Plus de sept mois après les derniers combats entre forces cambodgiennes et thaïlandaises à la frontière commune, les populations locales peinent à retrouver une vie normale, selon Le Monde. Les deux vagues d’affrontements survenues en juillet puis en décembre 2025 ont laissé des traces durables, tant sur le plan matériel qu’économique. Terres agricoles abandonnées, revenus précarisés et crainte d’une reprise des hostilités forment désormais le quotidien des habitants des provinces frontalières.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux vagues de combats en juillet et décembre 2025 près de la frontière cambodgo-thaïlandaise
  • Plus de 7 mois de trêve précaire sans retour à la normale pour les populations locales
  • Pertes de terres agricoles et fragilisation des revenus des habitants
  • Crainte persistante d’une reprise des hostilités
  • Absence de perspectives concrètes pour une résolution durable du conflit

Un conflit aux conséquences territoriales et économiques

Les affrontements de 2025 ont profondément bouleversé le paysage des provinces cambodgiennes frontalières, notamment dans les zones proches de Poipet et Oddar Meanchey. Selon des rapports locaux, plusieurs milliers d’hectares de terres arables ont été perdus ou rendus inaccessibles en raison des bombardements et de la pose de mines. « Nous avions des rizières depuis des générations. Aujourd’hui, une partie est devenue dangereuse à cultiver », témoigne un agriculteur de la région, cité par Le Monde.

Côté thaïlandais, les autorités ont également fait état de dégâts importants, avec des infrastructures routières et des postes de contrôle endommagés. Les échanges commerciaux, autrefois dynamiques entre les deux pays, se sont fortement réduits, affectant les économies locales. Les marchés frontaliers, autrefois animés, sont aujourd’hui désertés, et les populations dépendent davantage de l’aide humanitaire pour subsister.

Une population sous tension : entre peur et incertitude

La peur d’une reprise des combats plane sur les communautés riveraines. Les habitants interrogés par Le Monde évoquent une atmosphère de tension constante, alimentée par les mouvements militaires et les rumeurs récurrentes. « On dort avec le sentiment que ça peut recommencer à tout moment », confie une habitante de la province d’Anlong Veng. Les écoles et les centres de santé, situés à proximité de la zone frontalière, fonctionnent désormais au ralenti, par crainte d’un nouvel embrasement.

Les déplacements sont également restreints, et les familles séparées par la frontière peinent à se retrouver. Les organisations humanitaires, comme la Croix-Rouge cambodgienne, tentent de maintenir une assistance, mais leurs moyens restent limités face à l’ampleur des besoins. Les autorités locales, de leur côté, appellent au calme tout en reconnaissant l’absence de solution politique à court terme.

Et maintenant ?

La situation reste extrêmement fragile, et les observateurs internationaux s’inquiètent d’un possible retour à la violence. Les négociations entre Phnom Penh et Bangkok, suspendues depuis décembre 2025, pourraient reprendre d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources diplomatiques. Cependant, aucun calendrier précis n’a été annoncé, et les garanties de sécurité pour les populations civiles restent floues. « Pour l’instant, rien n’indique une amélioration durable », souligne un analyste cité par Le Monde.

Sans accord politique ou déploiement de forces de maintien de la paix, la région pourrait basculer à nouveau dans l’instabilité. Les Nations unies ont appelé à une désescalade immédiate, rappelant que la région avait déjà connu près d’une décennie de conflits intermittents avant 2025. Les prochains mois seront donc déterminants pour éviter une nouvelle dégradation de la situation.

En attendant, les habitants des provinces frontalières doivent composer avec un quotidien marqué par l’incertitude. Les initiatives locales de résilience, comme la reconstruction des infrastructures ou la diversification des cultures, se heurtent à l’absence de financements stables. La communauté internationale, elle, observe une région où la paix reste un luxe inatteignable.

Les combats ont opposé des forces régulières cambodgiennes et thaïlandaises dans une zone frontalière déjà instable, où les tensions territoriales persistent depuis des années. L’utilisation d’armes lourdes et la proximité des zones habitées ont aggravé l’impact humanitaire, selon les rapports d’ONG et de l’ONU.