Six mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, la mise en œuvre de la deuxième phase du plan de paix proposé par l’administration Trump reste au point mort, selon Le Monde. Si l’armée israélienne a renforcé sa présence militaire dans l’enclave, les violences persistent et les indicateurs humanitaires s’aggravent. Entre consolidations territoriales et blocages politiques, les dynamiques sur le terrain dessinent un paysage toujours plus complexe.

Ce qu'il faut retenir

  • 750 Palestiniens ont été tués depuis six mois, selon les dernières estimations disponibles.
  • L’armée israélienne renforce son contrôle territorial dans la bande de Gaza, six mois après l’accord de cessez-le-feu.
  • L’aide humanitaire reste insuffisante pour répondre aux besoins de la population locale.
  • Les négociations sur le désarmement du Hamas n’ont pas abouti, bloquant toute avancée sur la deuxième phase du plan de paix.
  • La deuxième phase du plan de paix de Trump, censée structurer la reconstruction et la gouvernance, n’a pas encore été appliquée.

Un cessez-le-feu toujours fragile malgré six mois d’application

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a six mois, la situation à Gaza reste marquée par une instabilité persistante. L’armée israélienne a consolidé ses positions militaires dans plusieurs zones de l’enclave, notamment dans le nord et le centre, où des opérations de contrôle accru ont été signalées ces dernières semaines. Ces mouvements s’inscrivent dans une stratégie de sécurisation des frontières et de limitation des capacités opérationnelles des groupes armés, mais ils alimentent aussi les tensions avec les populations civiles. D’après Le Monde, ces actions militaires s’accompagnent d’un bilan humain lourd : 750 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’année, selon des sources médicales locales.

Côté israélien, les autorités justifient ces opérations par la nécessité de prévenir toute résurgence des hostilités et de démanteler les réseaux logistiques du Hamas. Cependant, les incidents violents, bien que moins fréquents qu’avant le cessez-le-feu, n’ont pas totalement disparu. Plusieurs roquettes tirées depuis Gaza ont été interceptées par le système de défense israélien ces dernières semaines, rappelant que le risque d’escalade n’est jamais écarté.

Une aide humanitaire en deçà des besoins malgré les appels internationaux

L’un des principaux défis persiste dans la distribution de l’aide humanitaire. Malgré les annonces de plusieurs pays donateurs et des organisations internationales, les livraisons de nourriture, de médicaments et de matériel de reconstruction restent insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Les points de passage vers Gaza, notamment le poste de Kerem Shalom, sont souvent saturés ou retardés par des restrictions administratives ou sécuritaires. Selon des responsables des Nations unies cités par Le Monde, seulement 30 % des besoins financiers requis pour répondre à la crise humanitaire ont été couverts à ce jour.

Cette situation aggrave les conditions de vie de plus d’un million de personnes déplacées ou vivant dans des conditions précaires. Les infrastructures sanitaires, déjà fragilisées, peinent à faire face aux épidémies de maladies liées à l’insalubrité et au manque d’accès à l’eau potable. Les organisations humanitaires appellent à une levée immédiate des restrictions pour éviter une aggravation de la crise.

Le désarmement du Hamas, pierre angulaire du plan de paix

Le principal obstacle à l’avancement de la deuxième phase du plan de paix reste l’absence de progrès dans les négociations sur le désarmement du Hamas. Ce volet, essentiel pour Israël et ses alliés, conditionne toute discussion sur la levée du blocus et la reconstruction de Gaza. Pourtant, malgré les pressions diplomatiques exercées par les États-Unis et certains pays arabes, le mouvement islamiste maintient ses positions et refuse toute discussion sur la remise de ses armes. «

Le Hamas ne cédera pas sur sa légitimité à porter les armes tant qu’il y aura une occupation et un blocus
», a déclaré un porte-parole du mouvement, cité par Le Monde.

De leur côté, les autorités israéliennes ont réaffirmé leur exigence d’un désarmement « complet et vérifiable » avant toute avancée. Cette position, partagée par plusieurs pays occidentaux, complique toute médiation. Pour l’instant, les discussions tournent en rond, sans calendrier précis ni garantie de reprise.

Et maintenant ?

La prochaine échéance majeure se situe à la fin du mois de mai, lorsque les États-Unis devraient présenter une version révisée de leur plan de paix. Si aucune percée n’est enregistrée d’ici là, le risque d’un retour à une escalade militaire ne pourra plus être exclu. Dans le même temps, les organisations humanitaires alertent sur l’urgence d’une augmentation des fonds alloués à Gaza pour éviter une crise sanitaire et sociale encore plus profonde. Enfin, la question du désarmement du Hamas reste le nœud gordien : sans compromis de part et d’autre, la deuxième phase du plan Trump restera lettre morte.

Pour l’heure, les habitants de Gaza continuent de vivre sous une double menace : celle des violences résiduelles et celle d’un effondrement humanitaire. La communauté internationale, divisée sur la stratégie à adopter, peine à trouver une réponse coordonnée. Dans ce contexte, la deuxième phase du plan de paix de Trump, si elle devait voir le jour, pourrait bien arriver trop tard pour éviter une nouvelle dégradation.