Emmanuel Grégoire, maire de Paris, a vivement réagi aux déclarations de Donald Trump affirmant que la charia constituait « presque comme un deuxième mode de vie » dans la capitale française, selon nos confrères du Figaro. Dans un message posté sur X (ex-Twitter) ce jeudi, l’édile a balayé ces propos en soulignant que Paris n’avait « aucune leçon à recevoir » d’un dirigeant qui « déploie des milices racistes pour traquer celles et ceux qui font vivre son pays ».
Ce qu'il faut retenir
- Donald Trump a affirmé que la charia était « presque comme un deuxième mode de vie » à Paris et Londres lors d’un entretien sur le podcast Glenn Beck Program.
- Le président américain a ajouté qu’il interdirait « absolument » la charia aux États-Unis, estimant qu’elle y était déjà présente « dans une certaine mesure ».
- Emmanuel Grégoire a répondu sur X en rappelant que Paris, Londres et New York sont des « villes-monde, villes fières », selon ses propres termes.
- Le maire fait référence aux actions de l’agence américaine ICE, chargée des expulsions, qui a procédé à plus de 51 000 arrestations en juillet 2026.
- En septembre 2025, Donald Trump avait déjà tenu des propos similaires sur Londres lors d’un discours à l’ONU, provoquant la réaction du maire Sadiq Khan.
Trump cible Paris et Londres : « La charia est partout »
Lors d’un entretien diffusé sur le Glenn Beck Program, un podcast conservateur américain, Donald Trump a estimé que « la charia était presque comme un deuxième mode de vie » dans certaines grandes villes occidentales. Interrogé sur la possibilité d’interdire la loi islamique aux États-Unis, le président républicain a affirmé qu’il le ferait « absolument », précisant que « là où nous la voyons, nous la supprimons ».
Ces déclarations, tenues en août 2026, visaient explicitement Paris et Londres. Trump a ajouté que ces deux villes, tout comme New York, étaient devenues des « exemples de ce que l’occident ne devrait pas tolérer ». Selon nos confrères du Figaro, ces propos s’inscrivent dans une rhétorique récurrente du locataire de la Maison-Blanche, qui multiplie les critiques contre l’islam politique et ses manifestations en Europe.
Grégoire rétorque : « Paris n’a aucune leçon à recevoir »
Dans un message publié sur son compte X, Emmanuel Grégoire n’a pas laissé passer l’affirmation du président américain. « Paris n’a aucune leçon à recevoir de la part d’un chef d’État qui déploie des milices racistes pour traquer celles et ceux qui font vivre son pays », a-t-il écrit. Le maire de Paris a ensuite dressé un portrait valorisant de la capitale : « Paris, Londres, New-York, villes-monde, villes fières. »
Cette réplique fait directement référence aux politiques migratoires de Donald Trump, notamment aux actions de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence fédérale américaine chargée des expulsions. Selon les chiffres du département de la Sécurité intérieure américain, rapportés par plusieurs médias outre-Atlantique, l’agence a réalisé plus de 51 000 arrestations en juillet 2026, un record depuis le retour de Trump au pouvoir en janvier 2025.
Un échange de critiques récurrent entre Trump et les dirigeants européens
Cette polémique n’est pas la première du genre. En septembre 2025, lors d’un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump avait déjà tenu des propos similaires sur Londres. Il avait alors affirmé que « tout avait tellement changé » dans la capitale britannique et que certains voulaient désormais « instaurer la charia ». Ces déclarations avaient provoqué une réponse cinglante du maire de Londres, Sadiq Khan, qui avait qualifié Trump de « raciste, sexiste, misogyne et islamophobe », tout en défendant une ville « libérale, multiculturelle, progressiste et prospère ».
Les tensions entre l’administration Trump et les dirigeants européens sur les questions d’immigration et de radicalisation religieuse ne sont donc pas nouvelles. Comme le rapporte le Figaro, ces échanges reflètent des divergences profondes sur la gestion des communautés musulmanes et la place de l’islam dans les sociétés occidentales.
Une chose est sûre : les propos de Donald Trump sur la charia à Paris et Londres risquent de nourrir encore longtemps les discussions sur la place de l’islam dans les sociétés occidentales, ainsi que sur les méthodes employées par les États pour lutter contre son influence.
La charia désigne l’ensemble des règles juridiques et morales issues de l’islam. Pour ses détracteurs, elle est perçue comme incompatible avec les valeurs démocratiques et les droits humains, notamment en matière d’égalité entre les sexes ou de liberté de culte. Les propos de Trump, qui suggèrent une présence généralisée de la charia dans des villes comme Paris ou Londres, sont interprétés comme une attaque contre les communautés musulmanes et une minimisation des efforts des pouvoirs publics pour intégrer ces populations. À Paris, par exemple, la mairie a mis en place des politiques d’inclusion sociale et religieuse, ce qui rend ces affirmations d’autant plus polémiques.