Alors que l’été 2026 s’illustre par des vagues de chaleur répétées et une sécheresse persistante, l’agriculture française traverse une « catastrophe climatique d’une ampleur inédite », selon les termes d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le premier syndicat agricole du pays. Dans un entretien accordé ce samedi 8 août à Franceinfo, celui-ci a réclamé des aides massives, chiffrées en plusieurs milliards d’euros, pour soutenir les exploitations sinistrées et éviter un effondrement des filières les plus exposées.
Comme le rapporte BFM Business, Arnaud Rousseau a souligné l’urgence de la situation, évoquant des « mesures d’urgence » pour les agriculteurs dont la trésorerie est menacée. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé mercredi 6 août un « plan global » destiné à ne « laisser aucun agriculteur seul ». Ce plan prévoit notamment des aides directes à la trésorerie, une prise en charge partielle des cotisations sociales et des dispositifs de simplification administrative. Mais pour la FNSEA, ces annonces restent insuffisantes au regard de l’ampleur des dégâts.
Ce qu’il faut retenir
- Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, parle d’une « catastrophe climatique » d’une « ampleur inédite » en agriculture, survenant après plusieurs canicules cet été.
- Le syndicat réclame des aides de plusieurs milliards d’euros, alors que les assurances peinent à couvrir un tel niveau de sinistres.
- Le gouvernement a présenté un « plan global » mercredi 6 août, incluant des mesures pour la trésorerie, les cotisations sociales et la remise en production des exploitations.
- Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, juge ce plan « trop léger » et demande un « plan massif » d’injection de trésorerie immédiate.
- Arnaud Rousseau a été invité à Matignon début septembre pour échanger avec le Premier ministre Sébastien Lecornu sur les mesures à mettre en place.
- La situation est si critique que certains secteurs, comme le colza, ne peuvent plus être semés en raison de l’état des sols, selon le président de la FNSEA.
Une sécheresse et des canicules d’une intensité historique
Depuis le début de l’été, les agriculteurs subissent une succession de canicules et de périodes de sécheresse prolongées. Ces conditions, qualifiées de « catastrophe » par Arnaud Rousseau, touchent l’ensemble des productions agricoles, des grandes cultures aux élevages. « Nous vivons une catastrophe climatique d’une ampleur que nous n’avons jamais vue en agriculture sur une telle durée », a-t-il déclaré. Les sols, desséchés, rendent impossible la préparation des semis pour certaines cultures d’automne comme le colza, dont la période de semis approche. « Au regard de la situation des sols, il n’en est pas question », a-t-il précisé lors de son intervention.
Selon lui, les dispositifs classiques d’aide, comme les assurances agricoles, ne suffiront pas à absorber un tel niveau de sinistres. « Les assurances ne pourront pas prendre en compte un tel niveau de sinistralité », a-t-il souligné, ajoutant que la situation exige une réponse exceptionnelle. « Nous avons besoin d’un choc de réactivité », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de mesures immédiates pour éviter l’effondrement de certaines exploitations.
Le gouvernement annonce un plan global, mais les syndicats réclament plus
Le gouvernement a tenté de répondre à l’urgence en dévoilant un « plan global » mercredi 6 août. Celui-ci prévoit notamment des mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, avec des prises en charge partielles des cotisations sociales et des dispositifs de simplification administrative. Une enveloppe spécifique est également prévue pour faciliter la remise en production des exploitations les plus touchées.
Cependant, la FNSEA et la Coordination rurale jugent ces annonces insuffisantes. « On parle de milliards d’euros », a réagi Arnaud Rousseau. « Nous attendons de savoir comment sera chiffré ce grand plan. » Pour Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, le plan gouvernemental est « trop léger » et ne répond pas à l’urgence de la situation. Son syndicat réclame un « plan massif et immédiat d’injection de trésorerie dans les exploitations » ainsi qu’un « plan hydraulique national » pour mieux gérer les ressources en eau.
Vers un ajustement des mesures dans les semaines à venir
Arnaud Rousseau a été invité à se rendre à Matignon début septembre pour discuter avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. Cette rencontre devrait permettre d’affiner les mesures à mettre en place, notamment pour adapter l’agriculture au dérèglement climatique. « Avant de parler du moyen et du long terme, encore faut-il survivre à cette crise et passer le court terme », a-t-il rappelé, insistant sur la priorité absolue : sauver les exploitations aujourd’hui.
Pour autant, le président de la FNSEA ne ferme pas la porte à une réflexion plus large sur l’avenir du secteur. « L’adaptation au dérèglement climatique pour les exploitations est en cours mais demande du temps », a-t-il concédé. Dans l’immédiat, l’enjeu est de trouver des solutions concrètes pour permettre aux agriculteurs de tenir jusqu’à la prochaine récolte, voire de préparer les semis de l’automne.
Pour l’instant, le gouvernement mise sur un équilibre entre mesures d’urgence et soutien structurel, mais la question des ressources en eau et de l’adaptation des cultures à des conditions climatiques toujours plus extrêmes restera au cœur des débats dans les années à venir.
Arnaud Rousseau a notamment cité le colza, dont les semis sont compromis en raison de l’état des sols. D’autres cultures comme le maïs ou la betterave, très sensibles à la sécheresse, sont également fortement impactées. Les élevages, confrontés à des difficultés d’alimentation pour le bétail, font aussi partie des secteurs en première ligne.