Un drone naval équipé d’explosifs, retrouvé jeudi 8 mai au sud-ouest de l’île grecque de Leucade, en mer Ionienne, appartient à un « pays étranger », a confirmé samedi 9 mai le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, lors d’une conférence de son parti, Nouvelle Démocratie, à Thessalonique. Selon une source militaire citée par Le Figaro, l’appareil a été sécurisé par des experts de l’armée et de la marine avant d’être transporté vers Athènes.

Ce qu'il faut retenir

  • Un drone équipé d’explosifs a été découvert dans une grotte au large de l’île de Leucade, en mer Ionienne, jeudi 8 mai.
  • Le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a confirmé samedi 9 mai que l’appareil appartenait à un « pays étranger ».
  • L’engin « ressemble » à un drone maritime de classe Magura, utilisé par les forces ukrainiennes contre des navires russes en Crimée.
  • Le moteur du drone était encore en marche lors de sa découverte par un pêcheur, selon la chaîne publique ERT.
  • Une enquête a été ouverte par le ministère grec de la Défense pour identifier l’origine de l’appareil.

Une découverte accidentelle en mer Ionienne

Jeudi 8 mai, un pêcheur a repéré un drone naval dans une grotte située au sud-ouest de l’île de Leucade, également appelée Leukas, en mer Ionienne. Après avoir alerté les autorités, un patrouilleur des garde-côtes a récupéré l’engin avant de le remettre au ministère de la Défense. « Le moteur du drone était encore en marche lorsqu’il a été découvert », a précisé la chaîne publique grecque ERT.

Dès vendredi, les experts militaires et de la marine ont sécurisé l’appareil, qui contenait des explosifs, avant de l’acheminer vers Athènes. Selon une source militaire grecque citée par Le Figaro, l’engin présente des caractéristiques similaires à celles d’un drone maritime de classe Magura, un modèle utilisé par les forces ukrainiennes dans le cadre de leurs opérations en mer Noire.

Un appareil attribué à un « pays étranger », selon Athènes

Lors d’une intervention samedi 9 mai, le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, a confirmé que le drone provenait d’un « pays étranger ». « Vous avez vu un drone appartenant à un pays étranger qui a été récupéré en dehors des eaux territoriales grecques il y a quelques jours (...) Nous savons de quoi il s'agit, et nous savons plus ou moins ce qu'il contient », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Thessalonique.

Le gouvernement grec a immédiatement ouvert une enquête pour identifier l’origine de l’appareil. Aucune précision n’a été donnée sur le pays concerné, mais les similitudes techniques avec les drones Magura, développés par l’Ukraine, soulèvent des questions. Interrogée par Le Figaro, une source militaire grecque a indiqué que des analyses étaient en cours pour déterminer avec certitude l’origine de l’engin.

Des explosifs découverts à bord, selon les militaires

Les experts ont confirmé la présence d’explosifs à bord du drone, ce qui a justifié son transport sécurisé vers Athènes. Bien que le ministre n’ait pas détaillé la nature des charges, la découverte d’un engin armé en mer Ionienne, une zone stratégique pour la navigation internationale, soulève des inquiétudes. La mer Ionienne est une voie maritime majeure reliant la Méditerranée à l’Adriatique, et toute présence d’engins non identifiés y représente un risque potentiel pour la sécurité.

La chaîne ERT a également rapporté que le drone avait été retrouvé avec son moteur encore en fonctionnement, ce qui suggère une possible défaillance technique ou une tentative de camouflage. Les garde-côtes grecs, contactés par le pêcheur, ont confirmé avoir récupéré l’appareil avant de le transmettre aux autorités compétentes.

Un contexte marqué par les tensions en mer Noire

La similitude entre le drone retrouvé en Grèce et ceux utilisés par l’Ukraine en mer Noire n’est pas anodine. Depuis 2022, Kiev a multiplié les attaques contre la « flotte fantôme » russe, composée de navires transportant du pétrole pour contourner les sanctions internationales. En décembre 2024, l’Ukraine avait revendiqué avoir frappé un pétrolier russe dans les eaux neutres de la Méditerranée, sans préciser le lieu exact ni les pays survolés par les drones.

Cette découverte en Grèce intervient dans un contexte régional déjà tendu. La mer Ionienne, située à proximité des côtes albanaises et italiennes, est un espace maritime surveillé par plusieurs pays de l’OTAN. Toute intrusion non autorisée y est systématiquement signalée et analysée, d’autant plus si l’engin est équipé d’explosifs.

Et maintenant ?

Les autorités grecques devraient prochainement publier les résultats préliminaires de l’enquête ouverte par le ministère de la Défense. Si l’origine étrangère du drone est confirmée, des consultations diplomatiques pourraient être engagées avec le pays concerné. Par ailleurs, une analyse plus poussée de l’appareil permettra de déterminer s’il s’agit d’un engin ukrainien détourné, d’un matériel russe utilisé à des fins de provocation, ou d’un appareil provenant d’un autre acteur. Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour éclairer cette affaire et évaluer son impact sur la sécurité en mer Ionienne.

En attendant, les garde-côtes grecs ont renforcé leurs patrouilles dans la zone, tandis que les autorités maritimes internationales ont été informées de la découverte. La Grèce, membre de l’OTAN, devrait également consulter ses alliés pour une réponse coordonnée à cette situation.

Un drone de classe Magura est un drone maritime développé par l’Ukraine. Il est conçu pour des missions de reconnaissance et d’attaque contre des cibles navales, notamment des navires ennemis. Selon les sources militaires, cet engin est capable de transporter des charges explosives et d’opérer en mer Noire.

La mer Ionienne relie la Méditerranée à l’Adriatique et constitue une voie maritime majeure pour le commerce international. Elle est bordée par plusieurs pays, dont la Grèce, l’Italie et l’Albanie, et est fréquentée par des navires civils et militaires. Toute présence non autorisée d’engins militaires y est considérée comme une menace potentielle pour la sécurité régionale.