La Fédération française de rugby (FFR) annonce un retour à l’équilibre financier pour la saison 2025-2026, selon RMC Sport. Après plusieurs années dans le rouge, l’instance fédérale a enregistré un bénéfice net de 8,4 millions d’euros, malgré un déficit d’exploitation de 2,6 millions d’euros. Une amélioration significative par rapport aux prévisions initiales, qui tablaient sur un déficit d’exploitation de 6,9 millions d’euros. Cette embellie financière s’accompagne d’un investissement de 4 millions d’euros dans le rugby amateur, destiné à soutenir les clubs via le Label club engagé.
Ce qu'il faut retenir
- Bénéfice net de 8,4 millions d’euros pour la saison 2025-2026, contre un déficit d’exploitation de 2,6 millions d’euros.
- Investissement de 4 millions d’euros dans le rugby amateur, via le fonds de dotation Rugby au Cœur.
- Le résultat d’exploitation reste négatif, mais les comptes globaux sont dans le vert grâce à un versement exceptionnel lié au fonds CVC.
- 369 311 licenciés en 2025-2026, en hausse de 1,5 % sur un an, avec une progression notable chez les femmes (+7 %).
- Prévision d’un déficit d’exploitation de 1,4 million d’euros pour 2026-2027, mais un bénéfice net attendu de 1,6 million d’euros.
Un retour à l’équilibre après des années difficiles
Pour la première fois depuis la saison 2016-2017, la FFR enregistre un bénéfice net positif, une nouvelle accueillie avec satisfaction par l’instance fédérale. Florian Grill, son président, a salué cette embellie dans un communiqué : « Les perspectives s’éclaircissent. À nous désormais de transformer cette dynamique en progrès concret et durable pour le rugby français ». Une déclaration qui résume l’espoir retrouvé après des saisons marquées par des difficultés financières majeures.
La saison précédente, la FFR avait affiché un déficit d’exploitation de 22,4 millions d’euros, aggravé par des provisions liées aux litiges entourant l’organisation du Mondial 2023. La perte finale pour 2024-2025 s’était élevée à près de 7 millions d’euros, après des exercices encore plus sombres avec des pertes de 13 millions d’euros en 2023-2024. Autant dire que le redressement actuel marque un tournant.
Un bénéfice net rendu possible par un versement exceptionnel
Le bénéfice final de 8,4 millions d’euros s’explique en grande partie par un apport financier lié au fonds d’investissement CVC. Ce dernier a versé une somme importante en échange d’une participation dans le comité des Six Nations. Ce versement, qui s’arrête après 2026, a permis de compenser le déficit d’exploitation et d’enregistrer un solde positif. Sans ce soutien exceptionnel, le résultat d’exploitation serait resté négatif.
La FFR précise que ce surplus financier a également servi à financer un don de 4 millions d’euros au fonds de dotation Rugby au Cœur. Cette enveloppe, prévue sur quatre saisons, vise à soutenir les clubs amateurs via le Label club engagé. « Cette enveloppe s’inscrit dans les 13 millions d’euros issus de la nouvelle convention » entre la Fédération et la Ligue, renégociée en 2025, rappelle le communiqué.
Une dynamique confirmée par la hausse du nombre de licenciés
La FFR a également confirmé que le nombre de licenciés s’élève à 369 311 pour la saison 2025-2026, soit une progression de 1,5 % en un an. Une croissance qui reflète l’attractivité croissante du rugby en France, notamment chez les femmes. Le nombre de licenciées féminines a en effet augmenté de plus de 7 % sur un an, atteignant 56 575 joueuses. Cette tendance s’inscrit dans un contexte favorable, marqué par la tenue du Mondial féminin 2025 en Angleterre, où les Bleues ont terminé quatrièmes.
Cette hausse des licenciés s’ajoute à d’autres indicateurs positifs, comme l’engouement pour les compétitions féminines ou encore la popularité du rugby amateur. Un signe que le redressement financier s’accompagne d’un regain d’intérêt pour le sport ovale en France.
Des prévisions prudentes pour les saisons à venir
Malgré cette embellie, la FFR reste prudente pour les saisons futures. Le budget prévisionnel pour 2026-2027 table sur un déficit d’exploitation de 1,4 million d’euros, mais prévoit tout de même un bénéfice net de 1,6 million d’euros. Une projection qui repose sur la stabilisation des recettes et une gestion rigoureuse des dépenses, notamment en matière d’investissements.
Le président Florian Grill a rappelé l’importance de « transformer cette dynamique en progrès concret et durable ». Cela passera par une politique ambitieuse de développement du rugby, tant au niveau amateur que professionnel, mais aussi par une gestion financière rigoureuse. La fin des versements du fonds CVC après 2026 pourrait en effet peser sur les comptes de la fédération dans les années à venir.
Pour l’heure, la FFR mise sur une gestion équilibrée pour éviter un retour dans le rouge. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer si cette embellie financière se confirme dans la durée. Une chose est sûre : après des années de turbulence, le rugby français entre dans une nouvelle phase, où l’équilibre économique et le développement sportif devront aller de pair.
« Les perspectives s’éclaircissent. À nous désormais de transformer cette dynamique en progrès concret et durable pour le rugby français. »
Florian Grill, président de la FFR
Le versement du fonds CVC a permis à la FFR de compenser un déficit d’exploitation de 2,6 millions d’euros et d’enregistrer un bénéfice net de 8,4 millions d’euros. Sans ce soutien exceptionnel, le résultat final serait resté négatif. Ce versement s’arrête après 2026, ce qui pourrait impacter les comptes futurs de la fédération.
Ces 4 millions d’euros seront versés au fonds de dotation Rugby au Cœur pour soutenir les clubs amateurs sur quatre saisons, via le Label club engagé. Cette enveloppe vise à renforcer les structures locales et à développer la pratique du rugby à tous les niveaux.