D’après Libération, Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce, dans un rapport publié ce mardi 28 avril 2026, une stratégie délibérée de restriction de l’accès à l’eau par l’armée israélienne à Gaza, qualifiée d’« arme punitive ». L’ONG, active dans le territoire palestinien depuis plusieurs années, alerte sur une privation massive de cette ressource vitale, alors que les besoins humanitaires n’ont cessé de croître depuis le début du conflit.
Ce qu’il faut retenir
- En mars 2026, MSF fournissait 5,3 millions de litres d’eau par jour à la population gazaouie, un volume jugé insuffisant au regard des besoins estimés.
- L’ONG accuse l’armée israélienne d’orchestrer une restriction systématique de l’accès à l’eau, aggravant une crise humanitaire déjà critique.
- Cette pratique est présentée comme une stratégie délibérée pour exercer une pression sur la population civile, selon les termes de MSF.
- Le rapport souligne que l’eau, élément vital, est utilisée comme un levier de contrôle dans un contexte de guerre prolongée.
Une ressource vitale transformée en outil de guerre
Dans son rapport publié ce mardi, MSF détaille comment l’accès à l’eau à Gaza est devenu un enjeu stratégique dans le conflit opposant Israël au Hamas. L’ONG, qui opère dans le territoire depuis des années, indique que la quantité d’eau fournie par ses équipes – soit 5,3 millions de litres par jour en mars 2026 – reste largement insuffisante face à une population estimée à plus de deux millions d’habitants.
Pour MSF, cette situation n’est pas le fruit du hasard. L’organisation parle d’une privation organisée, où l’eau, élément essentiel à la survie, est sciemment restreinte par les autorités israéliennes. « Ce n’est pas une question de ressources, mais de volonté politique », a déclaré un porte-parole de l’ONG sous couvert d’anonymat, soulignant que les infrastructures nécessaires existent, mais que leur accès est bloqué.
Des conséquences humanitaires immédiates
Les restrictions imposées à l’accès à l’eau à Gaza ont des répercussions dramatiques sur la population. Selon les estimations de l’ONU, près de 90 % des habitants dépendent désormais de l’aide humanitaire pour leurs besoins quotidiens en eau potable. Les maladies liées à la consommation d’eau contaminée – comme le choléra ou la dysenterie – se multiplient, en particulier chez les enfants et les personnes âgées.
MSF rappelle que l’eau est un droit fondamental, protégé par le droit international humanitaire. Pourtant, dans ce conflit, elle est utilisée comme un levier de pression, ce qui aggrave une crise sanitaire déjà critique. « Chaque goutte d’eau refusée est une vie mise en danger », a martelé un responsable de l’ONG, qui craint une aggravation de la situation dans les semaines à venir.
La question de l’eau à Gaza s’inscrit dans un contexte plus large de blocus, où chaque ressource devient un outil de guerre. Pour les organisations humanitaires, il est urgent que les parties prenantes au conflit respectent leurs obligations légales et permettent un accès sans entrave à l’eau pour la population civile.
Selon MSF, cette stratégie vise à exercer une pression sur la population civile et le Hamas. En contrôlant l’accès à une ressource vitale, Israël chercherait à affaiblir la résistance et à obtenir des concessions dans le cadre du conflit.