La Fédération anglaise de football (FA) et son homologue néerlandaise (KNVB) ont publiquement remis en cause le leadership de Gianni Infantino à la tête de la FIFA, exigeant un examen approfondi de la gouvernance de l’institution. Selon Le Figaro, ces deux fédérations rejoignent ainsi la position de l’UEFA, qui avait déjà exprimé sa perte de confiance envers le président de la FIFA à la suite du retrait de son projet controversé d’ouverture aux investisseurs privés.
Ce qu'il faut retenir
- La FA et la KNVB appellent à un « examen complet et approfondi » de la direction de la FIFA pour restaurer la confiance.
- La KNVB affirme que le retrait du projet ne suffit pas à rétablir la « rupture de confiance fondamentale » envers Gianni Infantino.
- L’UEFA avait déjà menacé de boycotter la prochaine édition d’une compétition FIFA en cas de maintien du projet d’investisseurs.
- Le projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs privés a été abandonné dans la nuit après l’opposition massive des confédérations et des fédérations.
Une pression accrue sur Gianni Infantino après l’abandon du projet d’investisseurs
La FA, par la voix de son président, a confirmé son soutien à la position de l’UEFA, estimant qu’il est « temps de procéder à un examen complet et approfondi de la direction et de la gouvernance de la FIFA ». Dans un communiqué officiel, la fédération anglaise souligne que ce processus doit garantir « une gestion transparente du football mondial, dans l’intérêt des 211 nations membres et en plaçant la gestion à long terme au cœur de ses préoccupations ». Une prise de position qui s’inscrit dans un contexte de défiance croissante envers la gouvernance actuelle de l’institution.
La KNVB, de son côté, n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué lapidaire, elle a indiqué que « le déroulement de ce processus a engendré une rupture de confiance fondamentale envers le président de la FIFA ». La fédération néerlandaise ajoute sans ambiguïté : « La KNVB n’a plus confiance en son leadership. » Autant dire que les relations entre la direction actuelle de la FIFA et une partie de ses membres sont désormais extrêmement tendues.
L’UEFA avait déjà tiré un signal fort en menaçant de boycotter une compétition
Le retrait du projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs privés, annoncé dans la nuit par Gianni Infantino lui-même, n’a pas suffi à apaiser les tensions. Selon Le Figaro, cette décision a été prise face à la menace de boycott de l’UEFA et à l’opposition des confédérations asiatique et américaine. L’UEFA avait en effet averti qu’elle ne participerait pas à la prochaine édition d’une compétition FIFA si le projet était maintenu, une position réitérée par son président, Aleksander Čeferin.
Ce revirement de dernière minute n’a pas suffi à convaincre les détracteurs d’Infantino. L’UEFA avait déjà acté la perte de confiance envers le président de la FIFA, qualifiant sa gouvernance de « non transparente » et de « contraire à l’intérêt du football ». Une déclaration qui a marqué un tournant dans la crise actuelle, poussant plusieurs fédérations à exiger des garanties structurelles.
Les réactions des autres acteurs du football mondial
Si la FA et la KNVB figurent parmi les voix les plus critiques, d’autres acteurs du football mondial ont également exprimé leur mécontentement. Plusieurs confédérations, dont la CONCACAF (Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes) et l’AFC (Asie), avaient publiquement rejeté le projet avant même son retrait officiel. Ces fédérations, qui représentent des centaines de millions de licenciés, avaient pointé du doigt les risques de dérive commerciale et de perte d’autonomie du football mondial.
Côté clubs, les réactions sont plus nuancées. Certains grands clubs européens, notamment ceux appartenant à des groupes financiers, pourraient voir d’un bon œil l’ouverture aux investisseurs. Mais les craintes d’une gouvernance opaque et d’une influence excessive des fonds d’investissement sur les compétitions ont largement dominé le débat. Pour l’heure, aucune déclaration officielle d’un club ou d’une ligue n’a été rendue publique sur le sujet.
Les prochaines étapes : vers une réforme de la gouvernance ou une crise persistante ?
La pression exercée par les fédérations anglaise et néerlandaise, ainsi que par l’UEFA, pourrait accélérer le processus de réforme interne à la FIFA. Plusieurs scénarios sont désormais envisageables. Le premier serait la mise en place d’un audit indépendant, comme le réclament plusieurs membres. Un tel processus, s’il est mené de manière transparente, pourrait permettre de rétablir un climat de confiance.
L’autre scénario, plus radical, serait une motion de défiance à l’encontre de Gianni Infantino lors du prochain congrès de la FIFA, prévu en 2027. Une telle initiative nécessiterait le soutien des deux tiers des membres, ce qui semble encore incertain à ce stade. Enfin, une troisième voie consisterait en une restructuration partielle de la gouvernance, avec la création de nouveaux postes ou l’adoption de règles plus strictes en matière de transparence.
Pour l’heure, la balle est dans le camp des dirigeants de la FIFA. Leur capacité à répondre aux exigences de transparence et de gouvernance énoncées par les fédérations anglaise et néerlandaise sera déterminante pour l’avenir de l’institution. Si aucune solution n’est trouvée rapidement, le risque est grand de voir se cristalliser une fracture durable entre les tenants d’un football traditionnel et ceux qui prônent une ouverture aux logiques économiques modernes.
Le retrait du projet d’ouverture de la FIFA aux investisseurs privés a permis d’éviter une crise immédiate, notamment le boycott de l’UEFA. Cependant, il ne résout pas les problèmes de gouvernance structurels, qui continuent de peser sur l’image de l’institution. La FIFA doit désormais trouver des solutions pour restaurer la confiance, sous peine de voir émerger des motions de défiance ou des réformes imposées par ses membres.
Le prochain congrès de la FIFA est prévu en 2027. D’ici là, plusieurs réunions intermédiaires, dont une éventuelle réunion du Conseil de la FIFA avant la fin août 2026, pourraient aborder les réformes de gouvernance. Les enjeux seront majeurs : adoption de règles plus strictes, création de postes dédiés à la transparence, ou encore révision des statuts pour limiter les pouvoirs du président.