L’équipementier français Forvia, confronté à la morosité persistante du marché automobile européen, annonce un virage stratégique vers deux nouveaux secteurs : l’assemblage de drones à vocation militaire en Europe et la création d’une dixième usine dédiée aux sièges automobiles en Inde. Ces décisions, dévoilées lundi 9 août 2026 selon BFM Business, s’inscrivent dans une logique de diversification industrielle pour compenser la baisse de la demande dans l’automobile.
Ce qu'il faut retenir
- Forvia va assembler 500 drones intercepteurs par mois, avec un objectif de 1 000 unités mensuelles, en France et en Allemagne dès 2027.
- Le partenariat pour cette production repose sur une entreprise européenne spécialisée dans la défense aérienne et les systèmes anti-drones basés sur l’IA, mais son nom n’a pas été communiqué.
- L’équipementier crée sa dixième usine en Inde, dédiée à la fabrication de sièges automobiles, avec un démarrage prévu en 2027.
- L’Inde est identifiée comme une « priorité stratégique » par Forvia, portée par la croissance du marché local et son écosystème industriel en expansion.
- Forvia emploie déjà plus de 2 400 ingénieurs en Inde et y détient 61 brevets déposés (dont 30 obtenus).
Un virage vers la défense pour compenser le déclin automobile
Face à la déprime structurelle du marché automobile européen, Forvia mise sur une diversification audacieuse en s’appuyant sur son expertise industrielle existante. L’assemblage de drones s’inscrit dans une logique de reconversion des capacités de production, alors que d’autres équipementiers, comme Valeo, ont déjà annoncé des projets similaires. Selon BFM Business, Forvia va produire des drones intercepteurs, initialement à un rythme de 500 unités par mois, avant d’envisager un doublement de cette capacité.
Le choix de ce secteur n’est pas anodin : Forvia dispose déjà d’une filiale, Hella, qui fournit des solutions d’éclairage et des systèmes électroniques pour des applications militaires et de sécurité. L’équipementier met en avant ses « technologies éprouvées », allant des radars aux systèmes de gestion de l’énergie, qu’il estime « adaptables aux exigences spécifiques de la défense ». Cette transition s’appuie donc sur un savoir-faire existant, tout en répondant à une demande croissante en Europe pour des solutions de souveraineté technologique.
« Cette collaboration vise à contribuer au renforcement de la base industrielle de défense européenne et de sa capacité à répondre rapidement aux besoins de production. »
L’Inde, nouveau terrain d’expansion pour Forvia
Parallèlement à son entrée dans le secteur de la défense, Forvia renforce sa présence en Inde, l’un des marchés automobiles les plus dynamiques au monde. La création de sa dixième usine locale, entièrement dédiée à la fabrication et à l’assemblage de sièges automobiles, marque une étape clé dans son plan « Ignite », lancé en février 2026. Ce projet s’inscrit dans une stratégie globale visant à tirer parti de la forte croissance du marché indien, portée par une demande accrue en technologies avancées et un écosystème industriel en pleine expansion.
Forvia souligne que l’Inde constitue désormais une « priorité stratégique », justifiant cet investissement par le potentiel de développement du pays. L’équipementier y emploie déjà plus de 2 400 ingénieurs et experts techniques, et détient 61 brevets déposés (dont 30 obtenus), preuve de son ancrage local. Le démarrage de la production est prévu pour 2027, sans que les volumes annuels n’aient été précisés pour l’instant.
Un contexte industriel en pleine mutation
Ces annonces reflètent une tendance plus large parmi les équipementiers automobiles européens, qui cherchent à diversifier leurs activités face à la baisse de la demande en véhicules thermiques et électriques. Selon BFM Business, Valeo a également annoncé début août 2026 la production, à partir de 2027, de moteurs électriques sans terres rares pour des drones, dans le cadre d’un partenariat avec la startup française Harmattan AI. Cette reconversion vers la défense ou les technologies de pointe illustre une adaptation nécessaire des industries automobiles à un marché en mutation.
Forvia, de son côté, mise sur sa capacité à transférer son expertise industrielle vers de nouveaux secteurs. L’équipementier rappelle que ses technologies, initialement développées pour l’automobile, peuvent être « adaptées aux exigences spécifiques de la défense », comme les radars ou les systèmes de gestion de l’énergie. Cette polyvalence pourrait s’avérer un atout majeur dans un contexte où la souveraineté industrielle européenne devient un enjeu prioritaire.
Ces annonces interviennent alors que l’Europe renforce ses investissements dans la défense, un secteur appelé à croître dans les années à venir. Forvia pourrait ainsi jouer un rôle clé dans cette dynamique, tout en diversifiant ses activités pour réduire sa dépendance au marché automobile. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits, dans un contexte économique où la concurrence et les incertitudes géopolitiques pèsent sur les décisions industrielles.
Forvia n’a pas révélé l’identité de son partenaire européen, se contentant d’indiquer qu’il s’agissait d’une « entreprise européenne pionnière des technologies de défense, spécialisée dans la défense aérienne et les systèmes de lutte anti-drones fondés sur l’intelligence artificielle ».