, la vente d’alcool reste possible à l’intérieur des établissements. Une nuance qui, selon l’Umih, rend la mesure peu cohérente. « Dans beaucoup de terrasses, on sert avec des gobelets jetables », a noté David Zenouda, qui possède deux établissements à Paris. « Mais comment faire respecter cette interdiction sans créer de tensions avec la clientèle ? », s’interroge-t-il.
Cette situation rappelle les tensions récurrentes entre les pouvoirs publics et les professionnels de la restauration lors des événements festifs. En 2025, des mesures similaires avaient déjà été prises lors des fêtes de fin d’année, suscitant des critiques de la part des syndicats du secteur. « On a l’impression que les décisions sont prises sans tenir compte des réalités du terrain », a déploré un responsable de l’Umih sous couvert d’anonymat.
Canicule et Fête de la musique : un cocktail à risque
La Fête de la musique 2026 se déroule dans un contexte météorologique exceptionnel. Météo-France a annoncé des températures « exceptionnellement élevées » pour une grande partie de l’Hexagone, avec des pics à plus de 40°C dans certaines régions. Ces conditions aggravent les risques liés à la consommation d’alcool, comme le rappelle David Zenouda : « L’alcool déshydrate et peut aggraver les effets de la canicule ».
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont multiplié les recommandations : boire de l’eau régulièrement, éviter l’alcool et rester à l’ombre. Les professionnels de la restauration, eux, se retrouvent une fois de plus en première ligne. « On est habitués à gérer ce genre de situations », a souligné David Zenouda, tout en reconnaissant que la tâche sera plus ardue cette année en raison de l’improvisation gouvernementale.
Cette affaire soulève une question plus large : comment concilier les impératifs de santé publique avec les attentes des citoyens et les contraintes des professionnels ? Alors que les vagues de chaleur risquent de se multiplier dans les années à venir, cette tension entre prévention et liberté risque de s’accentuer.
Cette décision vise à limiter les risques sanitaires liés à la consommation d’alcool en période de canicule. Les autorités craignent que l’alcool, en favorisant la déshydratation, n’aggrave les effets de la chaleur extrême, notamment dans les départements placés en vigilance rouge.