Selon Le Figaro, le parti d’extrême droite italien Futuro Nazionale (FN) a annoncé samedi 6 juin 2026 avoir porté son nombre de députés à huit, soit le double de son effectif précédent. Ce gain s’explique par le ralliement de quatre élus, dont deux issus de la Ligue, le parti anti-immigration dirigé par le vice-premier ministre italien Matteo Salvini, et deux autres provenant de Forza Italia, formation de centre droit. Une progression qui s’inscrit dans un contexte politique marqué par une fragmentation croissante de la droite italienne à l’approche des législatives de 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Futuro Nazionale, fondé en février 2026 par le général Roberto Vannacci, compte désormais 8 députés, contre 4 auparavant, grâce à quatre ralliements récents.
  • Deux des nouveaux députés viennent de la Ligue, menée par Matteo Salvini, et deux autres de Forza Italia, parti de centre droit.
  • Le parti est crédité de 4,5 % des intentions de vote dans les sondages, un score en progression régulière, principalement au détriment de la Ligue.
  • Cette montée en puissance complique les perspectives de réélection de la Première ministre Giorgia Meloni, dont le parti reste en tête avec environ 28 % d’intentions de vote.
  • Roberto Vannacci, figure controversée de l’extrême droite, a été suspendu de l’armée en 2023 après la publication d’un livre où il dénigrait notamment l’homosexualité et les minorités.

Un parti qui mise sur les racines « romano-chrétiennes » de l’Italie

Fondé en février 2026 par le général à la retraite Roberto Vannacci, Futuro Nazionale se présente comme le défenseur des valeurs traditionnelles de l’Italie, qu’il décrit comme des racines « romano-chrétiennes ». Le parti met en avant un discours souverainiste, hostile à l’immigration et aux mouvements féministes et LGBTQ+. Une ligne politique qui lui permet de capter une partie de l’électorat déçu par les partis traditionnels de droite, y compris au sein de la Ligue et de Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni.

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Vannacci a salué cette progression : « Alors que certains nous avaient déjà rangés au rayon des feux de paille, Futuro Nazionale continue de grandir. » Une déclaration qui reflète l’ambition affichée du parti de s’imposer comme une force majeure dans le paysage politique italien d’ici les prochaines élections législatives.

Un score de 4,5 % qui pourrait peser dans la balance électorale

Selon les sondages publiés cette semaine, Futuro Nazionale est crédité de 4,5 % des intentions de vote, un chiffre qui reste modeste mais en progression constante. Ce score est principalement tiré des voix de la Ligue, elle-même en perte de vitesse face à Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni. Cette dernière, bien que toujours en tête des intentions de vote avec environ 28 %, voit son avance se réduire à mesure que de nouveaux acteurs émergent à sa droite.

Le politologue Giovanni Orsina, de l’université Luiss de Rome, tempère cependant l’impact potentiel de cette progression. Il estime que Futuro Nazionale ne devrait pas dépasser les 3 ou 4 % des voix aux prochaines législatives. « Même ce score pourrait décider de la victoire ou de la défaite de la coalition de droite », a-t-il précisé à l’AFP. Orsina souligne que ces ralliements s’inscrivent avant tout dans une logique de « survie politique » pour les élus, qui misent sur le parti offrant les meilleures chances de réélection.

Roberto Vannacci, une figure controversée au parcours atypique

Ancien militaire ayant participé aux guerres en Afghanistan et en Irak, Roberto Vannacci s’est fait connaître du grand public en 2023 avec la publication de son livre 《Le monde à l’envers》. Dans cet ouvrage, il affirmait que l’homosexualité n’était pas « normale », dénonçait une « dictature des minorités » et remettait en cause l’italianité de la volleyeuse Paola Egonu, en raison de ses origines africaines. Ces propos lui ont valu une suspension de ses fonctions au sein de l’armée avant qu’il ne soit autorisé à prendre sa retraite.

Cette polémique a paradoxalement contribué à son ascension politique. Matteo Salvini, alors leader de la Ligue, l’a accueilli dans son parti avant de le présenter comme tête de liste aux élections européennes de 2024, où il a été élu député. Orsina analyse cette trajectoire avec une pointe de critique : « Salvini a créé Vannacci, ce fut une erreur de Salvini. » Le général mise désormais sur les électeurs désenchantés par la modération apparente de Giorgia Meloni, dont les origines dans l’extrême droite radicale contrastent avec une politique gouvernementale jugée plus pragmatique.

Une droite italienne de plus en plus fragmentée

La montée de Futuro Nazionale s’inscrit dans un contexte de fragmentation accrue de la droite italienne, traditionnellement unie autour de Fratelli d’Italia. Avec un électorat qui se diversifie entre des partis aux positions parfois radicales et d’autres plus modérées, la coalition au pouvoir pourrait voir ses chances de réélection diminuer d’ici 2027. Giorgia Meloni, première femme à occuper le poste de Première ministre en Italie, a tenté de recentrer son discours depuis son arrivée au pouvoir, mais cette stratégie laisse une partie de son électorat insatisfaite.

Les observateurs politiques soulignent que cette fragmentation pourrait favoriser la gauche ou le Mouvement 5 Étoiles, traditionnellement présents dans les sondages à des niveaux comparables à ceux de la Ligue. Pour l’instant, Futuro Nazionale se positionne comme un acteur capable de capter les voix des mécontents, qu’ils soient issus de la droite ou d’un électorat plus large en quête d’alternatives radicales.

Et maintenant ?

À l’approche des législatives de 2027, Futuro Nazionale pourrait jouer un rôle de trouble-fête dans un paysage politique déjà très disputé. Si son score reste limité, il pourrait nevertheless influencer la répartition des sièges et compliquer la tâche de Giorgia Meloni pour former une majorité stable. Les prochains mois seront déterminants pour voir si ce parti parvient à se structurer ou s’il reste un phénomène éphémère. Une chose est sûre : la droite italienne n’a jamais été aussi diversifiée, et cette division pourrait bien redessiner les équilibres politiques du pays.

En définitive, l’ascension de Futuro Nazionale illustre les tensions au sein de la droite italienne, tiraillée entre modération et radicalité. Une dynamique qui pourrait, à terme, reconfigurer le paysage politique du pays, avec des conséquences imprévisibles pour l’équilibre des forces en présence.

Futuro Nazionale met en avant les valeurs traditionnelles de l’Italie, qu’il qualifie de « romano-chrétiennes ». Le parti défend une ligne souverainiste, hostile à l’immigration, et s’oppose aux mouvements féministes et LGBTQ+. Il dénonce également ce qu’il présente comme une « dictature des minorités ».

Matteo Salvini, leader historique de la Ligue, a accueilli Roberto Vannacci au sein de son parti avant de le soutenir comme tête de liste aux élections européennes de 2024. Selon le politologue Giovanni Orsina, cette décision a été une « erreur stratégique » de Salvini, qui a finalement contribué à la montée en puissance de Futuro Nazionale.