Alors que la rentrée scolaire approche, la dernière semaine d’août (du 24 au 30 en 2026) s’impose comme une période de plus en plus prisée par les vacanciers français, malgré sa réputation de « semaine la moins chère du mois le plus cher ». Selon Le Figaro, cette tendance, déjà observable depuis plusieurs années, s’amplifie avec l’augmentation des prix dans le secteur touristique et la recherche d’offres plus abordables.
Ce qu'il faut retenir
- La dernière semaine d’août est la période où les prix des locations en mobil-home baissent le plus fortement, avec des tarifs pouvant chuter de 600 € à 1 500 € pour une semaine.
- Cette semaine enregistre la plus forte progression de fréquentation dans les campings, où les places en mobil-home sont désormais souvent complètes, contrairement à il y a 15 ans.
- Les jeunes adultes et les familles privilégient désormais cette période pour des activités comme le kayak, la randonnée ou des séjours sportifs à tarifs réduits.
- En montagne, les stations misent sur des offres combinées (activités, hébergement) pour attirer les vacanciers, avec des taux de remplissage en hausse de dix points cette année.
- La hausse de la demande en fin d’été reflète aussi les contraintes budgétaires des Français, avec une inflation dans le tourisme deux fois supérieure à l’inflation générale sur 25 ans.
Des prix attractifs, un argument décisif pour les vacanciers
Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA), confirme cette tendance : « La dernière semaine d’août est la semaine dont le poids a le plus progressé. Dans la plupart des campings, les mobil-homes sont déjà complets, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ans ». Si les équipements plus complets des campings élargissent leur public, c’est avant tout le différentiel de prix qui attire les vacanciers. « On peut trouver des locations d’une semaine en mobil-home pour 600 euros, contre 1 500 euros quelques jours plus tôt », précise le propriétaire du camping La plage de Tréguer à Plonevez-Porzay (Finistère).
Pourtant, le prix n’est pas le seul critère. La première semaine de juillet offre aussi des tarifs avantageux et des journées plus longues, mais elle reste moins prisée. « Le mois d’août est le mois d’août, c’est psychologique », souligne-t-il. Le stress de la rentrée et la météo jouent aussi en faveur de cette dernière semaine, malgré des risques de canicule ou d’incendies qui peuvent impacter les choix de destination.
Les jeunes adultes et les familles ciblés par des offres adaptées
Les jeunes adultes ne sont pas en reste. Laurence Weissenburger, responsable marketing stratégique de l’UCPA, explique que cette association propose des séjours spécifiques pour les 18-25 ans, souvent plus sédentaires qu’auparavant : « Notre mission est d’aller chercher ces jeunes qui n’ont pas forcément découvert la mer ou la montagne avec leurs parents ou l’école ». Pour les convaincre, l’UCPA mise sur des promotions et des séjours adaptés aux débutants. « Le prix moyen d’un séjour estival est de 735 euros, mais les 18-25 ans bénéficient de réductions allant de 25 à 40 % ». Par exemple, un séjour de kayak de mer dans les Calanques est proposé à 610 euros, et une randonnée avec soirées DJ à Serre-Chevalier à 499 euros.
En montagne, la tendance se confirme également. François Heid, directeur de la Sogestar, gestionnaire de la station des Rousses (Jura), observe une clientèle familiale venue pour randonner, se baigner dans les lacs ou visiter les caves d’affinage à comté. « Cette semaine-là, le taux de remplissage des hébergements est de 50 %, contre 85 % fin juillet et début août », indique-t-il. La tranquillité et l’ouverture permanente des activités (la station s’étend sur quatre communes) séduisent les vacanciers, à condition que la météo soit favorable.
Les stations de montagne misent sur la créativité pour attirer les touristes
En Savoie, à Sainte-Foy-Tarentaise, la directrice de l’office de tourisme, Elise Gentit, se félicite d’un taux de fréquentation en hausse de dix points cette année, atteignant 63,9 %. « C’est un peu exceptionnel, car en plus de notre festival de musique, nous accueillons les 200 invités au mariage d’une Anglaise dont la famille possède un appartement dans la station », détaille-t-elle. Pour séduire une clientèle aux budgets réduits, la station propose des cartes d’activités à tarif préférentiel : « Pour 25 euros au lieu de 50, les touristes bénéficient de cinq activités comme le minigolf ou le mountain kart ». Une stratégie qui pourrait s’imposer pour compenser la baisse des recettes hivernales, alors que les touristes dépensent moins l’été que l’hiver.
Cette hausse de la demande fin août, si elle rassure les acteurs du tourisme, les inquiète aussi. Gilles Caire, maître de conférences à l’Université de Poitiers, rappelle que « les prix dans le tourisme ont augmenté en moyenne deux fois plus vite que l’inflation ces 25 dernières années ». Une situation qui pousse les Français à adapter leurs vacances : « Cet été, les camping-caristes restent plus longtemps dans le même camping en raison des prix du carburant », observe Nicolas Dayot. Les incendies et les épisodes de canicule aggravent également cette précarité touristique, limitant les choix de destinations.
Une chose est sûre : entre contraintes budgétaires et recherche de tranquillité, les vacanciers français redéfinissent leurs habitudes. Et cette dernière semaine d’août, autrefois boudée, est désormais devenue un choix stratégique pour de nombreux ménages.
Cette période coïncide avec la fin des vacances scolaires, ce qui réduit la demande et permet aux hébergeurs de proposer des tarifs plus attractifs. Les prix baissent notamment pour les locations en mobil-home, où les écarts peuvent atteindre 900 euros entre début et fin août.
Les vacanciers sont attirés par les prix plus bas, la tranquillité des lieux (moins de monde) et la diversité des activités proposées, notamment en montagne. La fin août permet aussi d’éviter le stress de la rentrée scolaire, tout en profitant encore des bonnes conditions météo.