Si Gabriel Attal remporte l’élection présidentielle de 2027, son compagnon Stéphane Séjourné, actuel Commissaire européen et ancien ministre des Affaires étrangères, s’installerait à ses côtés à l’Élysée. Le candidat de Renaissance a confirmé cette perspective ce mardi 25 août sur le plateau de LCI, tout en rappelant la singularité de leur parcours commun.
Ce qu’il faut retenir
- Séjourné serait le premier partenaire d’un président à occuper un poste ministériel, selon BFM - Politique.
- L’ancien ministre des Affaires étrangères (janvier à septembre 2024) est aujourd’hui vice-président exécutif de la Commission européenne, chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle.
- Attal a déclaré : « Évidemment, on vit ensemble. Mais encore une fois, on a chacun notre parcours, notre trajectoire, sans avoir vocation à changer ça ».
- Le candidat, déclaré le 22 mai, a dévoilé ses mesures phares sur l’Éducation dans une interview récente au Monde.
- Un sondage Harris Interactive/Toluna pour M6 et RTL place Attal entre 14 % et 15 % d’intentions de vote, loin derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Un couple public, mais une vie privée distincte
Gabriel Attal a insisté sur le fait que son couple avec Stéphane Séjourné ne serait pas « mis en scène » en tant que tandem politique. « On ne s’affiche pas publiquement ensemble, on ne se met pas en scène en tant que couple », a-t-il expliqué lors de son passage à LCI. Si la cohabitation à l’Élysée est actée en cas de victoire, chacun conserverait sa propre trajectoire professionnelle et médiatique. Autant dire que Séjourné, déjà commissaire européen, n’abandonnerait pas son poste actuel pour devenir un simple « conjoint officiel » du président.
Cette posture tranche avec les pratiques habituelles de la Ve République, où les compagnes ou compagnons des présidents n’ont jamais occupé de fonctions ministérielles. Seule Bernadette Chirac avait mené une carrière politique notable en tant que conseillère municipale puis générale de la Corrèze, sans pour autant intégrer un gouvernement.
Séjourné, un profil européen inédit à l’Élysée
Si Attal est élu, Stéphane Séjourné deviendrait non seulement le premier partenaire d’un président à avoir été ministre, mais aussi le premier à occuper un poste au sein des institutions européennes. Depuis le 1er décembre 2025, il est vice-président exécutif de la Commission européenne, en charge de la prospérité et de la stratégie industrielle. Une position qu’il conserverait probablement, à moins qu’un choix politique ne l’amène à démissionner.
Cette situation soulève des questions inédites sur l’équilibre entre vie privée et vie publique dans l’entourage présidentiel. Les précédents couples présidentiels ont souvent privilégié une discrétion totale, voire une rupture avec leur vie antérieure. Séjourné, en revanche, incarne une continuité entre son engagement européen et une éventuelle cohabitation à l’Élysée. Un cas de figure sans précédent sous la Ve République.
Une campagne présidentielle sous haute tension
Gabriel Attal, déclaré candidat le 22 mai 2026, poursuit sa campagne en multipliant les interventions publiques. Après avoir détaillé ses propositions pour l’Éducation dans une interview au Monde, il s’exprime régulièrement sur les grands enjeux du pays. Lors de son passage sur LCI, il a analysé les derniers sondages Harris Interactive/Toluna pour M6 et RTL, qui le placent entre 14 % et 15 % d’intentions de vote. « Aujourd’hui, ce que montre ce sondage, c’est qu’il y a deux candidats qui ont une dynamique, c’est Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, et que pour le reste, il n’y a plus de favori », a-t-il souligné.
Cette analyse reflète les tensions au sein du bloc central, où la percée de Mélenchon dans les enquêtes d’opinion a créé des remous entre les partisans d’Attal et ceux d’Édouard Philippe. Le secrétaire général de Renaissance a d’ailleurs estimé que « ça remet les compteurs à zéro » dans la course à l’Élysée, refusant de se positionner comme favori malgré son statut de candidat officiel du parti présidentiel.
Un parcours politique déjà marqué par l’audace
Gabriel Attal, premier Premier ministre nommé à 34 ans sous Emmanuel Macron, a toujours cultivé une image de modernité, notamment en affichant ouvertement son homosexualité et sa relation avec Stéphane Séjourné. Ce dernier, ancien député européen et secrétaire d’État aux Affaires européennes, a occupé le ministère des Affaires étrangères pendant neuf mois en 2024, avant de rejoindre la Commission européenne. Leur relation, médiatisée sans excès, illustre une nouvelle forme de transparence dans la sphère politique française.
Leur couple incarne ainsi une génération politique rompue aux normes traditionnelles, tout en naviguant entre discrétion et visibilité. Séjourné, en particulier, a su se forger une réputation d’expert des dossiers européens, un atout pour Attal dans un contexte où l’Union européenne est au cœur des débats nationaux.
Quelle place pour le couple présidentiel dans la société française ?
L’hypothèse d’une cohabitation entre Gabriel Attal et Stéphane Séjourné à l’Élysée pose la question de l’évolution des mœurs politiques en France. Jusqu’ici, les compagnes ou compagnons des présidents ont presque toujours adopté un profil bas, voire disparu des radars médiatiques. Avec Séjourné, ce serait la première fois qu’un partenaire assume simultanément une fonction publique et une vie de couple visible au sommet de l’État.
Cette perspective interroge aussi sur la capacité des institutions à s’adapter. Les textes ne prévoient aucune disposition spécifique pour un couple homosexuel à l’Élysée, mais l’arrivée de Séjourné en tant que ministre ou conseiller soulèverait des questions protocolaires et pratiques. Bref, une situation inédite qui pourrait redéfinir les codes du pouvoir en France.
Rien n’est acté pour l’instant. Selon les déclarations de Gabriel Attal, Séjourné conserverait son poste actuel, mais la question d’un éventuel départ n’a pas été évoquée publiquement. Une démission pourrait être envisagée pour des raisons politiques ou personnelles, mais cela relève pour l’heure de la spéculation.
Sur le plan institutionnel, rien ne l’empêcherait, mais des questions protocolaires et médiatiques se poseraient. Séjourné ne serait pas « Première dame » ou « Premier gentleman », mais son rôle exact au sein de l’entourage présidentiel n’est pas défini. Son statut actuel de Commissaire européen pourrait aussi créer des conflits d’intérêts potentiels.