Alors que la Grèce subit depuis cinq jours des incendies dévastateurs dans plusieurs régions, dont l’Attique et la Béotie, proches d’Athènes, la polémique enfle autour de la gestion de ces feux par le gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis, au pouvoir depuis 2019. Selon Courrier International, ces feux, qui ont déjà causé la mort de cinq pompiers en une semaine, ravagent aussi la Crète, le Péloponnèse, ainsi que les îles de Paros et Céphalonie. Les dégâts s’élèvent déjà à 30 000 hectares partis en fumée depuis le début de l’année, dont 13 000 hectares près de la capitale.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq pompiers ont péri en une semaine dans des incendies qui ravagent la Grèce depuis le 30 juillet 2026.
- Les régions les plus touchées incluent l’Attique, la Béotie, la Crète, le Péloponnèse, ainsi que les îles de Paros et Céphalonie.
- 30 000 hectares ont été détruits depuis le début de l’année, dont 13 000 hectares près d’Athènes.
- Le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis est critiqué pour sa gestion des feux et son manque de moyens alloués aux pompiers.
Un bilan humain et écologique lourd
Les feux qui frappent la Grèce depuis le 30 juillet 2026 ont déjà causé la mort de cinq pompiers, selon les dernières estimations communiquées le 4 août. Les régions de l’Attique et de la Béotie, situées à proximité d’Athènes, sont particulièrement affectées, avec 13 000 hectares de forêt et de zones naturelles réduits en cendres. À l’échelle nationale, 30 000 hectares ont été détruits depuis le début de l’année, un bilan qui s’alourdit chaque jour.
Ces incendies surviennent alors que les températures estivales restent élevées dans le pays, aggravant les risques de propagation. Les autorités locales et les secours tentent de limiter l’étendue des dégâts, mais les moyens déployés sont mis en cause par une partie de la presse grecque. Les habitants des zones touchées, notamment dans les îles, doivent faire face à des évacuations et à des pertes matérielles importantes.
Le gouvernement Mitsotákis sous le feu des critiques
C’est le gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis, en poste depuis 2019, qui est directement visé par les critiques. Plusieurs titres de la presse grecque, comme le quotidien de centre gauche Efsyn, n’hésitent pas à pointer du doigt l’inaction des autorités. Dans son édition du 4 août, le journal titre ainsi : « Plus dangereux que le feu », accusant le gouvernement de ne pas avoir su renforcer les moyens des pompiers pour faire face à la crise.
Selon Efsyn, « sept années ont été perdues par choix », alors que les incendies prennent une ampleur inédite. Le quotidien dénonce un manque de préparation et une gestion jugée insuffisante des ressources disponibles, alors que le pays disposait pourtant de fonds européens, notamment via le plan de relance post-Covid-19, pour moderniser ses infrastructures.
« La différence entre le gouvernement actuel et ceux qui ont gouverné pendant la décennie de crise [entre 2008 et 2017], c’est que le gouvernement actuel avait l’opportunité et les moyens, grâce au fonds de relance européen, de jeter les bases d’une « Grèce 2.0 ». Au lieu de ça, il a laissé filer le temps. »
Un contexte politique et économique sous tension
Les critiques contre le gouvernement ne se limitent pas à la gestion des incendies. Certains observateurs soulignent que la Grèce, bien que sortie de la décennie de crise économique (2008-2017), n’a pas suffisamment investi dans la modernisation de ses services publics, à commencer par ceux chargés de la protection civile. Les fonds européens, perçus comme une opportunité pour relancer le pays, auraient été en partie mal utilisés ou détournés de leurs objectifs initiaux.
Côté opposition, les voix s’élèvent pour réclamer des comptes. Des responsables politiques, issus notamment de la gauche et du centre, appellent à une enquête parlementaire sur la gestion des feux et sur les choix budgétaires opérés ces dernières années. Pour autant, aucune décision concrète n’a encore été annoncée par l’exécutif, qui mise sur la mobilisation des secours pour limiter l’impact de la catastrophe.
Les conséquences politiques de cette crise pourraient également se faire sentir à moyen terme. Si la gestion des incendies venait à être jugée insuffisante par l’opinion publique, cela pourrait fragiliser la position du gouvernement Mitsotákis, déjà sous pression sur d’autres fronts, comme la question migratoire ou les tensions sociales persistantes.
Les incendies ravagent principalement l’Attique et la Béotie, proches d’Athènes, mais touchent également la Crète, le Péloponnèse, ainsi que les îles de Paros et Céphalonie.
Cinq pompiers ont péri en une semaine, selon les dernières estimations communiquées le 4 août 2026.