D'après Le Monde - Politique, Yann Wehrling, vice-président de la région Île-de-France en charge de la transition écologique, du climat et de la biodiversité, rappelle que le morcellement foncier de la forêt française et l’imprudence humaine constituent les deux causes principales des feux de forêt qui ravagent régulièrement le territoire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le morcellement foncier et l’imprudence humaine sont identifiés comme les principales causes des feux de forêt en France.
  • Yann Wehrling, vice-président de la région Île-de-France, a publié une tribune dans Le Monde pour clarifier ces causes.
  • La région Île-de-France est directement concernée par ces enjeux, notamment en matière de gestion forestière.

Une tribune pour corriger les idées reçues

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Yann Wehrling a tenu à rappeler que les incendies de forêt ne sont pas liés à la préservation de la biodiversité ou à l’action des écologistes. « Les forêts ne brûlent pas à cause des écologistes, et encore moins à cause de la biodiversité », a-t-il affirmé, soulignant ainsi l’importance de recentrer le débat sur les véritables responsables. Pour lui, la fragmentation des parcelles forestières et les comportements humains imprudents sont les principaux facteurs d’aggravation des risques d’incendie.

Le morcellement foncier, un obstacle à la gestion forestière

Le morcellement foncier désigne la division excessive des terres forestières en petites parcelles, souvent détenues par des propriétaires privés. Cette situation complique la gestion globale des forêts, notamment en matière de prévention des incendies. Les forêts françaises sont aujourd’hui morcelées à 75 % en petites parcelles, selon les données de l’Office national des forêts (ONF). Cette fragmentation rend difficile la mise en place de politiques de prévention cohérentes, comme le débroussaillage ou la création de coupures de combustible, essentielles pour limiter la propagation des feux.

Yann Wehrling a rappelé que cette situation n’est pas nouvelle, mais qu’elle s’aggrave avec l’urbanisation croissante et la pression foncière. « La gestion des forêts doit être repensée pour éviter que ces territoires ne deviennent des bombes à retardement », a-t-il indiqué.

L’imprudence humaine, un facteur aggravant

« L’imprudence humaine reste l’un des principaux déclencheurs des feux de forêt en France. Que ce soit par négligence, par méconnaissance des règles ou par simple insouciance, les comportements individuels jouent un rôle majeur dans l’émergence et l’intensification des incendies. »

Yann Wehrling, vice-président de la région Île-de-France

Selon les statistiques de la sécurité civile, près de 9 feux de forêt sur 10 sont d’origine humaine. Ces incendies sont souvent liés à des barbecues mal éteints, des jets de mégots, des travaux agricoles ou encore des activités de loisirs en forêt. Les périodes de sécheresse, de plus en plus fréquentes avec le changement climatique, amplifient ces risques. En 2025, plus de 50 000 hectares de forêt ont été détruits par des feux en France, un chiffre en constante augmentation depuis une décennie.

Un enjeu qui dépasse les frontières de l’Île-de-France

Si Yann Wehrling intervient depuis la région Île-de-France, ses propos s’appliquent à l’ensemble du territoire national. Les forêts des Landes, de Provence ou encore des Pyrénées-Atlantiques sont régulièrement touchées par des incendies, avec des conséquences dramatiques sur les écosystèmes et les populations locales. La gestion de ces territoires nécessite une coordination entre l’État, les collectivités locales et les propriétaires forestiers. « Il est urgent de repenser la gouvernance des forêts pour éviter que ces catastrophes ne deviennent la norme », a-t-il ajouté.

Le vice-président francilien a également pointé du doigt le manque de moyens alloués à la prévention. « Les budgets consacrés à la lutte contre les incendies sont souvent mobilisés en urgence pour éteindre les feux, alors qu’ils devraient l’être en amont pour prévenir les risques. »

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient être explorées pour réduire les risques d’incendie. Une réforme du morcellement foncier, permettant une meilleure gestion des forêts, est actuellement à l’étude au ministère de la Transition écologique. Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation renforcées pourraient être déployées pour limiter les comportements à risque. Une concertation avec les propriétaires forestiers est également prévue d’ici la fin de l’année 2026, afin d’élaborer des plans de prévention adaptés à chaque territoire. Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour inverser la tendance.

Le débat sur la gestion des forêts en France dépasse donc largement la simple question des incendies. Il interroge notre rapport à l’espace naturel, à la propriété privée et à la préservation des écosystèmes. Une chose est sûre : sans une action résolue, les feux de forêt continueront de s’intensifier, avec des conséquences irréversibles pour les forêts et les générations futures.

Les départements les plus touchés sont généralement ceux du sud de la France, comme les Landes, la Gironde, les Bouches-du-Rhône, le Var et les Pyrénées-Orientales. Ces régions concentrent à la fois des forêts étendues, des périodes de sécheresse prolongées et une forte fréquentation touristique en été.