L’ancien Premier ministre et actuel président du MoDem, François Bayrou, a réitéré ce mardi 16 juin sur France Inter son refus de se présenter à l’élection présidentielle de 2027, une décision qu’il justifie par la volonté de préserver la portée de son message sur la dette publique. Selon BFM - Politique, cette position s’inscrit dans la continuité de ses prises de parole récentes, notamment à l’occasion de la sortie de son livre Alerte sur la France qui vient, publié aux éditions de l’Observatoire le 18 juin 2026.
Ce qu'il faut retenir
- François Bayrou exclut formellement une candidature à la présidentielle de 2027 pour éviter d’associer son message sur la dette à une démarche électorale, d’après BFM - Politique.
- Il a évoqué sur France Inter ce 16 juin que sa non-candidature pourrait être interprétée comme une stratégie opportuniste, qu’il qualifie de « parti du TPMG » (« Tout pour ma gueule »).
- Le centriste, qui s’est présenté trois fois à l’élection présidentielle, a perdu son ancrage politique en 2025-2026 : renversé à l’Assemblée nationale en septembre 2025, puis battu aux municipales de Pau en mars 2026.
- Bayrou défend son refus en affirmant que « précisément dans les moments de creux se préparent les moments de plein », rappelant ainsi une logique historique selon lui.
- Son livre, publié le 18 juin 2026, alerte à nouveau sur la situation budgétaire de la France, un sujet qu’il porte depuis des années.
Un refus motivé par la crainte d’une récupération politique
François Bayrou a longuement détaillé les raisons de sa non-candidature lors d’un entretien sur France Inter, ce mardi 16 juin. Pour l’ancien maire de Pau, l’enjeu dépasse la simple stratégie électorale : il s’agit de ne pas brouiller le message central de son dernier ouvrage, consacré à l’endettement record de la France. BFM - Politique rapporte que Bayrou a craint que sa déclaration de candidature ne soit perçue comme un calcul politique parmi d’autres, dans un contexte déjà marqué par une multiplication des postulants à la magistrature suprême.
« Si j’étais candidat, que penseraient ceux qui vous écoutent ? Que penseraient les Français et les lecteurs ? », s’est interrogé Bayrou, avant de répondre lui-même : « Ils penseraient que j’écris pour moi. Ils penseraient que moi aussi je suis adhérent à ce parti dont j’ai trouvé le nom, qui s’appelle "le TPMG" : "Tout pour ma gueule". » Selon lui, cette perception réduirait à néant l’impact de son travail sur la dette française, qu’il considère comme une priorité nationale.
Un positionnement au-dessus de la mêlée, mais contesté
François Bayrou a adopté un ton à la fois pédagogique et ferme, rappelant que « le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en effet, ce n’est pas les non-annonces de candidatures qui ont encombré les ondes, plutôt le contraire ». Cette phrase, prononcée en introduction de l’interview, souligne son agacement face à ce qu’il considère comme une inflation de déclarations de candidature dans le paysage politique actuel. Pourtant, cette posture de « sage » contraste avec les revers électoraux qu’il a subis ces derniers mois.
En septembre 2025, François Bayrou a été renversé par l’Assemblée nationale après avoir sollicité la confiance des députés. Quelques mois plus tard, en mars 2026, il a perdu la mairie de Pau, une ville qu’il dirigeait depuis près de trois décennies. Ces deux échecs ont marqué un tournant dans sa carrière politique, alors qu’il avait été candidat à la présidentielle en 1993, 2002, 2007 et 2012. BFM - Politique souligne que ces revers alimentent les interrogations sur la sincérité de son refus de se représenter en 2027.
Une défense fondée sur l’histoire et la patience politique
Face aux questions sur son affaiblissement politique, François Bayrou a invoqué une vision cyclique de l’histoire française. « L’histoire de la France, c’est que c’est précisément dans les moments de creux que se préparent les moments de plein », a-t-il affirmé, suggérant que sa période actuelle de retrait pourrait s’avérer fertile à long terme. Cette rhétorique, typique d’un homme qui a souvent mis en avant sa longévité politique, vise à transformer une apparence de faiblesse en une stratégie de long terme.
Pourtant, le centriste n’a pas évoqué de projet alternatif ou de soutien à un autre candidat. Son refus de se présenter en 2027 semble avant tout motivé par la volonté de conserver une influence morale, plutôt que par une ambition électorale directe. Dans son livre, il insiste sur la nécessité de réformer les finances publiques, un thème qu’il a porté sans relâche depuis des années, y compris à Matignon entre 2017 et 2020.
François Bayrou a donc choisi de se placer en retrait, tout en continuant à alerter sur la dette française. Reste à savoir si ce choix stratégique lui permettra de préserver son influence, ou s’il sera perçu comme un aveu d’impuissance politique. Une chose est sûre : son refus de se présenter en 2027 ne manquera pas d’alimenter les spéculations dans les mois à venir.
Non, il n’a pas fait d’annonce officielle, mais il a clairement indiqué sur France Inter ce 16 juin qu’il exclut cette possibilité pour ne pas détourner l’attention de son message sur la dette. Cette position a été réitérée à l’occasion de la sortie de son livre Alerte sur la France qui vient, publié le 18 juin 2026.
François Bayrou a été renversé par l’Assemblée nationale en septembre 2025 après avoir demandé la confiance des députés. Il a ensuite perdu la mairie de Pau aux municipales de mars 2026, un scrutin qu’il dirigeait depuis près de trente ans. Ces deux revers électoraux ont marqué un tournant dans sa carrière politique.