Au moins sept civils ont été blessés dans la matinée du 16 avril 2026 lors de frappes russes visant la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine. Selon Le Monde, les attaques ont touché plusieurs quartiers, dont le centre-ville, provoquant des dégâts matériels et des perturbations dans une région déjà éprouvée par près de deux ans et demi de conflit.
Ce qu'il faut retenir
- Sept civils blessés lors de frappes russes sur Kherson, dans le sud de l’Ukraine, ce 16 avril 2026.
- Les attaques ont visé plusieurs quartiers, dont le centre-ville, selon l’administration militaire locale.
- Le chef de la diplomatie ukrainienne a appelé la communauté internationale à « agir sans délai » après ces nouveaux raids.
Des frappes ciblées en pleine zone urbaine
Les frappes de ce matin ont principalement touché le centre-ville de Kherson, une agglomération d’environ 300 000 habitants avant le conflit. L’administration militaire régionale a précisé que les attaques ont été menées à l’aide de missiles et d’artillerie, sans préciser l’origine exacte des projectiles. Kherson, située sur la rive droite du Dniepr, est un enjeu stratégique depuis le début de l’invasion russe en février 2022, en raison de sa position géographique et de ses infrastructures portuaires.
Selon les premiers bilans, les blessés sont tous des civils, dont un enfant de 12 ans hospitalisé dans un état stable. Les autorités locales ont appelé la population à se tenir à l’écart des zones de tir et à se réfugier dans les abris antiaériens. Aucun bilan matériel détaillé n’a été communiqué pour l’instant, mais des images partagées sur les réseaux sociaux montrent des bâtiments endommagés et des vitrines brisées dans le centre-ville.
Kiev exige une réponse internationale immédiate
Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a dénoncé une « escalade inacceptable » des frappes russes sur des zones civiles. « La Russie intensifie ses attaques contre des villes pacifiques, tuant des innocents et détruisant nos infrastructures », a-t-il déclaré. Il a appelé les partenaires internationaux à « agir sans délai » pour faire cesser ces violences, évoquant la nécessité de sanctions supplémentaires et d’un soutien militaire accru.
« Nous demandons à la communauté internationale de prendre des mesures concrètes pour protéger les civils et contraindre la Russie à respecter le droit international humanitaire. Le temps des déclarations est révolu : il faut des actes. »
— Ministre ukrainien des Affaires étrangères
Un conflit qui s’enlise, malgré les appels au dialogue
Ces frappes surviennent alors que les négociations de paix, relancées en début d’année sous l’égide de la Turquie et de la Suède, restent au point mort. Moscou continue de justifier ses opérations par la « démilitarisation » et la « dénazification » de l’Ukraine, des arguments rejetés par Kiev et ses alliés occidentaux. Depuis le début de l’année, les hostilités se concentrent sur le front sud, où les forces russes tentent de consolider leurs positions autour de la ville de Zaporijjia et de la région de Kherson.
Les frappes de ce matin rappellent l’intensification des raids russes ces dernières semaines, notamment après la chute de plusieurs positions ukrainiennes dans l’est du pays. Selon l’ONU, plus de 12 000 civils ont été tués depuis 2022, et près de 6 millions ont quitté l’Ukraine pour fuir les combats.
En attendant, la situation humanitaire à Kherson reste critique. Les services d’urgence locaux, déjà sous tension, appellent à des dons de sang et de matériel médical pour faire face à l’afflux de blessés. Les autorités municipales ont annoncé la fermeture temporaire de plusieurs écoles et centres administratifs, transformés en centres d’accueil pour les déplacés.
Kherson est située sur la rive droite du Dniepr, un fleuve qui divise une grande partie de l’Ukraine. Sa position géographique en fait un point de passage clé pour les approvisionnements militaires et les communications entre la Crimée (annexée en 2014) et le reste du pays. De plus, son port sur la mer Noire est un enjeu économique majeur, même si son activité a fortement diminué depuis le début du conflit.
