En 2025, les professionnels de santé libéraux ont été à l’origine de **73,5 % des 723 millions d’euros de fraudes détectées et stoppées** par l’Assurance maladie. Un constat qui pousse les inspections générales des ministères des Finances et des Affaires sociales (IGF et IGAS) à recommander un recentrage des contrôles sur ces acteurs, au détriment des particuliers, jugés moins lucratifs.
Selon nos confrères de BFM Business, ce rapport, rendu public cette semaine sur le site Vie-publique.fr et daté d’octobre 2025, souligne que « l’objectif est de prioriser davantage les contrôles des professionnels de santé, porteurs de forts enjeux financiers, par rapport au contrôle des assurés », afin d’augmenter le rendement de la lutte contre la fraude. Une stratégie qui tranche avec la répartition actuelle des moyens alloués.
Ce qu’il faut retenir
- 73,5 % des fraudes détectées en 2025 étaient le fait de professionnels de santé libéraux, soit **531,5 millions d’euros** sur un total de 723 millions.
- Les particuliers ne représentaient que **16 %** des fraudes stoppées, avec un préjudice bien moindre.
- **3 % des dossiers**, majoritairement liés à des professionnels de santé, concentrent **60 % du préjudice total**, soit **433,8 millions d’euros**.
- Le secteur des centres de santé (dentaire et ophtalmologie) a enregistré **138 millions d’euros** de fraudes détectées, suivi par l’audioprothèse (**86 millions**) et les transporteurs sanitaires (**62 millions**).
- Le rapport recommande de renforcer les procédures du tiers payant, notamment via l’obligation systématique de présentation de la carte Vitale.
- Une simplification des pénalités financières pour les professionnels pris en flagrant délit est également proposée.
Une répartition déséquilibrée des fraudes et des moyens
Les chiffres de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) sont sans appel : en 2025, les fraudes imputables aux professionnels de santé libéraux ou aux personnes se prétendant telles ont atteint **531,5 millions d’euros**, contre **115,7 millions** pour les particuliers. Le reliquat, soit **75,8 millions**, provient des établissements de santé. Pourtant, la répartition des dossiers traités par les équipes anti-fraude de l’Assurance maladie reste déséquilibrée.
« 30 % des dossiers traités concernent des petits préjudices inférieurs à 1 000 euros », souvent liés à des fraudes commises par des assurés, précise le rapport. À l’inverse, « 3 % des dossiers, majoritairement portés par des professionnels de santé, représentent 60 % du préjudice total ». Autant dire que l’efficacité des contrôles pourrait être améliorée en ciblant davantage les acteurs les plus lucratifs.
Le tiers payant et les centres de santé : des failles exploitées
Parmi les propositions du rapport, l’une des plus marquantes vise à resserrer les procédures du tiers payant, dont la généralisation a ouvert de nouvelles opportunités aux fraudeurs. Les inspections générales suggèrent notamment de rendre systématique la présentation de la carte Vitale par l’assuré pour bénéficier du tiers payant. Une mesure destinée à limiter les abus liés à la falsification ou à l’usurpation d’identité.
Autre secteur particulièrement touché : les centres de santé, notamment en dentaire et en ophtalmologie, où **138 millions d’euros de fraudes** ont été détectés en 2025. Viennent ensuite l’audioprothèse (**86 millions**), les transporteurs sanitaires (**62 millions**) et les infirmiers (**60 millions**). Des domaines où la complexité des actes et des remboursements facilite les dérives.
Des recommandations pour une lutte plus efficace
Le rapport insiste sur la nécessité de simplifier le processus d’imposition de pénalités financières aux professionnels pris la main dans le sac. Une démarche qui vise à accélérer les sanctions et à dissuader les fraudeurs récidivistes. Cependant, les auteurs du document précisent qu’un recentrage sur les gros dossiers ne doit pas signifier l’abandon des contrôles sur les petits préjudices.
« Un allègement trop fort des contrôles sur les petits dossiers pourrait provoquer une hausse, dans des proportions méconnues, des comportements fraudeurs », mettent en garde les inspections. Ainsi, un équilibre doit être trouvé pour éviter que les fraudeurs ne se reportent sur des cibles moins surveillées.
Un enjeu économique et social majeur
La lutte contre la fraude à l’Assurance maladie ne se limite pas à un simple ajustement des procédures. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de maîtrise des dépenses de santé, alors que le déficit de la Sécurité sociale reste un sujet récurrent de débat public. En ciblant les acteurs les plus lucratifs, l’objectif est double : récupérer des fonds publics et dissuader les pratiques abusives.
Pourtant, la question de l’efficacité réelle de ces mesures reste entière. Les fraudeurs, souvent organisés, parviennent à contourner les dispositifs existants. La simplification des pénalités et le renforcement des contrôles pourraient-ils inverser la tendance ?
Pour l’Assurance maladie, l’enjeu est de taille : optimiser ses ressources tout en maintenant une pression suffisante sur l’ensemble des acteurs. Une équation complexe qui pourrait redéfinir les contours de la lutte contre la fraude sociale dans les années à venir.
Selon les chiffres de la CNAM, le secteur des centres de santé (dentaire et ophtalmologie) arrive en tête avec **138 millions d’euros** de fraudes détectées, suivi par l’audioprothèse (**86 millions**), les transporteurs sanitaires (**62 millions**) et les infirmiers (**60 millions**).
Les fraudes commises par les professionnels de santé représentent **73,5 % du préjudice total**, soit **531,5 millions d’euros** en 2025. De plus, **3 % des dossiers**, majoritairement liés à ces acteurs, concentrent **60 % du préjudice**, ce qui justifie un recentrage des contrôles pour maximiser l’efficacité.