Selon RFI, un rapport publié ce lundi 1er juin 2026 par Amnesty International révèle une vague de répression sans précédent dans les pays du Golfe. Depuis le début du conflit entre Israël et l’Iran, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées pour avoir exprimé leur opinion en ligne ou relayé des contenus critiques envers les attaques américano-israéliennes contre Téhéran. Parmi les mesures les plus sévères, plusieurs États ont infligé des peines de prison comprises entre trois et dix ans, tandis que des citoyens ont été privés de leur nationalité en guise de représailles.
Dans ce contexte, Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France, a souligné l’urgence d’une prise de conscience internationale. « La sécurité ne peut pas se faire au détriment des droits fondamentaux des personnes », a-t-elle déclaré à RFI, rappelant que ces pratiques violent les conventions internationales sur la liberté d’expression.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 1 000 arrestations dans les pays du Golfe depuis le début du conflit Israël-Iran, selon Amnesty International.
- Des peines de prison allant de 3 à 10 ans pour avoir relayé des contenus en ligne ou exprimé des opinions critiques.
- Des citoyens du Koweït et de Bahreïn ont été déchus de leur nationalité en représailles.
- Amnesty International dénonce une violation des droits fondamentaux au nom de la sécurité nationale.
Une répression ciblant les voix dissidentes en ligne
D’après le rapport, les arrestations concernent principalement des individus ayant partagé des informations ou des opinions sur les réseaux sociaux. Les autorités koweïtiennes et bahreïnies, notamment, ont durci leur législation pour sanctionner toute critique envers les positions gouvernementales. Amnesty International cite des cas où des internautes ont été condamnés pour des publications jugées « subversives » ou « diffusant de fausses informations ».
Les peines prononcées varient selon les pays. Au Bahreïn, où la répression est particulièrement sévère, plusieurs militants ont écopé de lourdes condamnations, tandis qu’au Koweït, des naturalisations ont été annulées sous prétexte de « menace à la sécurité nationale ». Ces mesures, selon l’ONG, s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à museler toute contestation.
Des méthodes de répression déjà documentées dans la région
Cette campagne n’est pas une première pour les monarchies du Golfe. Depuis des années, des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch alertent sur l’usage systématique de la loi pour museler la dissidence. En 2025 déjà, des rapports dénonçaient l’arrestation de centaines de personnes pour des tweets ou des posts Facebook jugés hostiles aux régimes en place. « Ces pratiques montrent une volonté claire de contrôler l’espace public numérique », a commenté un chercheur de l’ONG à RFI.
Les pays du Golfe justifient ces mesures par la nécessité de préserver la stabilité régionale, alors que le conflit Israël-Iran fait peser des risques de déstabilisation. Pourtant, pour les défenseurs des droits humains, ces restrictions ne font qu’alimenter les tensions en privant les citoyens de tout canal d’expression pacifique.
En attendant, les familles des personnes emprisonnées ou déchues de leur nationalité se mobilisent, malgré les risques encourus. Leur combat illustre la résistance persistante face à une répression toujours plus brutale.
Selon le rapport d’Amnesty International, le Koweït et le Bahreïn sont les deux pays les plus actifs dans cette campagne de répression, avec des cas documentés de privation de nationalité et de longues peines de prison. D’autres États comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis sont également mentionnés, bien que dans une moindre mesure.