Une pluie fine tombait ce mardi sur Semur-en-Auxois, en Côte-d’Or, lorsque le cercueil de François Patriat quittait la collégiale de la ville médiévale. Les cors de chasse ont retenti pour saluer l’ancien sénateur, président du groupe Renaissance à la Chambre haute, décédé le 19 août 2026 à l’âge de 83 ans. La cause du décès est un grave accident de vélo, l’une de ses passions qu’il pratiquait encore assidûment sur les chemins bourguignons. Les obsèques se sont déroulées sous un temps aussi changeant que la carrière politique d’un homme qui aura marqué plus d’un demi-siècle de vie publique, selon nos confrères du Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • François Patriat, ancien ministre de l’Agriculture et président du conseil général de la Côte-d’Or, s’est éteint à 83 ans des suites d’un accident de vélo le 19 août 2026.
  • Il présidait le groupe macroniste au Sénat et s’apprêtait à prendre sa retraite politique après cinq décennies de mandats.
  • Ses obsèques ont eu lieu à Semur-en-Auxois, sa ville natale, dans la collégiale où les cors de chasse ont marqué la cérémonie.
  • Passé des rangs du Parti socialiste au soutien indéfectible d’Emmanuel Macron, il incarnait une transition politique marquée.
  • L’ancien ministre était connu pour son engagement local en Bourgogne, où il a exercé des responsabilités pendant des décennies.

Un parcours politique marqué par deux rives de la gauche

Né en 1943 à Semur-en-Auxois, François Patriat a bâti une carrière politique sur plus de cinquante ans, oscillant entre les rangs du Parti socialiste et une fidélité assumée à Emmanuel Macron. Selon le Figaro, il a débuté dans les cercles socialistes proches de Michel Rocard avant de devenir ministre de l’Agriculture dans le gouvernement Jospin entre 1997 et 2002. Une époque où il a aussi dirigé le conseil général de la Côte-d’Or pendant seize ans, de 2001 à 2017. « Il était un homme de terrain, ancré dans son territoire », rappelle un élu local cité par nos confrères.

Son ralliement à Emmanuel Macron en 2017 a scellé une nouvelle étape, celle d’une alliance avec la majorité présidentielle. À la Chambre haute, il a pris la tête du groupe macroniste, devenant l’un des piliers de la stratégie sénatoriale du pouvoir. Pourtant, cette retraite qu’il envisageait avec une certaine appréhension – « la perspective l’angoissait », écrit le Figaro – lui a été brutalement arrachée par un accident survenu alors qu’il roulait à vélo, une activité qu’il affectionnait particulièrement.

Une cérémonie sobre et symbolique

La collégiale de Semur-en-Auxois a accueilli une cérémonie en demi-teinte, entre solennité et émotion discrète. Le cercueil de François Patriat, sorti sous une pluie fine qui a succédé à un soleil radieux, a été escorté par les sons des cors de chasse, une tradition locale souvent associée aux hommages rendus aux figures respectées. « La Bourgogne pleurait l’un des siens », confie un habitant présent sur place. Les personnalités politiques, venues en nombre, ont salué un homme discret mais influent, dont l’influence s’étendait bien au-delà des frontières de la région.

Parmi les présents figuraient des membres du gouvernement et des élus de tous bords, signe d’une reconnaissance unanime pour ce sénateur qui avait su conserver des relations au-delà des clivages. « Il était le trait d’union entre deux époques », a souligné un ancien collaborateur. L’hommage rendu à François Patriat a ainsi pris la forme d’un adieu à un homme qui avait su naviguer entre les courants politiques sans jamais perdre de vue ses racines.

L’héritage d’un sénateur engagé et polyvalent

François Patriat laisse derrière lui un héritage politique éclectique, marqué par son passage à l’Agriculture, un ministère où il a œuvré pour moderniser le secteur, notamment en soutenant les filières viticoles de Bourgogne. Son action locale, notamment à la tête du département, a aussi laissé des traces durables, avec des infrastructures et des politiques sociales souvent saluées par ses pairs. « Il a su allier pragmatisme et vision à long terme », a indiqué un de ses successeurs à la présidence du conseil départemental.

Au Sénat, il a joué un rôle clé dans les négociations budgétaires et les réformes institutionnelles, toujours dans une logique de compromis. Son départ précipité prive la majorité présidentielle d’un stratège expérimenté, alors que les prochains mois s’annoncent cruciaux pour le gouvernement, avec notamment l’examen de lois clés comme celle sur la réforme des retraites. « Son absence va se faire sentir », confie un député macroniste sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

La disparition de François Patriat ouvre une période de transition au Sénat, où son groupe devra désigner un nouveau président dans les prochaines semaines. Une élection interne est attendue avant la fin du mois de septembre, alors que le gouvernement prépare déjà plusieurs textes législatifs qui nécessiteront une majorité solide à la Chambre haute. Par ailleurs, les hommages rendus à l’ancien ministre pourraient servir de catalyseur pour relancer les débats sur la place des élus locaux dans les réformes nationales.

Côté opposition, certains observateurs s’interrogent déjà sur la capacité du groupe Renaissance à maintenir sa cohésion sans une figure aussi consensuelle. Quant à la Bourgogne, elle se prépare à honorer la mémoire de l’un de ses enfants les plus emblématiques, avec des projets commémoratifs envisagés pour les prochains mois.

François Patriat s’en va donc emporté par une passion, le vélo, qui l’a suivi toute sa vie, tout comme son engagement pour les territoires ruraux. Son parcours, jalonné de revirements et de fidélités, restera comme un exemple de longévité politique dans un paysage où les carrières se font et se défont à un rythme accéléré.

François Patriat était président du groupe macroniste à la Chambre haute, le Sénat, et s’apprêtait à quitter la vie politique après avoir exercé des mandats pendant plus de cinquante ans. Il a également été ministre de l’Agriculture entre 1997 et 2002 sous Lionel Jospin, et président du conseil général de la Côte-d’Or de 2001 à 2017.