Longtemps présenté comme un aliment sain et équilibré, le granola pourrait cacher un effet indésirable sur la santé cardiovasculaire. Selon Top Santé, des cardiologues tirent la sonnette d’alarme sur son impact discret mais réel sur la tension artérielle. Un phénomène qui mérite une attention particulière, alors que ce produit reste un incontournable des petits-déjeuners en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le granola, souvent perçu comme un aliment sain, peut influencer la tension artérielle en raison de sa teneur en sel et en sucres cachés.
  • Les cardiologues alertent sur un risque accru d’hypertension chez les consommateurs réguliers, surtout en cas d’excès.
  • Une portion standard (50 g) peut contenir jusqu’à 1,5 g de sel, soit près d’un quart des apports journaliers recommandés.
  • Les versions industrielles, souvent enrichies en sirops et additifs, sont particulièrement pointées du doigt.
  • Les alternatives maison, à base de flocons d’avoine et de fruits frais, sont recommandées pour limiter les risques.

Un produit emblématique sous le feu des critiques

Présent sur des millions de tables chaque matin, le granola bénéficie d’une image de petit-déjeuner sain et énergétique. Pourtant, d’après Top Santé, cette réputation pourrait être en partie surévaluée. Les cardiologues soulignent que sa consommation régulière, surtout sous forme industrielle, n’est pas sans conséquences sur la tension artérielle. « Le granola n’est pas un aliment neutre, surtout lorsqu’il est transformé », a précisé le Dr Martin Lefèvre, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou, cité par Top Santé.

Le problème ne réside pas dans les ingrédients de base — flocons d’avoine, noix, graines —, mais dans les additifs et les méthodes de fabrication. Les versions du commerce intègrent souvent des sucres ajoutés (sirop de glucose, miel) et des quantités importantes de sel pour rehausser le goût. Une combinaison qui, à long terme, peut favoriser l’hypertension artérielle.

Sel et sucre : les deux ennemis cachés du granola

Une analyse nutritionnelle menée par Top Santé révèle que certaines marques industrielles contiennent jusqu’à 1,5 g de sel pour 50 g de produit, soit près de 25 % des apports journaliers recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Le sel est un exhausteur de goût, mais il est aussi un facteur de risque majeur d’hypertension », a rappelé le Dr Lefèvre. Autre point noir : les sucres rapides, présents sous forme de sirops ou de miel, qui peuvent provoquer des pics de glycémie et, indirectement, une augmentation de la pression artérielle.

Les versions « bio » ou « sans additifs » ne sont pas épargnées. Même si elles limitent les conservateurs, leur teneur en sel reste souvent élevée pour des raisons de conservation et de texture. « On ne parle pas de produits dangereux en soi, mais de leur consommation excessive et répétée », a tempéré le cardiologue. Une portion quotidienne dépasse facilement les seuils recommandés, surtout chez les enfants et les personnes sensibles.

Des alternatives simples pour un petit-déjeuner sain

Face à ces constats, les experts recommandent de privilégier les recettes maison. « Préparer son granola soi-même permet de contrôler la quantité de sel et de sucres ajoutés », a expliqué le Dr Lefèvre. Les ingrédients de base — flocons d’avoine, amandes, graines de lin, fruits secs — peuvent être agrémentés d’un filet de miel ou de purée d’amande pour adoucir le goût, sans excès.

Pour ceux qui tiennent à la praticité, Top Santé conseille de vérifier les étiquettes et de choisir des versions allégées en sel (< 0,3 g pour 100 g) et sans sucres ajoutés. Les marques spécialisées en nutrition proposent désormais des options adaptées, mais à des prix souvent plus élevés. « L’idéal reste de varier les sources de protéines et de fibres au petit-déjeuner », a souligné le cardiologue, citant les œufs, le yaourt nature ou les smoothies maison comme alternatives équilibrées.

Et maintenant ?

Les cardiologues appellent à une prise de conscience collective sur la consommation de granola industriel. Une enquête de la DGCCRF sur les teneurs en sel des produits transformés est attendue d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources proches du dossier. En attendant, les autorités sanitaires pourraient renforcer les recommandations nutritionnelles, notamment pour les populations à risque. Les consommateurs, eux, devraient surveiller leurs apports en sel et privilégier les aliments bruts.

Autant dire que le granola n’est pas condamné, mais son image de produit sain mérite d’être nuancée. Une chose est sûre : l’équilibre alimentaire reste la clé d’une bonne santé cardiovasculaire.

Les cardiologues recommandent de ne pas dépasser 30 à 40 g par jour pour un adulte, en privilégiant les versions maison ou à faible teneur en sel (< 0,3 g pour 100 g). Au-delà, les risques d’excès de sodium et de sucres ajoutés deviennent significatifs.