Ce 24 avril 2026, la France commémore les 111 ans du début du génocide arménien, un événement historique qui reste d’une actualité brûlante. À cette occasion, 79 élus de tous bords politiques, parmi lesquels figurent des figures emblématiques comme Éric Ciotti, Bruno Retailleau ou encore François Ruffin, publient une tribune dans le Figaro pour alerter sur la nécessité d’un droit international plus protecteur. Leur message est clair : commémorer ne suffit plus, il faut agir.

La tribune, signée entre autres par Clémentine Autain, Jérémy Bacchi, Thibault Bazin et Xavier Bertrand, rappelle que le génocide arménien de 1915-1923, perpétré par l’Empire ottoman, n’est pas un simple chapitre de l’histoire. Il sert d’avertissement : lorsque le droit international est affaibli ou instrumentalisé, les populations civiles deviennent des cibles sans défense. 120 000 Arméniens du Haut-Karabakh ont été contraints de fuir leur terre en 2023, après un blocus et une offensive militaire. Pour les signataires, ces événements récents illustrent l’échec persistant du droit à protéger les peuples.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 24 avril 1915 marque le début du génocide arménien, reconnu par la France et plusieurs autres États.
  • 120 000 Arméniens ont été déplacés de force du Haut-Karabakh en 2023, un épisode qualifié de crise humanitaire par les signataires.
  • Les élus appellent à la qualification juridique des événements de 2023, au-delà d’une simple crise humanitaire.
  • Ils réclament des sanctions ciblées contre les responsables, ainsi que la protection du droit au retour et des civils arméniens.
  • La tribune souligne l’urgence de mettre en œuvre les résolutions adoptées par le Sénat en 2024 et l’Assemblée nationale en 2026.

Un génocide toujours d’actualité, 111 ans après

Pour les signataires de la tribune, le génocide arménien n’est pas un simple souvenir. Il représente une menace permanente : lorsque le droit international est affaibli, les crimes contre l’humanité peuvent se répéter. « Le 24 avril 1915 marque le début d’un crime que l’impunité a rendu possible et que l’oubli pourrait rendre réitérable », rappellent-ils. Leur texte insiste sur la nécessité de tirer les leçons du passé pour éviter de nouvelles tragédies.

Selon le Figaro, les élus soulignent que le XXe siècle a confirmé ce cycle. L’impunité dont ont bénéficié les auteurs du génocide arménien a ouvert la voie à d’autres massacres, comme ceux perpétrés en Europe, en Afrique ou en Asie. Pour eux, le droit international doit être défendu avec constance pour éviter que l’histoire ne se répète.

Le Haut-Karabakh, symbole des failles du droit international

La situation des Arméniens du Haut-Karabakh en 2023 est au cœur de la tribune. Après des années de tensions, une offensive militaire et un blocus ont conduit au déplacement forcé de 120 000 personnes. Les signataires refusent de réduire ces événements à une simple crise humanitaire. Ils estiment qu’il s’agit d’une violation grave du droit international, notamment du droit au retour des populations déplacées et de la protection des civils.

Pour les élus, ces faits doivent être qualifiés juridiquement. Ils appellent à des sanctions européennes ciblées contre les responsables, ainsi qu’à la protection du patrimoine culturel arménien. Ils rappellent également l’urgence de garantir les droits fondamentaux des détenus arméniens à Bakou, dans le respect des garanties judiciaires internationales.

La France, un rôle clé à jouer

La France a reconnu le génocide arménien, mais les signataires estiment que cette reconnaissance doit se traduire par des actes concrets. Leur tribune insiste sur la nécessité pour le gouvernement français d’engager des démarches diplomatiques fortes, en coordination avec l’Union européenne. Ils citent notamment les résolutions adoptées par le Sénat en 2024 et par l’Assemblée nationale en 2026, qu’ils appellent à mettre en œuvre sans délai.

« La défense du droit international ne saurait être sélective », déclarent-ils. Pour eux, une approche cohérente et constante est indispensable pour éviter que le droit ne soit subordonné à la raison d’État. Ils rappellent que la Cour internationale de Justice (CIJ) a déjà statué sur certains aspects de cette crise, et que ses décisions doivent être respectées.

« 111 ans après le génocide des Arméniens, la mémoire n’a de sens que si elle engage. » — Collectif des 79 élus

Et maintenant ?

Les signataires appellent le gouvernement français à agir rapidement pour traduire leurs revendications en politiques publiques. Plusieurs échéances sont à venir, notamment la mise en œuvre des résolutions parlementaires adoptées en 2024 et 2026. Une pression diplomatique accrue sur les responsables des violations du droit international, ainsi que des mesures concrètes pour protéger les droits des Arméniens, pourraient être annoncées dans les mois à venir.

Reste à voir si ces appels seront suivis d’effets, ou si, comme le craignent les signataires, le droit international continuera d’être affaibli par l’indifférence ou les calculs politiques.

Cette tribune intervient alors que les tensions géopolitiques s’intensifient dans plusieurs régions du monde. Pour les élus, le 24 avril 2026 n’est pas seulement une date commémorative : c’est un rappel urgent de l’obligation de protéger les populations civiles, où qu’elles soient.

Pour les signataires, qualifier juridiquement ces événements permet de reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une simple crise humanitaire, mais d’une violation grave du droit international. Cela ouvre la voie à des sanctions ciblées, à la protection des droits des populations déplacées et à des poursuites contre les responsables, selon les principes du droit international.

Ils demandent des sanctions européennes contre les responsables des violations, la garantie du droit au retour des déplacés, la protection des civils et du patrimoine culturel arménien, ainsi que la libération des détenus arméniens à Bakou, dans le respect des droits fondamentaux.