L’Assurance maladie a stoppé pour 49 millions d’euros de fraudes aux arrêts maladie en 2025, selon les chiffres communiqués ce 1er avril par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à l’Assemblée nationale. Ce montant s’inscrit dans une tendance haussière des tentatives de fraude, en progression de 15 % par rapport à 2024, et reflète les efforts accrus des services de l’État pour endiguer ce phénomène.

Comme le rapporte Capital, les équipes de l’Assurance maladie ont également détecté et bloqué des fraudes représentant un préjudice total de 723 millions d’euros pour l’ensemble des dépenses sociales en 2025. Parmi les cas les plus emblématiques figure l’arrestation, en septembre 2025, d’un réseau d’escrocs accusé d’avoir fraudé pour plus de 8 millions d’euros, illustrant l’ampleur des arnaques ciblant le système de protection sociale.

Ce qu'il faut retenir

  • 49 millions d’euros de fraudes aux arrêts maladie stoppées en 2025, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024, selon les déclarations de la ministre de la Santé.
  • 723 millions d’euros de fraudes détectées au total par l’Assurance maladie en 2025, dont une partie est directement liée aux arrêts de travail.
  • Le déploiement du formulaire sécurisé pour la déclaration des arrêts maladie a permis de réduire de 10 % la fraude sur le dernier trimestre 2025.
  • Les indemnités journalières d’arrêts maladie représentent désormais 20 milliards d’euros par an, soit 16 % des dépenses de la médecine de ville.
  • Le gouvernement envisage de nouvelles mesures pour limiter la croissance des dépenses, notamment un plafonnement des arrêts de travail à 30 jours renouvelables dans la limite de deux mois.
  • Les fraudes aux arrêts maladie sont en forte augmentation depuis la pandémie de Covid-19, poussant l’Assurance maladie à renforcer ses dispositifs de détection.

Une hausse des fraudes directement liée à la pandémie

La progression des fraudes aux arrêts maladie s’est accélérée depuis 2020, période marquée par l’épidémie de Covid-19. Selon les données transmises par le député Xavier Roseren (Horizons, Haute-Savoie), les tentatives de fraude dans ce secteur ont augmenté de 15 % en un an, confirmant une tendance inquiétante pour les finances de la Sécurité sociale.

Cette hausse s’explique notamment par la complexité accrue des dispositifs et la multiplication des arnaques, comme en témoigne l’affaire d’un réseau démantelé en septembre 2025. Ces escrocs avaient réussi à détourner plus de 8 millions d’euros en falsifiant des documents, un montant qui, selon Le Parisien, s’ajoute aux 49 millions d’économies réalisées grâce à l’action des caisses primaires d’Assurance maladie.

Des outils de détection renforcés pour limiter les abus

Face à cette situation, certaines caisses primaires d’Assurance maladie ont mis en place des outils technologiques pour identifier les fraudes, comme la vérification systématique des documents fournis par les assurés. Ces dispositifs, encore en phase de test dans plusieurs départements, visent à compléter les contrôles humains et à réduire les délais de détection des irrégularités.

Le déploiement récent du formulaire sécurisé pour la déclaration des arrêts maladie a déjà porté ses fruits : selon Stéphanie Rist, cette mesure a permis de réduire de 10 % la fraude sur le dernier trimestre de 2025. Un résultat salué par la ministre, qui y voit la preuve de l’efficacité des mesures adoptées ces dernières années.

« Cette progression des fraudes détectées et stoppées est le fruit des mesures adoptées ces dernières années, et de la mobilisation des équipes de l’Assurance maladie. »

Stéphanie Rist, ministre de la Santé

Un coût social en constante augmentation

Les dépenses liées aux arrêts maladie pèsent de plus en plus lourd sur les finances de la Sécurité sociale. En 2025, elles atteignent près de 20 milliards d’euros, soit 16 % des dépenses de la médecine de ville. Un montant en hausse d’environ un milliard d’euros chaque année depuis cinq ans, une évolution que la ministre de la Santé qualifie de « plus soutenable ».

Pour limiter cette croissance, le gouvernement planche sur plusieurs pistes, dont le plafonnement des arrêts de travail à 30 jours, avec possibilité de renouvellement dans la limite de deux mois. Cette mesure, déjà évoquée lors de réunions interministérielles, pourrait s’accompagner d’un durcissement des conditions d’indemnisation pour les arrêts de longue durée.

Et maintenant ?

Le gouvernement devrait présenter d’ici la fin du premier semestre 2026 un plan complet pour encadrer les arrêts maladie, en collaboration avec les ministres du Travail et des Comptes publics. Les discussions en cours pourraient aboutir à des annonces dès le mois de juin, alors que les dépenses continuent d’augmenter et que les fraudes persistent. Reste à voir si ces mesures parviendront à inverser la tendance sans pénaliser les assurés de bonne foi.

Les prochains mois seront donc déterminants pour évaluer l’impact des dispositifs mis en place, notamment le formulaire sécurisé et les outils de détection automatisée. Une chose est sûre : la lutte contre la fraude aux arrêts maladie restera une priorité absolue pour l’Assurance maladie, dans un contexte où chaque euro compte.

Contexte : les fraudes aux arrêts maladie, un enjeu récurrent

Les fraudes aux arrêts maladie ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur ampleur a pris une dimension inédite ces dernières années. Entre 2020 et 2025, les dépenses liées à ces arrêts ont bondi, en partie à cause de l’augmentation de l’absentéisme et des pratiques abusives. Selon les dernières données disponibles, certains secteurs professionnels sont particulièrement touchés par ce phénomène, avec des taux d’absentéisme record.

Face à cette situation, l’Assurance maladie a multiplié les initiatives pour endiguer le phénomène. Parmi elles, la fin progressive des arrêts de travail papier, prévue pour juin 2025, ou encore l’intensification des contrôles ciblés sur les arrêts de longue durée. Des mesures qui s’ajoutent à la traque des fraudeurs, désormais menée avec l’aide de cyberenquêteurs et d’amendes salées pour les contrevenants.

En 2025, les fraudes aux arrêts maladie prennent principalement deux formes : la falsification de documents médicaux et l’usage abusif d’arrêts de travail pour des motifs non valables. Certaines caisses primaires d’Assurance maladie signalent également des cas de collusion entre assurés et professionnels de santé, ainsi que des réseaux organisés spécialisés dans la fraude aux indemnités journalières.