Près de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau ont été ravagés par des incendies en juillet 2026, entraînant la fermeture totale du massif et la suspension de l’activité d’escalade sur 65 hectares de blocs réputés. Selon RMC Sport, cette décision, prise par arrêtés préfectoraux, est toujours en vigueur jusqu’au 14 août, et la réouverture des sites pourrait prendre plusieurs mois, voire plus d’un an. Les autorités insistent sur la nécessité de sécuriser les zones touchées avant toute réouverture.

Ce qu'il faut retenir

  • 65 hectares de sites d’escalade de bloc ont été endommagés par les incendies, soit 10 % de la superficie totale de la forêt.
  • La fermeture du massif, initialement prévue jusqu’au 14 août, pourrait s’étendre au moins jusqu’à un an pour permettre la sécurisation des zones.
  • Près de 40 % des grimpeurs fréquentant Fontainebleau pratiquaient sur les sites touchés, selon l’Office national des forêts (ONF).
  • Les travaux de sécurisation incluent l’abattage des arbres morts, la lutte contre l’érosion et la stabilisation des blocs de grès.

Un paysage méconnaissable après les incendies

La forêt de Fontainebleau, habituellement animée par le passage de randonneurs, grimpeurs et animaux, offre désormais un spectacle de désolation. Les arbres calcinés s’étendent à perte de vue, le sol est recouvert de cendres, et les rochers en grès, autrefois clairs, sont noircis par la fumée. « On se croirait dans un décor de cinéma », confie Jo Montchaussé, grimpeur emblématique de la région depuis cinquante ans. Selon RMC Sport, ce tableau n’a rien d’une fiction : il reflète la réalité des 2 000 hectares ravagés par les flammes en juillet, dont une partie des sites d’escalade les plus prisés au monde.

L’interdiction d’accès, décidée par les autorités préfectorales, prive les passionnés d’un terrain de jeu unique. Pour Sophie David, responsable du service environnement et accueil du public à l’ONF, ces zones étaient « très fréquentées pour leurs paysages particuliers : grandes étendues de sable, rochers variés, et l’ombre des pins ». Une diversité qui attirait des grimpeurs de tous niveaux, avec des circuits balisés comme au ski.

Un coup dur pour les grimpeurs locaux et les passionnés

Jo Montchaussé, auteur de plusieurs ouvrages sur l’escalade à Fontainebleau, vit à quelques mètres seulement de la forêt. Il a assisté, impuissant, aux flammes qui menaçaient sa propre maison. « J’ai été tétanisé, sidéré », raconte-t-il. Pour ce passionné, l’interdiction de grimper dans la forêt représente une privation bien au-delà du sport : « Ne plus pouvoir grimper ici me procure de la tristesse, car c’est mon oxygène. L’organisme réclame sa dose d’activité. » Comme beaucoup de ses pairs, il a dû trouver des solutions de remplacement, comme construire un mur d’escalade dans son jardin pendant la pandémie de Covid-19. Mais « ce n’est pas agréable comme la forêt. Quand on est habitué aux blocs en pleine nature, c’est difficile de modifier sa grimpe », admet-il.

En attendant la réouverture, Montchaussé se rend sur des sites moins touchés, comme Beauvais-Nainville dans l’Essonne, mais rien ne remplace ses blocs favoris près de Barbizon. Selon RMC Sport, il n’est pas le seul à ressentir cette frustration : près de 40 % des grimpeurs fréquentant Fontainebleau s’entraînaient sur les zones endommagées.

Des travaux de sécurisation longs et complexes

La réouverture des sites d’escalade ne sera possible qu’après une série de travaux de sécurisation, dont la durée est estimée à « au moins un an » par l’ONF. Sophie David explique que les priorités incluent « couper tous les arbres morts pour éviter qu’ils ne tombent, lutter contre l’érosion, et stabiliser les blocs ». Sans végétation, le risque de glissements de terrain ou de chute de rochers persiste. Dans certains cas, il faudra également nettoyer les sites et refaire le balisage des circuits.

Montchaussé, bien que conscient de la nécessité de ces mesures, espère une réouverture la plus large et rapide possible. « Un an sans grimper ici, ça me paraît incroyablement dur à tenir. Ça sera très difficile », confie-t-il. Pour l’ONF, l’objectif est clair : garantir la sécurité des usagers avant de rouvrir le site, même partiellement.

Et maintenant ?

La réouverture progressive des sites d’escalade dépendra des résultats des travaux de sécurisation, actuellement en cours. Selon l’ONF, une évaluation plus précise de l’impact des incendies sur les rochers devrait être réalisée dans les prochaines semaines, notamment grâce à des inspections menées par des grimpeurs expérimentés comme Jo Montchaussé. La date exacte de réouverture reste pour l’instant incertaine, mais les autorités tablent sur une reprise partielle des activités au mieux d’ici plusieurs mois.

En attendant, les grimpeurs sont invités à respecter scrupuleusement l’interdiction d’accès et à suivre les consignes des autorités locales. La forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l’UNESCO, reste un écosystème fragile dont la restauration prendra du temps.

La réouverture est conditionnée par des travaux de sécurisation complexes : abattage des arbres morts, lutte contre l’érosion, stabilisation des blocs et refonte du balisage. L’ONF estime que ces opérations prendront « au moins un an », le temps de garantir la sécurité des grimpeurs.

Selon RMC Sport, 65 hectares de sites d’escalade de bloc ont été endommagés, mais les zones précises ne sont pas détaillées dans l’immédiat. Les inspections en cours permettront d’identifier les secteurs les plus affectés et les priorités de réouverture.