Le prix du gazole a progressé de près de 33 % en France depuis le début du conflit en Iran, selon Libération. Ce carburant, le plus consommé sur le continent européen, subit une flambée bien plus marquée que l’essence, en raison des tensions géopolitiques qui pèsent sur les exportations pétrolières du Golfe.

Ce qu'il faut retenir

  • 33 % d’augmentation du prix du gazole en France depuis le début du conflit en Iran il y a cinq semaines, selon Libération.
  • L’Europe reste structurellement dépendante des importations de gazole, notamment en provenance du Golfe.
  • Les tensions en Iran perturbent les exportations pétrolières de la région, aggravant la situation.
  • Le gazole, carburant le plus utilisé en Europe, subit une hausse bien plus forte que l’essence.
  • Cette situation interroge sur la résilience des approvisionnements énergétiques du continent.

Un carburant essentiel, une dépendance accrue

Le gazole, carburant dominant en Europe où il représente près des deux tiers des ventes de carburants, est directement impacté par les tensions au Moyen-Orient. Le conflit en Iran, qui s’est intensifié ces cinq dernières semaines, a entraîné des perturbations majeures dans les exportations pétrolières du Golfe. Libération souligne que cette situation aggrave une dépendance déjà structurelle de l’Europe vis-à-vis de cette région pour ses approvisionnements.

Les raffineries européennes, qui importent une part significative de leur pétrole brut de cette zone, subissent de plein fouet ces dysfonctionnements logistiques et géopolitiques. « Les perturbations d’approvisionnement se répercutent directement sur les prix à la pompe, surtout pour le gazole, qui est le carburant le plus consommé », a expliqué un analyste du secteur, cité par Libération.

Pourquoi le gazole est-il plus touché que l’essence ?

Plusieurs facteurs expliquent cette divergence entre les deux carburants. D’abord, le gazole est majoritairement produit à partir de bruts plus lourds et plus coûteux à raffiner, notamment ceux issus des pays du Golfe. Ensuite, la demande européenne pour le gazole reste soutenue, notamment dans les secteurs du transport routier et agricole, ce qui limite les possibilités de substitution.

Contrairement à l’essence, dont une partie peut être produite localement ou importée depuis d’autres régions, le gazole dépend en grande partie des importations de pétrole brut du Moyen-Orient. « La structure même du marché du gazole en Europe le rend plus vulnérable aux chocs d’approvisionnement », a rappelé un porte-parole de la Fédération française des carburants. Cette situation explique pourquoi le prix de ce carburant flambe plus que celui de l’essence.

Et maintenant ?

À court terme, les professionnels du secteur s’attendent à une stabilisation progressive des prix, à condition que les tensions en Iran ne s’aggravent pas. Une réunion des pays producteurs de l’OPEP+ est prévue le 15 avril 2026 pour évaluer les mesures à prendre. Les gouvernements européens pourraient aussi activer des réserves stratégiques de carburant si la situation venait à se dégrader davantage.

Quelles conséquences pour les automobilistes et les professionnels ?

Les ménages utilisant des véhicules diesel verront leur budget carburant augmenter significativement. Selon les estimations de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), une voiture consommant en moyenne 6 litres aux 100 km pourrait voir son coût annuel en carburant augmenter de plusieurs centaines d’euros. Les transporteurs routiers, très dépendants du gazole, pourraient répercuter cette hausse sur les prix des marchandises, alimentant ainsi une nouvelle vague d’inflation.

« Si cette situation devait perdurer, cela pourrait aussi inciter certains consommateurs à se tourner vers des alternatives, comme les véhicules électriques ou à essence », a indiqué un économiste spécialisé dans les questions énergétiques. Reste à voir si le marché sera en mesure de répondre à cette demande accrue.

Bref, la hausse du prix du gazole illustre une fois de plus la vulnérabilité des économies européennes face aux chocs géopolitiques. Alors que l’hiver 2025-2026 avait déjà montré la dépendance du continent aux énergies fossiles, cette nouvelle crise rappelle l’urgence de diversifier les sources d’approvisionnement et d’accélérer la transition vers des carburants moins dépendants des tensions internationales.

Le gouvernement dispose de plusieurs leviers, comme la modulation des taxes sur les carburants ou la libération de réserves stratégiques. Cependant, ces mesures restent temporaires et ne suffiraient pas à résoudre le problème structurel de dépendance énergétique de l’Europe, selon Libération.