Plus de sept mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, des milliers de Palestiniens déplacés continuent de vivre dans des conditions précaires sous des tentes de fortune. Selon RFI, cette situation humanitaire déjà dégradée est désormais aggravée par une prolifération inquiétante de rongeurs, souris et rats, qui envahissent les abris de fortune où s’entassent les familles.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 7 mois après le cessez-le-feu, des milliers de Palestiniens vivent toujours sous tentes dans la bande de Gaza.
  • La prolifération des souris et des rats dans les tentes de déplacés constitue une nouvelle menace sanitaire et environnementale.
  • Les déplacés rapportent capturer « environ quarante souris » en l’espace de quelques jours, signe d’une infestation massive.
  • Cette situation s’ajoute aux difficultés d’accès à l’eau potable, aux infrastructures sanitaires endommagées et à la surpopulation des camps.

Une infestation généralisée dans les camps de déplacés

Les camps de déplacés, initialement conçus comme des solutions temporaires, sont aujourd’hui saturés. Les tentes, souvent installées sur des terrains vagues ou des zones encore marquées par les destructions, offrent un habitat idéal pour les rongeurs. Selon des témoignages recueillis par RFI, les familles doivent désormais partager leur espace vital avec ces animaux, qui contaminent les réserves de nourriture et propagent des maladies. « Depuis hier, j’ai attrapé environ quarante souris dans ma tente », a déclaré un père de famille sous couvert d’anonymat, soulignant l’ampleur du phénomène.

Un problème sanitaire et environnemental aux conséquences multiples

L’apparition massive de rongeurs dans les camps de Gaza n’est pas un simple désagrément. Elle aggrave les risques sanitaires dans une région où les infrastructures médicales sont déjà sous tension. Les autorités locales et les organisations humanitaires craignent une recrudescence de maladies telles que la leptospirose ou la fièvre hémorragique, transmises par les urines ou les déjections des animaux. — Côté infrastructures, les réseaux d’assainissement, déjà fragilisés par des années de conflit, peinent à absorber cette nouvelle pression. Les déchets organiques s’accumulent, attirant toujours plus de rongeurs et créant un cercle vicieux difficile à briser.

Un contexte humanitaire toujours aussi tendu

Sept mois après le cessez-le-feu signé en octobre 2025, la reconstruction de Gaza reste au point mort. Les destructions massives des habitations, des écoles et des hôpitaux limitent les possibilités de relogement. Selon les dernières estimations de l’ONU, près de 1,9 million de personnes – soit près de 80 % de la population – ont été déplacées au moins une fois depuis le début du conflit. Les conditions de vie dans les camps, où s’entassent parfois plusieurs familles sous une même tente, favorisent la propagation de maladies et, désormais, la prolifération de rongeurs.

Et maintenant ?

Face à cette crise, les organisations humanitaires appellent à une réponse d’urgence pour améliorer l’hygiène et l’assainissement dans les camps. Des campagnes de dératisation et de distribution de produits anti-rongeurs sont évoquées, mais leur mise en œuvre dépendra des financements et de l’accès aux zones concernées. D’ici la fin du mois de mai 2026, les agences onusiennes devraient publier un nouveau rapport sur l’état humanitaire à Gaza, qui pourrait inclure des recommandations spécifiques pour endiguer cette épidémie de rongeurs.

Pour l’heure, les déplacés doivent composer avec cette menace supplémentaire. Les autorités locales, soutenues par quelques ONG, tentent de sensibiliser les populations aux risques encourus, mais les moyens manquent cruellement. « On essaie de colmater les brèches, mais sans eau courante ni électricité stable, c’est une bataille perdue d’avance », a confié un responsable municipal à RFI.

La question reste entière : comment endiguer cette prolifération avant qu’elle ne devienne ingérable ?

Les rongeurs, notamment les rats, peuvent transmettre plusieurs maladies graves dans les camps de déplacés, comme la leptospirose (infection bactérienne), la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, ou encore des infections parasitaires via leurs déjections. Ces maladies se propagent par contact avec l’urine, les excréments ou par l’intermédiaire d’insectes comme les puces.