La passion pour le football peut avoir un impact inattendu sur la santé de ses fervents supporters. Selon Franceinfo - Santé, les longues heures passées devant l’écran à consommer chips et sodas pendant les matchs exposent les amateurs à des risques accrus de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.

Ce qu'il faut retenir

  • 72 % des spectateurs regardent les matchs en grignotant des produits ultra-transformés, selon une étude citée par Franceinfo - Santé.
  • Une séance de football de 90 minutes s’accompagne en moyenne de plus de 1 500 kcal consommées sous forme de snacks et boissons sucrées.
  • Les hommes de 35 à 54 ans, principaux adeptes des matchs à domicile, présentent un risque 1,8 fois supérieur de développer un diabète de type 2.
  • Les experts recommandent des alternatives comme des légumes croquants ou des fruits pour limiter les excès.

Un mode de consommation ancré dans les habitudes

La consommation de chips, sodas et autres snacks salés pendant les matchs de football est devenue une tradition pour de nombreux supporters. D’après Franceinfo - Santé, cette pratique, bien que répandue, n’est pas sans conséquences sur la santé. Les nutritionnistes soulignent que ces aliments, riches en sel, en graisses saturées et en sucres rapides, favorisent la prise de poids et perturbent le métabolisme.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une étude récente indique que près de trois quarts des spectateurs grignotent pendant les rencontres, avec une consommation moyenne de 1 500 à 2 000 kcal par session. Autant dire que ces excès, répétés match après match, peuvent avoir des répercussions durables sur l’organisme.

Des risques cardiovasculaires et métaboliques avérés

Les spécialistes tirent la sonnette d’alarme. Le docteur Sophie Bernard, endocrinologue interrogée par Franceinfo - Santé, explique que « la combinaison sédentarité, aliments ultra-transformés et sodas crée un cocktail dangereux pour le cœur et la glycémie ». Les données épidémiologiques montrent que les hommes de 35 à 54 ans, catégorie la plus représentée parmi les supporters, voient leur risque de diabète de type 2 augmenter de 80 % en cas de consommation régulière de ce type d’aliments pendant les matchs.

Les conséquences ne se limitent pas au diabète. Les maladies cardiovasculaires, comme l’hypertension ou les accidents vasculaires cérébraux, sont également plus fréquentes chez les personnes adoptant ce mode de consommation. Les autorités sanitaires alertent depuis plusieurs années sur les dangers de ces habitudes, sans parvenir à inverser la tendance.

Des alternatives existent, mais peinent à s’imposer

Face à ce constat, les experts recommandent des solutions simples pour limiter les risques. Remplacer les chips par des bâtonnets de carotte ou de concombre, ou encore opter pour des boissons sans sucre ajouté, permettrait de réduire significativement l’apport calorique et l’exposition aux graisses saturées. Pourtant, ces alternatives peinent à séduire le public.

Une enquête menée auprès de 1 200 supporters révèle que seulement 18 % d’entre eux ont modifié leurs habitudes alimentaires lors des matchs. « Les supporters associent souvent ces aliments à l’expérience du match », souligne un sociologue cité par Franceinfo - Santé. Bref, changer les mentalités prendra du temps, malgré les campagnes de sensibilisation menées par les associations de santé publique.

« Il ne s’agit pas de supprimer le plaisir, mais de trouver un équilibre. Un match de football peut se regarder en dégustant des amandes ou des pommes, sans pour autant renoncer à l’ambiance. »
— Docteur Sophie Bernard, endocrinologue, dans un entretien accordé à Franceinfo - Santé.

Et maintenant ?

Plusieurs fédérations sportives et clubs de football commencent à intégrer des messages de prévention dans leurs campagnes. Une collaboration avec des nutritionnistes a été annoncée pour la prochaine saison 2026-2027, avec la mise en place de stands proposant des alternatives saines dans les stades. Reste à savoir si les supporters, souvent attachés à leurs habitudes, franchiront le pas. Pour l’instant, la balle est dans leur camp.

En attendant, les autorités sanitaires rappellent l’importance d’adopter une alimentation équilibrée tout au long de l’année, et pas seulement pendant les périodes de compétition sportive. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place.

Les chips, les sodas et les snacks ultra-transformés comme les cacahuètes aromatisées ou les mini-saucisses sont les plus critiques. Riches en sel, en graisses saturées et en sucres, ils favorisent la prise de poids, l’hypertension et perturbent la glycémie. Privilégier des légumes croquants ou des fruits secs non salés permet de limiter ces risques.

Plusieurs initiatives locales ont vu le jour, mais aucune mesure nationale n’a encore été généralisée. Certains clubs de Ligue 2 et de National, en collaboration avec des nutritionnistes, testent des stands proposant des alternatives saines. Une campagne nationale est prévue pour la saison 2026-2027, mais son impact reste à évaluer.