Le major Bruno Mourier, référent national « piste froide » à la gendarmerie nationale, a confirmé que le Saint-Hubert reste indétrônable en matière de capacités olfactives pour les recherches de personnes disparues. « En matière d’olfaction, nous n’avons pas trouvé mieux. Il a fait ses preuves, et on a bien l’intention de le garder », a-t-il déclaré selon BFM - Faits Divers.

Ce qu'il faut retenir

  • Le black and tan coonhound, race plus légère et agile que le Saint-Hubert, intègre progressivement les unités cynophiles de la gendarmerie nationale pour les missions de « piste froide ».
  • Deux chiens de cette race, dont Uno, sont déjà opérationnels depuis 2025, tandis que d’autres sont en phase d’expérimentation.
  • Contrairement au Saint-Hubert, plus robuste mais aussi plus lourd, le black and tan coonhound serait mieux adapté aux zones escarpées ou montagneuses.
  • Le premier black and tan coonhound, Uno, a été validé opérationnellement en 2025 après une formation exigeante entamée en 2023.
  • La gendarmerie nationale compte douze Saint-Hubert dans ses rangs, utilisés dans des affaires emblématiques comme celles de Lina, Émile ou Lyhanna.

Le Saint-Hubert, référence historique, mais une santé fragile

Depuis des décennies, le Saint-Hubert s’est imposé comme la race phare des unités cynophiles de la gendarmerie nationale. Reconnu pour son odorat exceptionnel, ce chien est systématiquement mobilisé lors des recherches de personnes disparues, qu’il s’agisse de cas récents ou de « pistes froides » – c’est-à-dire des traces laissées plusieurs jours après la disparition. Comme l’a souligné le major Bruno Mourier, « il n’est ni plus ni moins qu’un dérivé du Saint-Hubert » en termes de compétences, mais son gabarit imposant peut limiter son utilisation dans certains terrains.

Selon les données disponibles, la gendarmerie nationale dispose de douze Saint-Hubert répartis dans différentes unités. Leur efficacité a été démontrée à plusieurs reprises, notamment dans des affaires médiatisées. Pourtant, leur robustesse physique laisse parfois à désirer, ce qui a poussé les autorités à explorer des alternatives plus légères.

Le black and tan coonhound, une alternative plus agile et polyvalente

C’est dans ce contexte que le black and tan coonhound fait son entrée progressive au sein de la gendarmerie. Proche parent du Saint-Hubert, ce chien se distingue par un pelage noir et feu, des oreilles longues et une morphologie plus svelte. Ces caractéristiques en font un candidat idéal pour les missions en terrains difficiles, où l’agilité et la résistance sont primordiales. « Plus léger et plus à l’aise dans les zones escarpées ou montagneuses », a expliqué le major Mourier à BFM - Faits Divers.

Le black and tan coonhound partage avec le Saint-Hubert la capacité à travailler sur des « pistes froides ». Bien que son flair soit moins documenté que celui de son cousin, les premiers entraînements suggèrent qu’il pourrait être particulièrement efficace dans les 24 heures suivant une disparition, même si des performances sur des traces plus anciennes ont également été observées. Comme le rappelle le référent national, « l’animal n’est qu’un maillon d’une longue chaîne » lors des opérations de recherche, aux côtés des gendarmes et des techniques de terrain.

Uno, pionnier d’une nouvelle génération de chiens de recherche

Le premier black and tan coonhound à rejoindre la gendarmerie nationale s’appelle Uno. Arrivé en 2023 au sein de l’institution, il a suivi une formation rigoureuse avant d’obtenir sa validation opérationnelle en 2025, aux côtés de son maître-chien. « C’est une formation difficile, et la validation n’est pas facile », a précisé le major Mourier. Désormais basé en région parisienne, Uno peut être déployé dans plusieurs régions, dont la Bretagne, les Vosges ou les Hauts-de-France, selon les besoins opérationnels.

Un second black and tan coonhound est actuellement en service en Loire-Atlantique, également en phase d’expérimentation. Ces deux chiens ne sont que les premiers d’une possible nouvelle dynamique au sein des unités cynophiles. D’autres pourraient les rejoindre dans les mois ou années à venir, dans le cadre d’une évaluation plus large de leur utilité opérationnelle.

« On attend d’avoir un peu de recul et de voir dans quelques années le bilan de ses missions, la plus-value que ça va vous apporter par rapport à un Saint-Hubert qui a déjà fait ses preuves. »
— Major Bruno Mourier, référent national « piste froide » à la gendarmerie nationale

Des limites inhérentes à toute opération de recherche

Malgré l’apport potentiel du black and tan coonhound, le major Mourier a tenu à rappeler les limites inhérentes à ce type de missions. « Dans certains cas, il est aussi impossible de retrouver la personne disparue car elle a été prise en stop ou qu’il y a une rupture de piste », a-t-il indiqué. Ces aléas rappellent que, même avec les outils les plus performants, la réussite des recherches dépend aussi de facteurs externes, indépendants des compétences des chiens ou des gendarmes.

Le black and tan coonhound, comme tout chien de travail, possède ses propres limites physiques et cognitives. Son efficacité varie selon l’environnement, la durée de la piste ou l’état de la personne recherchée. Ces éléments soulignent l’importance d’une approche pluridisciplinaire, où l’animal reste un outil parmi d’autres dans la boîte à outils des forces de l’ordre.

Et maintenant ?

La gendarmerie nationale va poursuivre l’évaluation des black and tan coonhound engagés dans ses rangs, notamment Uno et son homologue de Loire-Atlantique. D’autres chiens de cette race pourraient être formés et intégrés dans les années à venir, en fonction des résultats obtenus. Une synthèse des performances de ces animaux devrait être établie d’ici 2028, permettant de déterminer si leur utilisation doit être généralisée ou maintenue à titre expérimental. En attendant, les Saint-Hubert continueront de jouer un rôle central dans les recherches, tandis que les black and tan coonhound viendront compléter les dispositifs, en particulier dans les zones où leur agilité fait la différence.

Cette diversification des ressources cynophiles s’inscrit dans une volonté plus large d’adapter les moyens de la gendarmerie aux réalités des terrains et aux spécificités des disparitions. Si les chiens ne peuvent remplacer l’expertise humaine, leur flair reste un atout majeur pour orienter les investigations et gagner un temps précieux dans les premières heures critiques.

Le Saint-Hubert est un chien plus lourd et robuste, idéal pour les terrains variés mais moins adapté aux zones escarpées. Le black and tan coonhound, plus léger et agile, serait plus à l’aise dans les milieux montagneux ou accidentés, tout en conservant des capacités olfactives développées.