Malgré les interdictions promises et la flambée des coûts liée à la guerre au Moyen-Orient, les emballages plastiques continuent de dominer les rayons de fruits et légumes en France, comme le rapporte Reporterre.
Ce qu'il faut retenir
- Les barquettes en PET pour les fraises atteignent plus de 5 mètres de long dans certains hypermarchés en avril 2026
- Le prix des fraises emballées en plastique reste fixé à 1,99 € les 500 grammes pour des produits espagnols
- La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse significative des coûts énergétiques, sans pour autant réduire l'usage du plastique
- Les fraises représentent un exemple marquant de cette persistance, malgré les velléités d'interdiction
En ce milieu d’avril 2026, dans un hypermarché Carrefour situé en banlieue parisienne, les rayons de fruits et légumes offrent une image familière aux consommateurs. Pourtant, un détail saute aux yeux : les fraises, premières du genre en saison, sont systématiquement présentées dans des barquettes en polyéthylène téréphtalate (PET). Leur étalage s’étire sur plus de cinq mètres de long, une scène qui illustre, selon Reporterre, la persistance du plastique dans la grande distribution.
Les fraises espagnoles, vendues 1,99 € les 500 grammes, en sont l’exemple parfait. Leur emballage, conçu pour prolonger la durée de conservation et faciliter le transport, reste le choix privilégié des distributeurs. Malgré les annonces répétées sur la réduction des plastiques à usage unique, ce matériau domine toujours le secteur, et ce, malgré la hausse des coûts énergétiques consécutive à la guerre au Moyen-Orient.
Cette situation pose question : pourquoi le plastique persiste-t-il, alors que les alternatives existent ? Selon plusieurs associations écologistes citées par Reporterre, la logistique et les habitudes de consommation jouent un rôle clé. « Les emballages plastiques sont perçus comme indispensables pour éviter les pertes et garantir la propreté des produits », a expliqué un porte-parole de l’association Zero Waste France. Pourtant, des alternatives comme les filets en cellulose ou les emballages en papier sont déjà disponibles sur certains marchés.
Les distributeurs, de leur côté, invoquent des contraintes techniques et économiques. « Le coût des alternatives reste élevé, et leur mise en place nécessite des investissements importants », a déclaré un responsable de la grande distribution, sous couvert d’anonymat. Pourtant, plusieurs enseignes ont déjà réduit leur usage de plastique dans d’autres rayons, notamment pour les produits frais non transformés.
La Commission européenne a pourtant fixé des objectifs ambitieux : réduire de 50 % les emballages plastiques d’ici 2030. En France, la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) prévoit d’interdire les emballages plastiques pour les fruits et légumes frais non transformés à partir de 2027. Une échéance qui approche, mais qui semble lointaine pour de nombreux consommateurs, habitués à voir leurs fraises et leurs tomates emballées dans du plastique.
Pour l’heure, dans les rayons, le plastique domine toujours. Et les fraises de 2026 ne dérogent pas à la règle.
Plusieurs solutions existent, comme les emballages en cellulose, en papier recyclé ou les filets réutilisables. Certaines enseignes testent également des systèmes de consigne pour les contenants en verre ou en plastique dur.
