La petite île de Cavallo, située dans l’archipel des Lavezzi au large de Bonifacio en Corse-du-Sud, est au cœur d’un bras de fer inédit. Longtemps réservée à une élite internationale et aux fêtes privées, elle pourrait bientôt ouvrir ses portes au grand public. En juin dernier, la mairie de Bonifacio a en effet lancé une offensive pour reprendre le contrôle du port et mettre fin à des décennies d’entre-soi. Selon nos confrères du Monde, cette initiative marque un tournant dans la gestion d’un territoire autrefois inaccessible.
Ce qu'il faut retenir
- L’île de Cavallo, dans l’archipel des Lavezzi, était jusqu’ici un lieu fermé aux touristes, réservé à une jet-set internationale.
- Le FLNC et des groupes mafieux ont ciblé cette île au fil des années, en faisant un symbole de conflits locaux et internationaux.
- En juin 2026, la mairie de Bonifacio a pris des mesures pour reprendre le contrôle du port et ouvrir l’île au tourisme.
Un territoire convoité, entre fêtes privées et conflits armés
Cavallo, avec ses plages de sable fin et ses eaux turquoise, a toujours attiré les regards. Dans les années 1980 et 1990, l’île est devenue le théâtre de fêtes endiablées, fréquentée par des célébrités, des hommes d’affaires et des membres de la jet-set mondiale. Mais ce paradis méditerranéen a aussi attiré des acteurs moins recommandables. D’après Le Monde, le Front de Libération Nationale de la Corse (FLNC), mouvement nationaliste historique, a multiplié les actions sur place, tandis que des réseaux mafieux locaux y ont vu une zone de trafic et de blanchiment d’argent.
Les tensions ont culminé avec des incidents violents, notamment des attentats à l’explosif et des affrontements entre groupes rivaux. L’île, située à quelques encablures des côtes italiennes, est ainsi devenue un symbole des luttes de pouvoir en Méditerranée. Autant dire qu’elle n’avait plus rien d’un simple lieu de villégiature.
La mairie de Bonifacio passe à l’action pour reprendre le contrôle
Face à cette situation, la mairie de Bonifacio a décidé d’agir. En juin 2026, elle a annoncé une série de mesures pour reprendre le contrôle du port de Cavallo, seul point d’accès à l’île. L’objectif ? Ouvrir l’île au tourisme et mettre fin aux activités illégales qui s’y déroulaient. « Nous voulons transformer Cavallo en un lieu accessible à tous, tout en luttant contre les trafics et les occupations illégales », a déclaré le maire de Bonifacio, José Rossi, cité par Le Monde.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de rénover l’image de l’archipel des Lavezzi, classé en partie en réserve naturelle. Jusqu’ici, l’accès à Cavallo était strictement réglementé, voire interdit pour le grand public. Les bateaux privés et les hélicoptères y amenaient une clientèle triée sur le volet, tandis que les infrastructures restaient quasi inexistantes pour les visiteurs.
Les défis à venir pour Cavallo
Si le projet de la mairie de Bonifacio semble ambitieux, il devra composer avec plusieurs obstacles. D’abord, les propriétaires actuels de l’île, souvent des personnalités influentes, pourraient contester les décisions administratives. Ensuite, la préservation de l’environnement sera un enjeu majeur : les Lavezzi abritent une faune et une flore protégées, et toute ouverture au tourisme doit être encadrée.
« L’équilibre entre développement touristique et préservation écologique sera délicat », souligne un expert en gestion des espaces naturels interrogé par nos confrères. Autre défi : la sécurité. Les réseaux mafieux ne disparaîtront pas du jour au lendemain, et leur influence pourrait s’étendre à d’autres activités locales.
Une question reste en suspens : dans quelle mesure cette ouverture bénéficiera-t-elle à l’économie locale, ou alimentera-t-elle les réseaux parallèles qui ont prospéré pendant des années ? Le pari de Bonifacio est audacieux, mais les enjeux sont à la hauteur des ambitions.
Cavallo était principalement contrôlée par des propriétaires privés et des réseaux influents, qui en avaient fait un lieu réservé à une clientèle exclusive. Les autorités locales n’avaient pas les moyens de s’y opposer, et les conflits armés ou mafieux décourageaient toute tentative d’ouverture touristique.