Les glaces industrielles, souvent perçues comme un dessert estival anodin, cachent en réalité des quantités importantes de sucre et de calories, alerte un médecin nutritionniste dans les colonnes de Top Santé. Selon l’expert, ces produits transformés, aussi pratiques qu’attractifs, peuvent peser lourdement sur l’équilibre alimentaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Une glace industrielle en pot peut contenir jusqu’à 30 grammes de sucre, soit l’équivalent de 6 morceaux.
  • Certaines portions atteignent 500 à 700 kilocalories, soit près d’un tiers des besoins journaliers moyens pour un adulte.
  • Les arômes artificiels et additifs alimentaires renforcent l’addiction au sucre.
  • Les glaces dites « allégées » ou « light » ne sont pas toujours une alternative saine.

L’expert interrogé par Top Santé souligne que ces desserts, souvent consommés en série devant une émission télévisée, représentent un piège nutritionnel. « Entre le sucre caché, les calories et les additifs, ces glaces sont bien plus lourdes qu’elles n’y paraissent », explique-t-il. Une simple portion de 100 grammes peut ainsi équivaloir à un repas complet en termes d’apport énergétique, sans pour autant apporter les nutriments essentiels.

Des chiffres qui parlent

D’après les données compilées par le nutritionniste, certaines glaces industrielles en pot dépassent allègrement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une glace à la vanille classique, par exemple, peut contenir jusqu’à 25 à 30 grammes de sucre, soit la limite maximale quotidienne pour un enfant. Côté calories, certaines portions atteignent 500 à 700 kcal, ce qui représente près d’un tiers des besoins journaliers moyens pour un adulte sédentaire.

Les versions dites « premium » ou « artisanales » ne sont pas épargnées. Bien que leur composition soit parfois mieux maîtrisée, certaines marques industrielles misent sur des recettes ultra-transformées, riches en sirops de glucose-fructose et en émulsifiants. « Le consommateur pense faire un choix gourmand et léger, mais il s’agit souvent d’un leurre », précise le médecin nutritionniste. Les emballages mettant en avant des mentions comme « moins sucré » ou « réduit en matières grasses » ne garantissent pas pour autant un produit équilibré.

Les pièges des supermarchés

Les rayons des grandes surfaces regorgent de glaces industrielles, chacune rivalisant de stratégies marketing pour attirer le chaland. Les mentions « sans colorants » ou « avec des ingrédients naturels » sont souvent trompeuses, car elles ne remettent pas en cause la teneur en sucre. « Les fabricants jouent sur les mots et les couleurs pour donner une image saine à leurs produits, alors que la réalité est bien différente », explique l’expert. Les glaces aux fruits, par exemple, contiennent parfois plus de sucre que des versions classiques, simplement parce que les fruits utilisés sont sous forme de concentrés ou de purées sucrées.

Autre écueil : les portions individuelles. Les glaces vendues en mini-format, souvent présentées comme des alternatives raisonnables, contiennent en réalité des quantités de sucre comparables à celles des portions standard. « Une mini-glace à 150 kcal peut sembler anodine, mais elle reste concentrée en sucre et pauvre en nutriments », rappelle le nutritionniste. Le piège réside dans la consommation en série, encouragée par les formats familiaux ou les promotions « deux pour le prix d’un ».

« Les glaces industrielles sont un bon exemple de la manière dont l’industrie agroalimentaire peut transformer un plaisir innocent en un produit dangereux pour la santé, surtout en cas de consommation régulière. »
— Médecin nutritionniste, cité par Top Santé

Et maintenant ?

Pour limiter les excès, les autorités sanitaires pourraient renforcer les étiquetages nutritionnels ou imposer des seuils maximaux pour le sucre ajouté dans les desserts industriels. Une consultation publique sur l’étiquetage des produits transformés est d’ailleurs prévue d’ici la fin de l’année 2026, selon les dernières annonces du ministère de la Santé. En attendant, les consommateurs sont invités à vérifier les compositions et à privilégier les alternatives maison ou les glaces moins transformées.

Face à l’ampleur des risques, certains nutritionnistes appellent à une prise de conscience collective. « Il ne s’agit pas d’interdire les glaces, mais de rappeler que leur consommation doit rester occasionnelle et maîtrisée », conclut l’expert. Une recommandation qui vaut aussi pour les autres desserts industriels, souvent tout aussi riches en additifs et en calories cachées.

Pas forcément. Certaines glaces « light » compensent la réduction des matières grasses par une augmentation des édulcorants ou du sucre. Il est donc essentiel de vérifier l’étiquette nutritionnelle avant d’acheter. D’après Top Santé, près de 40 % des glaces étiquetées « allégées » contiennent autant ou plus de sucre qu’une version classique.