Alors que les incendies ont durement frappé le Sud-Ouest cet été, suscitant des critiques sur la réponse des autorités, la ministre déléguée Éléonore Caroit a tenu à défendre l’action du gouvernement face aux accusations de manque de souveraineté. Intervenant sur franceinfo mardi 4 août 2026, elle a qualifié de « faux procès » l’idée que la France manquerait de moyens pour lutter contre les feux, malgré l’ampleur des sinistres.
Ce qu'il faut retenir
- Éléonore Caroit rejette l’accusation d’un « déficit de souveraineté » dans la lutte contre les incendies, la qualifiant de « faux procès »
- Le budget alloué à la prévention et à la lutte contre les feux a été doublé, passant de 450 à 800 millions d’euros
- La ministre souligne l’importance de la coopération internationale, notamment via le mécanisme de protection civile de l’UE
- Treize moyens aériens provenant de huit pays européens ont été mobilisés en France pour soutenir l’effort national
- Elle dénonce les polémiques sur l’arrivée tardive de certains équipements, estimant qu’il faut privilégier l’unité nationale en période de crise
Face aux reproches formulés par La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN) concernant l’utilisation de moyens tardifs, comme l’avion A400M pour des largages de produit retardant, la ministre a estimé que ces critiques relevaient davantage d’une volonté de créer une polémique que d’une analyse objective. « C’est un moment qui appelle à l’unité nationale », a-t-elle affirmé, rappelant que les moyens engagés avaient été renforcés ces dernières années.
Éléonore Caroit a également défendu l’efficacité du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU), activé le 24 juillet 2026 pour faire face au mégafeu en Gironde. Selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le 25 juillet, 13 moyens aériens issus de huit pays européens ont été déployés en France pour soutenir les opérations locales. Parmi eux figuraient des avions de lutte aérienne, des hélicoptères et des drones, illustrant l’importance de la solidarité européenne dans la gestion des crises environnementales.
« Même si on avait eu tous les Canadair, à un moment donné, lorsque vous faites face à des feux de cette ampleur, vous n’avez pas les moyens nécessaires seuls. La coopération internationale est essentielle. »
— Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, 4 août 2026
La ministre a par ailleurs rappelé que la France travaillait depuis des années à renforcer sa souveraineté dans ce domaine. « Nos moyens sont passés de 450 à 800 millions d’euros sur la question des incendies », a-t-elle indiqué, précisant que cet effort budgétaire reflétait une volonté politique de moderniser et d’adapter les ressources disponibles. Elle a également évoqué la création d’une filière industrielle dédiée à la lutte contre les feux, dans le but de réduire la dépendance aux importations et de développer des solutions adaptées aux spécificités locales.
Cette prise de position intervient alors que les débats sur la gestion des crises environnementales s’intensifient en France, notamment après une saison estivale marquée par des incendies d’une ampleur exceptionnelle. Les critiques portaient notamment sur la lenteur de l’intervention de certains moyens, comme l’avion A400M, dont l’utilisation avait été jugée tardive par certains élus. Éléonore Caroit a balayé ces reproches, soulignant que chaque décision opérationnelle s’inscrivait dans une logique d’efficacité et de coordination avec les acteurs locaux et européens.
Au-delà des moyens financiers, la ministre a mis en avant les progrès réalisés en matière de prévention et de coordination interministérielle. Elle a cité, par exemple, le renforcement des équipes de pompiers, l’amélioration des systèmes de détection des départs de feu et la mise en place de plans d’urgence renforcés pour les zones les plus exposées. « Nous avons progressé, mais nous devons continuer à nous adapter aux nouveaux défis posés par le changement climatique », a-t-elle conclu.
La question de la souveraineté française dans la gestion des crises environnementales dépasse désormais le cadre strict des incendies. Avec l’augmentation des phénomènes extrêmes liés au réchauffement climatique, l’enjeu porte aussi sur la capacité du pays à mobiliser rapidement des ressources suffisantes, sans dépendre exclusivement de l’aide internationale. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures annoncées et ajuster, si nécessaire, la stratégie nationale.