À quelques mois des élections sénatoriales de septembre 2026, Gérard Larcher, président du Sénat depuis 2008, s’est officiellement déclaré candidat à sa propre succession, selon BFM - Politique. L’inamovible figure des Républicains (LR) des Yvelines, qui a déjà occupé ce poste entre 2008 et 2011 avant de le retrouver en 2014, entend ainsi prolonger son mandat pour trois nouvelles années.
Ce scrutin, qui verra le renouvellement par moitié de la chambre haute, s’annonce comme une formalité pour le sénateur de 77 ans, dont le maintien à la tête du Palais du Luxembourg semble acquis. BFM - Politique rappelle que le Sénat, composé de 348 sièges, renouvelle la moitié de ses membres tous les trois ans, à l’exception notable du président de l’institution, dont le siège n’est pas remis en jeu lors de ces élections.
Ce qu'il faut retenir
- Gérard Larcher, président du Sénat depuis 2008 (sauf entre 2011 et 2014), brigue un nouveau mandat de trois ans à l’issue des élections sénatoriales de septembre 2026, selon BFM - Politique.
- Il ne remettra pas son siège en jeu, contrairement à la moitié des sénateurs, le Sénat étant renouvelé par moitié tous les trois ans.
- Avec ses 190 sénateurs sur 348, l’alliance LR-centristes dispose d’une majorité confortable, malgré des pertes probables de sièges lors du scrutin.
- Aucun candidat de l’opposition ne semble en mesure de rivaliser avec lui, et aucun membre de son camp ne devrait lui disputer la présidence.
Un fauteuil présidentiel à conserver
Depuis 2008, Gérard Larcher incarne la continuité à la tête du Sénat, une longévité politique rare dans le paysage institutionnel français. À l’approche des élections de septembre 2026, il a d’ores et déjà officialisé sa candidature pour un nouveau mandat de trois ans. BFM - Politique souligne que le président sortant mise sur la stabilité de sa majorité actuelle, composée des Républicains et de l’Union centriste, pour assurer sa réélection en octobre prochain.
Pour y parvenir, il devra obtenir la majorité absolue des suffrages de ses collègues lors du scrutin. En cas d’échec, un troisième tour pourrait être organisé, permettant l’élection à la majorité simple. Pourtant, personne ne semble envisager un bouleversement de l’équilibre politique actuel. Comme le souligne Marc-Philippe Daubresse, sénateur LR, « Il est probable que le groupe Les Républicains et les centristes perdent quelques sièges, mais enfin ce ne sera pas énorme. La majorité sénatoriale restera la majorité sénatoriale. Je ne vois pas comment il peut y avoir de bouleversement », a-t-il déclaré à BFM - Politique.
Une opposition divisée et un Sénat renforcé sous Macron
L’opposition, notamment les groupes de gauche, est loin de peser suffisamment pour menacer la position de Gérard Larcher. Traditionnellement, ces derniers présentent leur propre candidat à la présidence du Sénat, mais leur influence reste limitée, même lorsqu’ils s’unissent. La configuration politique actuelle, avec une Assemblée nationale largement acquise au président de la République, a en effet renforcé le rôle de contre-pouvoir du Sénat entre 2017 et 2022. BFM - Politique rappelle que la chambre haute s’est illustrée par la création de commissions d’enquête, comme celle sur l’affaire Alexandre Benalla ou celle consacrée à la gestion gouvernementale de la crise du Covid-19, ainsi que par son opposition frontale à certaines réformes constitutionnelles portées par Emmanuel Macron.
Ce rôle central a contribué à redonner une identité forte au Sénat, un rôle que Gérard Larcher a su incarner. Comme le note François Patriat, président du groupe macroniste au Sénat, « Il traite tout le monde, que ce soit dans la majorité ou dans l’opposition. Il y a des gens à qui il donne des places, des positions, des responsabilités, des nominations. Il fait ça très bien ». Son habileté politique et son sens du dialogue sont régulièrement salués, y compris par ses détracteurs. « Ce n’est pas un mec qui va s’endormir au bout de cinq minutes pendant une séance ! Ce n’est pas le genre. C’est une bête politique, quelqu’un de très en forme pour son âge », confie un observateur à BFM - Politique.
L’absence de rivaux dans son propre camp
Historiquement, Gérard Larcher a toujours su écarter les menaces internes à son parti. Comme le rappelle BFM - Politique, des figures comme Jean-Pierre Raffarin ou Philippe Bas ont tenté, sans succès, de lui disputer la présidence du Sénat. Le premier s’est heurté à deux reprises à Larcher en 2008 et 2014, tandis que le second, ancien président de la commission des Lois, a été nommé au Conseil constitutionnel en 2025 par… Gérard Larcher lui-même. Un autre prétendant potentiel, Bruno Retailleau, a quant à lui choisi une autre voie en se présentant à l’élection présidentielle.
Du côté des centristes, Hervé Marseille, président du groupe Union centriste, adopte une stratégie plus discrète. Bien qu’il soit considéré comme le principal rival potentiel à terme, il semble pour l’heure se contenter d’attendre son heure « tapi dans l’ombre avec l’œil bien ouvert », comme le décrit un fin connaisseur du Palais du Luxembourg. « Il n’y a pas de raison pour que l’on ait un candidat à cette élection en l’état actuel des choses », a-t-il confirmé à BFM - Politique, tout en reconnaissant que son groupe, troisième en taille au Sénat derrière le PS et LR, pourrait un jour prétendre à plus d’influence.
Une longévité politique qui interroge
À 77 ans, Gérard Larcher incarne une longévité politique remarquable dans une institution souvent perçue comme conservatrice. Son maintien à la présidence du Sénat, malgré les aléas électoraux, interroge certains observateurs. Pourtant, son ancrage local, sa maîtrise des rouages institutionnels et son réseau lui assurent une assise solide. Comme le souligne Hervé Marseille, « Gérard Larcher a redonné une personnalité, une identité au Sénat, notamment durant le premier mandat d’Emmanuel Macron ». Une période durant laquelle la chambre haute a joué un rôle clé dans l’équilibre des pouvoirs.
Certains anticipent déjà que ces élections de 2026 pourraient être les dernières de sa carrière sénatoriale dans les Yvelines. Si tel est le cas, son départ ne surviendrait qu’en 2030, lors du prochain renouvellement intégral du Sénat. En attendant, il reste mobilisé sur un autre dossier d’envergure : la construction d’une candidature commune de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2027. Un défi de taille, alors que les tensions persistent au sein de la majorité présidentielle et de l’opposition.
Quant à son éventuel successeur, il faudra patienter jusqu’en 2030, date à laquelle il remettra son siège en jeu. En attendant, le président du Sénat continue de naviguer entre les alliances et les stratégies politiques, un exercice dans lequel il excelle depuis près de deux décennies.
Le président du Sénat est élu à la majorité absolue lors d’un scrutin interne organisé parmi les sénateurs. Si aucun candidat n’obtient cette majorité dès le premier tour, un deuxième tour est organisé avec les mêmes règles. En cas d’échec, un troisième tour peut être organisé, où la majorité simple suffit pour l’élection. Ce processus, prévu par le règlement du Sénat, diffère des élections sénatoriales classiques, qui concernent le renouvellement des sièges.
Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans, mais le président de l’institution, contrairement aux autres sénateurs, n’est pas concerné par ce renouvellement. Son siège n’est donc pas remis en jeu lors des élections sénatoriales, ce qui lui permet de se concentrer sur sa réélection à la présidence. Cette particularité, prévue par la Constitution, lui offre une stabilité politique rare dans le paysage institutionnel français.