Plus de deux ans après le début du conflit dans la bande de Gaza, la situation humanitaire reste critique pour ses habitants, malgré une intensité des combats moindre qu’à l’apogée des hostilités. Selon nos confrères de RFI, les défis quotidiens pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, notamment dans le domaine agricole, persistent et s’aggravent sous l’effet des restrictions imposées par Israël.
Ce qu'il faut retenir
- Seulement 3 % des terres agricoles de Gaza sont aujourd’hui à la fois accessibles et exploitables, selon RFI.
- Le secteur agricole, autrefois vital pour l’économie locale, a été largement détruit par les combats.
- Les restrictions israéliennes continuent de compliquer l’accès aux rares zones cultivables restantes.
- Les habitants peinent à subvenir à leurs besoins alimentaires de base, aggravant une crise humanitaire déjà profonde.
Un secteur agricole exsangue après des années de conflit
La bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus depuis 2007, a subi des destructions massives depuis octobre 2023. D’après RFI, l’agriculture, qui représentait autrefois une part significative de l’économie locale, a été ravagée par les bombardements, les destructions d’infrastructures et l’accès limité aux intrants agricoles. Les terres arables, autrefois fertiles, sont aujourd’hui jonchées de décombres ou rendues inutilisables par les restrictions de mouvement.
Les agriculteurs, qui tentent de maintenir une activité malgré les obstacles, se heurtent à des difficultés croissantes. L’accès à l’eau, essentiel pour les cultures, est devenu un luxe dans une région où les ressources hydriques étaient déjà limitées avant la guerre. Les systèmes d’irrigation, endommagés ou détruits, aggravent encore la situation.
Des restrictions israéliennes qui étouffent les rares possibilités de reprise
Israël, qui contrôle une grande partie des frontières et des points d’accès à Gaza, impose des restrictions strictes sur l’importation de biens et de matériel, y compris ceux nécessaires à l’agriculture. Selon RFI, ces mesures entravent la reconstruction des infrastructures et limitent la capacité des Gazaouis à cultiver leurs terres, même dans les zones où cela serait encore possible.
« Les agriculteurs sont contraints de travailler dans des conditions extrêmes, avec des outils rudimentaires et sans garantie de pouvoir exporter leurs récoltes, si tant est qu’il y en ait », a déclaré un responsable local cité par RFI. Les rares marchés où écouler les produits restent sous contrôle israélien, ajoutant une couche supplémentaire de complexité pour les producteurs.
Une crise humanitaire qui s’aggrave malgré la relative accalmie des combats
Si les bombardements massifs ont diminué par rapport aux premiers mois du conflit, la vie quotidienne des Gazaouis reste marquée par la précarité. L’Organisation des Nations unies (ONU) a maintes fois alerté sur l’effondrement des services de base, notamment dans le domaine de la sécurité alimentaire. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de 80 % de la population de Gaza dépend aujourd’hui de l’aide humanitaire pour se nourrir, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise.
Les Nations unies estiment que la reconstruction du secteur agricole prendra des années, voire des décennies, en l’absence d’un accès facilité aux ressources et d’une levée des restrictions. « Sans un changement radical dans la politique israélienne, la reprise de l’agriculture à Gaza restera un mirage », a souligné un expert en sécurité alimentaire interrogé par RFI.
Pour rappel, la bande de Gaza, territoire de 365 km² peuplé d’environ 2,3 millions d’habitants, subit un blocus israélien depuis 2007, aggravé par les restrictions imposées depuis le début du conflit en 2023.
Avant le conflit, Gaza était connue pour ses productions de fraises, de tomates, d’agrumes et d’olives, destinées aussi bien au marché local qu’à l’exportation vers Israël et la Cisjordanie. Le secteur agricole représentait environ 20 % de l’économie locale, selon des données de la Banque mondiale citées par RFI.