À Libreville, la capitale gabonaise, l’accès à l’eau potable reste un défi quotidien pour des milliers de foyers. Depuis un mois, les autorités ont décrété l’état d’urgence hydrique dans plusieurs zones de la ville, une mesure accompagnée de promesses de distribution d’eau. Pourtant, sur le terrain, la situation peine à s’améliorer, et le précieux liquide reste payant à prix d’or.
Selon France 24, le gouvernement gabonais a acté cette urgence le 7 juillet 2026, avec pour objectif d’accélérer les solutions pour les quartiers les plus touchés par la pénurie. Trois semaines plus tard, les habitants continuent de se mobiliser chaque jour pour obtenir quelques litres d’eau, souvent à des tarifs prohibitifs.
Ce qu'il faut retenir
- L’état d’urgence hydrique a été déclaré le 7 juillet 2026 à Libreville, la capitale gabonaise.
- La mesure vise à accélérer la distribution d’eau dans les zones les plus affectées par la pénurie.
- Trois semaines après l’annonce, les habitants peinent toujours à accéder à l’eau potable.
- Le prix de l’eau reste élevé malgré l’urgence décrétée.
- Des milliers de familles se livrent quotidiennement une « bataille » pour quelques litres.
Une crise aux conséquences multiples
À Libreville, les pénuries d’eau ne se limitent pas à une gêne passagère. Elles perturbent profondément le quotidien des habitants, notamment dans les quartiers périphériques où les réseaux d’adduction sont les plus fragiles. Les citernes municipales, censées pallier les coupures récurrentes, peinent à couvrir les besoins de la population. « On fait la queue pendant des heures pour obtenir de l’eau, et parfois on repart les mains vides », témoigne un habitant du quartier Nombakele, contacté par les équipes de France 24.
Côté autorités, l’urgence hydrique devait s’accompagner de mesures concrètes, comme la réparation des infrastructures endommagées ou l’installation de bornes d’eau gratuites. Pourtant, sur le terrain, les retards s’accumulent. Le gouvernement a promis 200 bornes d’eau dans les zones les plus critiques d’ici la fin du mois d’août, mais leur déploiement reste incertain.
Des solutions annoncées, mais peu visibles
Le ministre gabonais de l’Eau et des Ressources hydrauliques, Professeur Serge Omva, a indiqué lors d’une conférence de presse le 20 juillet 2026 que des « actions immédiates » seraient engagées pour soulager la population. Parmi elles, la distribution de camions-citernes et la réhabilitation de forages. « Nous travaillons en urgence pour rétablir l’accès à l’eau dans les zones les plus exposées », a-t-il déclaré, sans préciser de calendrier détaillé.
Pourtant, les associations locales dénoncent un manque de transparence. « On entend parler de solutions, mais personne ne nous dit quand elles seront effectives », s’agace Marie-Ange Mboma, membre de l’ONG Eau pour Tous. Dans certains quartiers, les habitants ont même repris la collecte d’eau dans des points non sécurisés, risquant des problèmes sanitaires.
La crise hydrique à Libreville illustre les défis structurels auxquels le Gabon fait face en matière de gestion des ressources en eau. Malgré les déclarations d’urgence, la concrétisation des solutions tarde, laissant la population dans une précarité quotidienne.