Alors que les grands incendies de forêt qui ont frappé la France cet été semblent désormais éteints en surface, le travail des pompiers n’est pas pour autant terminé. Selon Ouest France, des feux dits « zombies » peuvent continuer à couver dans les sols, menaçant de réapparaître si les conditions météorologiques le permettent. Ces phénomènes, bien que moins visibles, représentent un risque persistant pour les écosystèmes et les équipes de secours.

Ce qu'il faut retenir

  • Les feux « zombies » sont des incendies souterrains qui persistent après la disparition des flammes en surface
  • Ils peuvent se propager lentement dans la terre, notamment dans les tourbières ou les sols riches en matière organique
  • Ces feux sont difficiles à détecter et à éteindre, prolongeant l’effort des pompiers
  • Leur réapparition est favorisée par des conditions de sécheresse prolongée et des températures élevées

Des incendies qui refusent de mourir

Les feux « zombies », ou incendies zombies, désignent des foyers qui continuent de brûler en sous-sol, souvent dans des zones où la matière organique – comme la tourbe – s’est accumulée sur des décennies. Selon Ouest France, ces phénomènes se produisent généralement après des étés particulièrement secs, comme celui de 2026, où les flammes ont ravagé plus de 60 000 hectares dans le sud-est de la France. « Les feux ne s’éteignent pas vraiment, ils entrent en phase de combustion lente », a expliqué un porte-parole des pompiers du Gard, joint par le quotidien.

Ces incendies souterrains se propagent à une vitesse imperceptible, mais leur dangerosité réside dans leur capacité à resurgir brutalement si une source de chaleur ou un vent violent vient les raviver. Les pompiers doivent donc maintenir une surveillance constante dans les zones touchées, même après l’extinction apparente des feux en surface. « On parle de feux dormants, qui peuvent couver pendant des semaines, voire des mois », a précisé l’expert.

Des sols vulnérables et des conditions favorables

Les tourbières et les sols riches en carbone organique sont particulièrement propices à ces feux persistants. Selon les données de l’Office national des forêts (ONF), citées par Ouest France, les régions comme la Camargue ou les Landes, où les sols tourbeux sont nombreux, sont particulièrement exposées. « Ces milieux, une fois asséchés, deviennent de véritables bombes à retardement », a souligné un responsable de l’ONF.

Les météorologues alertent également sur le rôle du changement climatique dans l’aggravation de ce phénomène. Les vagues de chaleur prolongées et les précipitations insuffisantes transforment les sols en véritables incubateurs pour ces feux souterrains. « Avec des températures moyennes en hausse et des étés de plus en plus secs, le risque de feux zombies va mécaniquement augmenter », a rappelé Météo-France dans son dernier bulletin climatique.

Un défi logistique pour les secours

La gestion de ces feux invisibles représente un défi majeur pour les services de secours. Contrairement aux incendies classiques, les feux zombies ne peuvent pas être combattus avec les mêmes techniques. Les pompiers doivent recourir à des méthodes de refroidissement des sols, comme l’injection d’eau à haute pression ou la création de tranchées coupe-feu pour limiter leur propagation.

« Ces opérations sont longues, coûteuses et nécessitent des moyens humains et matériels importants », a indiqué un officier du SDIS 30 (Service départemental d’incendie et de secours du Gard). Selon lui, certaines zones touchées par les feux zombies pourraient nécessiter une surveillance pendant plusieurs mois, voire jusqu’aux premières pluies automnales. « On ne peut pas baisser la garde, même si les flammes ne sont plus visibles », a-t-il ajouté.

Et maintenant ?

Pour les prochaines semaines, les autorités appellent à la vigilance dans les zones touchées par les grands incendies de l’été. Une surveillance accrue des sols, notamment via des drones équipés de caméras thermiques, est prévue dans plusieurs départements. Les prévisions météorologiques estivales, qui annoncent un temps sec jusqu’à mi-septembre, laissent craindre une résurgence de ces feux souterrains. Les services de secours pourraient également renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des riverains pour éviter tout départ de feu accidentel.

Reste à voir si ces mesures suffiront à contenir ce phénomène en pleine expansion. Une chose est sûre : les feux zombies sont devenus une réalité à laquelle la France devra s’adapter, dans un contexte de réchauffement climatique et de sécheresse récurrente.

Un feu zombie se caractérise par une combustion lente et souterraine, souvent invisible en surface, qui peut persister pendant des semaines ou des mois. Contrairement à un simple foyer résiduel, il se propage dans les couches profondes du sol, notamment dans les tourbières ou les zones riches en matière organique. Sa détection nécessite des outils spécifiques, comme des caméras thermiques ou des capteurs de chaleur.