Avec une perte nette de 408 gigatonnes de glace en une seule année, 2025 figure parmi les pires exercices enregistrés depuis 1975 pour les glaciers terrestres. Selon Futura Sciences, cette fonte massive s’inscrit dans une décennie marquée par une accélération spectaculaire : les pertes annuelles sont désormais près de quatre fois supérieures à celles observées à la fin du XXe siècle.
Une étude internationale publiée dans Nature Reviews Earth & Environment, dans la collection Climate Chronicles, dresse un constat sans appel. Menée par le Service mondial de surveillance des glaciers (WGMS) à partir de données de terrain et satellitaires, cette évaluation figure parmi les plus complètes jamais réalisées. Les chercheurs soulignent que six des années les plus extrêmes en termes de fonte ont eu lieu au cours des sept dernières années, illustrant l’emballement du système climatique.
Ce qu'il faut retenir
- 408 gigatonnes de glace ont disparu en 2025, faisant de cette année la sixième pire depuis 1975.
- Les pertes annuelles actuelles sont près de quatre fois supérieures à celles enregistrées à la fin du XXe siècle.
- Depuis 1975, les glaciers ont perdu près de 10 000 gigatonnes de glace, dont 80 % depuis l’an 2000.
- Les régions d’Amérique du Nord occidentale et d’Europe centrale affichent les reculs les plus marqués en 2025.
- La fonte contribue directement à l’élévation du niveau des mers et perturbe les ressources en eau douce de millions de personnes.
Une décennie record pour la fonte des glaces
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre la fin du XXe siècle et la dernière décennie, la perte de masse glaciaire est passée de moins de 100 gigatonnes par an à environ 390 gigatonnes par an. En 2025, les 19 principales régions glaciaires du globe ont toutes enregistré une perte nette pour la quatrième année consécutive. « Les glaciers constituent l’un des indicateurs les plus visibles du changement climatique, et leur fonte atteint aujourd’hui des niveaux sans précédent », explique le Dr Levan Tielidze, chercheur à l’Université Monash et co-auteur de l’étude.
Le recul des glaciers ne se limite pas aux pôles. Les montagnes d’Europe centrale, les Rocheuses en Amérique du Nord ou encore les Alpes affichent des taux de fonte parmi les plus élevés au monde. Cette fonte massive transforme durablement les paysages de montagne, mais ses conséquences dépassent largement les seules régions concernées. Elle joue un rôle clé dans la montée des océans et menace directement l’accès à l’eau douce pour des millions de personnes, notamment dans les zones en aval des grands massifs glaciaires.
Des conséquences irréversibles, mais des marges de manœuvre subsistent
Selon les auteurs de l’étude, une partie de la fonte observée en 2025 est désormais inévitable. « Même en cas de stabilisation immédiate des températures mondiales, une fraction importante de la masse glaciaire est déjà condamnée à disparaître », précisent-ils. Cette conclusion s’appuie sur des décennies de données satellitaires et de relevés de terrain, qui confirment une accélération constante du phénomène depuis les années 2000.
Pour autant, tout n’est pas joué. Les scientifiques rappellent que chaque dixième de degré évité dans le réchauffement climatique permettrait de limiter l’ampleur des pertes futures et leurs impacts sur les écosystèmes, le niveau des océans et la disponibilité en eau. « Chaque fraction de degré compte », insiste le Dr Tielidze. L’étude, basée sur des données collectées par le satellite CryoSat de l’Agence spatiale européenne (ESA), confirme que la hausse des températures de l’air reste le principal moteur de cette fonte accélérée.
Un enjeu global aux répercussions locales
La fonte des glaciers en 2025 ne se limite pas à une problématique environnementale. Elle a des répercussions immédiates sur les populations et les économies locales. Dans les régions montagneuses, la disparition progressive des glaciers réduit les réserves d’eau douce disponibles pour l’agriculture, l’industrie et les besoins domestiques. En aval, les fleuves alimentés par ces glaciers voient leur débit varier de manière imprévisible, ce qui complique la gestion des ressources hydriques.
Les océans, quant à eux, absorbent une partie de cette eau de fonte, contribuant à la montée du niveau des mers. Selon les projections, si le rythme actuel se maintient, de nombreux glaciers pourraient disparaître d’ici quelques décennies. Cette disparition entraînerait des effets en cascade sur les écosystèmes marins, les zones côtières et les populations vivant en bord de mer. Les îles du Pacifique et les deltas densément peuplés figurent parmi les zones les plus vulnérables.
Cette étude rappelle une fois encore l’urgence d’agir à l’échelle mondiale. Si les décisions politiques tardent, les générations futures hériteront d’un monde où les paysages de montagne auront radicalement changé, où les océans auront gagné du terrain et où l’accès à l’eau douce sera devenu un enjeu majeur.
Selon l’étude, les régions d’Amérique du Nord occidentale et d’Europe centrale affichent les reculs les plus marqués en 2025. Ces zones, où les températures ont particulièrement augmenté, subissent une accélération de la fonte des glaciers de montagne, bien au-delà des seules régions polaires.