Un tournant dans les relations diplomatiques d’Afrique centrale. Selon France 24, le Gabon et la Guinée équatoriale ont officiellement paraphé, ce mardi 9 août 2026 à Addis-Abeba, un accord mettant fin à leur long différend territorial portant sur l’île de Mbanié. Une décision qui marque la conclusion d’un conflit vieux de plus d’un demi-siècle, l’un des plus anciens d’Afrique centrale.
Ce qu'il faut retenir
- Les deux pays ont signé un accord à Addis-Abeba le 9 août 2026, mettant fin à un contentieux de 54 ans sur l’île de Mbanié.
- La Cour internationale de justice (CIJ) avait reconnu en juin 2025 la souveraineté de la Guinée équatoriale sur l’île.
- L’accord intervient quatorze mois après l’arrêt de la CIJ, marquant une volonté des deux États de tourner définitivement la page.
- Ce différend était le plus ancien conflit territorial non résolu d’Afrique centrale avant sa résolution.
Un différend historique enfin clos
L’île de Mbanié, située dans le golfe de Guinée, était au cœur d’une rivalité entre le Gabon et la Guinée équatoriale depuis 1972. Ce conflit territorial, l’un des plus longs d’Afrique, opposait Libreville et Malabo sur la souveraineté de cet îlot stratégique, riche en ressources halieutiques et potentiellement en hydrocarbures. Après des décennies de tensions, les deux pays ont finalement trouvé un terrain d’entente grâce à l’intervention de la CIJ, qui a tranché en faveur de la Guinée équatoriale en juin 2025.
« C’est un soulagement pour les populations des deux pays, a déclaré un diplomate gabonais sous couvert d’anonymat. Cet accord montre que le dialogue peut l’emporter, même sur des sujets sensibles », a-t-il ajouté. La signature à Addis-Abeba, siège de l’Union africaine, souligne également l’importance accordée à cette résolution par le continent africain.
Un processus diplomatique abouti après quatorze mois de négociations
L’arrêt de la CIJ en juin 2025 avait mis fin à l’incertitude juridique, mais il aura fallu quatorze mois de pourparlers pour que les deux parties parviennent à un accord définitif. Les discussions, menées sous l’égide de l’Union africaine, ont porté sur les modalités pratiques de transfert de souveraineté et les garanties pour les populations locales, notamment les pêcheurs des deux pays qui fréquentaient régulièrement l’île.
D’après France 24, les négociateurs ont notamment évoqué la question de la coopération transfrontalière dans la gestion des ressources halieutiques. « Nous avons travaillé sur des mécanismes concrets pour éviter que ce différend ne resurgisse à l’avenir », a précisé un responsable équato-guinéen cité par l’agence. L’accord prévoit ainsi la création d’une commission mixte chargée de veiller à son application.
« Cet accord est une victoire pour la paix et la stabilité en Afrique centrale. Il envoie un message fort aux autres pays du continent confrontés à des contentieux frontaliers. »
– Déclaration du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, lors de la cérémonie de signature
Un précédent pour les contentieux africains
Avant Mbanié, l’Afrique centrale comptait plusieurs litiges frontaliers non résolus, souvent hérités de la colonisation. Si cet accord ne concerne qu’un seul îlot, son impact pourrait dépasser le cadre bilatéral. Il rappelle que les mécanismes juridiques internationaux, comme la CIJ, restent des outils efficaces pour résoudre les conflits, même les plus anciens.
Cependant, les défis logistiques et symboliques persistent. L’île de Mbanié, inhabitée et de faible superficie, ne représente pas une priorité économique immédiate, mais son statut juridique était devenu un enjeu de principe pour les deux pays. Bref, cet accord pourrait bien ouvrir une nouvelle ère de coopération en Afrique centrale, où les contentieux frontaliers ont trop souvent alimenté les tensions.
Une chose est sûre : après plus de cinq décennies de rivalité, le Gabon et la Guinée équatoriale ont choisi la voie de la raison. Reste à savoir si d’autres conflits, bien plus explosifs, pourraient connaître un dénouement similaire.
L’île de Mbanié, située à quelques kilomètres des côtes gabonaises et équato-guinéennes, était revendiquée par les deux pays depuis 1972 en raison de sa position stratégique dans le golfe de Guinée. Elle était perçue comme un enjeu de souveraineté, mais aussi comme une zone potentielle de ressources halieutiques et d’hydrocarbures, bien que son exploitation n’ait jamais été officiellement lancée.