« Le compte n’y est pas si on veut jouer dans la compétition internationale à armes égales », a déclaré Lamri Adoui, président de l’association France Universités, dans un entretien accordé au Monde.

Selon le quotidien, ces propos interviennent dans un contexte marqué par des débats récurrents autour du montant des droits d’inscription à l’université ainsi que sur la question d’une éventuelle sélection à l’entrée des formations supérieures. Les enjeux financiers et l’attractivité des établissements français sont au cœur de ces discussions, alors que les comparaisons avec les systèmes universitaires étrangers s’intensifient.

Ce qu'il faut retenir

  • Lamri Adoui, président de France Universités, alerte sur le manque de moyens alloués aux universités françaises pour rivaliser à l’international.
  • Les débats portent notamment sur les droits d’inscription et la possibilité d’instaurer une sélection à l’entrée des formations universitaires.
  • La question de l’attractivité des établissements français est centrale, face à la concurrence des universités étrangères.

Des financements jugés insuffisants pour une ambition internationale

Pour Lamri Adoui, le budget actuel des universités françaises ne permet pas de se positionner sur un pied d’égalité avec les établissements étrangers. La France consacre environ 11 000 euros par étudiant et par an en moyenne, un montant inférieur à celui de pays comme l’Allemagne ou les États-Unis, où les dépenses par étudiant dépassent souvent les 20 000 euros. « Si on veut attirer les meilleurs étudiants et chercheurs, il faut investir davantage », a-t-il souligné, tout en reconnaissant les contraintes budgétaires auxquelles est confronté l’État.

Les universités françaises, confrontées à des effectifs en hausse et à des besoins croissants en infrastructures, peinent à suivre le rythme des établissements étrangers. La massification de l’enseignement supérieur a accru la pression sur les ressources disponibles, sans que les moyens ne suivent proportionnellement. « Autant dire que, sans un rééquilibrage, la France risque de perdre du terrain », a-t-il ajouté.

Droits d’inscription et sélection : deux sujets clivants

Le débat sur les droits d’inscription revient régulièrement sur le devant de la scène. Si certains plaident pour une augmentation modérée afin de dégager des ressources supplémentaires, d’autres s’y opposent fermement, craignant un effet dissuasif sur l’accès aux études pour les ménages modestes. Les droits actuels, fixés à 170 euros en licence et 243 euros en master, restent parmi les plus bas d’Europe, mais toute hausse serait politiquement sensible.

Par ailleurs, la question d’une sélection à l’entrée des universités divise. Ses partisans y voient un moyen de garantir la qualité des formations et d’éviter la saturation des filières en tension, comme la médecine ou le droit. Ses détracteurs, en revanche, y perçoivent une remise en cause du principe d’égalité d’accès à l’enseignement supérieur. « On ne peut pas faire l’impasse sur ce sujet », a commenté Lamri Adoui, tout en rappelant que la sélection existe déjà de facto dans certaines filières via le système Parcoursup.

L’attractivité des universités françaises en jeu

L’attractivité des établissements français est un enjeu majeur, alors que la concurrence internationale s’intensifie. Avec plus de 350 000 étudiants étrangers accueillis chaque année, la France se classe au quatrième rang mondial, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. Pourtant, face à la montée en puissance des universités asiatiques ou des programmes anglophones en Europe, le risque est réel de voir ces effectifs stagner, voire diminuer.

« Il ne s’agit pas seulement de financements, mais aussi de visibilité et de qualité perçue », a expliqué Lamri Adoui. Il cite en exemple les classements internationaux, où les universités françaises peinent à figurer parmi les cent premières, à l’exception de quelques établissements parisiens comme Sorbonne Université ou l’Université PSL. « Pour progresser, il faut une vision stratégique et des moyens cohérents », a-t-il résumé.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient dépendre des arbitrages budgétaires prévus pour le projet de loi de finances 2027. Un groupe de travail sur le financement de l’enseignement supérieur, annoncé l’an dernier, devrait rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année. Ses propositions pourraient inclure une hausse ciblée des droits d’inscription ou des mesures incitatives pour attirer davantage de financements privés. Reste à voir si ces pistes seront suivies d’effets concrets, dans un contexte où les marges de manœuvre de l’État restent limitées.

En conclusion, les déclarations de Lamri Adoui rappellent que les universités françaises font face à un défi de taille : concilier accessibilité et excellence, dans un environnement où la compétition internationale ne cesse de s’intensifier.