Une mobilisation d’ampleur est prévue ce samedi 6 juin 2026 chez Decathlon. L’intégralité des organisations syndicales de l’enseigne a appelé à la grève pour exiger une hausse significative des salaires, notamment pour les emplois les moins rémunérés. Selon Ouest France, cette initiative marque une première dans l’histoire de l’entreprise, qui affiche pourtant des résultats financiers records.
Ce qu'il faut retenir
- Ce samedi 6 juin 2026, toutes les organisations syndicales de Decathlon appellent à la grève.
- Les revendications portent sur une augmentation des bas salaires, jugés insuffisants.
- En 2025, Decathlon a enregistré près d’un milliard d’euros de bénéfices.
- La mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions sociales accrues dans le secteur de la grande distribution.
L’appel à la grève intervient alors que Decathlon, leader français de la distribution d’articles de sport, a publié des résultats financiers exceptionnels pour l’exercice 2025. Avec un bénéfice net estimé à 980 millions d’euros, l’enseigne dépasse largement les performances des années précédentes. Pourtant, les syndicats dénoncent un écart croissant entre les profits de l’entreprise et la rémunération de ses salariés, en particulier pour les postes en contact avec la clientèle.
« Une vraie colère s’exprime » au sein des équipes, a indiqué un représentant syndical sous couvert d’anonymat. Les salariés pointent du doigt des salaires jugés stagnants depuis plusieurs années, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter. « Les employés en caisse ou en magasin, souvent en contrats précaires, touchent des rémunérations qui ne permettent plus de vivre dignement », a-t-il précisé. Selon les données internes consultées par Ouest France, près de 40 % des salariés de Decathlon perçoivent un salaire inférieur à 1 800 euros net par mois.
Les syndicats, qui regroupent la CFDT, la CGT, FO et Solidaires, ont choisi de coordonner leur action pour maximiser l’impact de la grève. « Nous avons décidé de nous unir pour porter une voix unifiée », a expliqué un délégué CGT. « Les bénéfices records de l’entreprise doivent profiter à l’ensemble de ses salariés, pas seulement aux actionnaires. » Les revendications portent notamment sur une augmentation de 10 % du SMIC pour les postes les moins qualifiés et la régularisation des contrats précaires.
Du côté de la direction, aucune communication officielle n’a encore été publiée concernant les négociations en cours. Cependant, des sources internes ont indiqué à Ouest France que des discussions informelles étaient en cours avec les représentants du personnel. « Nous restons à l’écoute des préoccupations de nos équipes », a déclaré un porte-parole de Decathlon, sans pour autant s’engager sur des mesures concrètes. Dans un secteur marqué par une forte concurrence et des marges serrées, la question des salaires reste un sujet délicat pour les enseignes de distribution.
Cette mobilisation intervient dans un contexte national marqué par des tensions récurrentes autour du pouvoir d’achat. Les syndicats espèrent ainsi donner un écho national à leur combat, alors que le gouvernement a récemment annoncé des mesures pour soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs les moins rémunérés. Reste à savoir si Decathlon, dont la politique salariale a souvent été saluée pour son équilibre, acceptera de revoir sa copie sous la pression.
Les syndicats réclament une augmentation de 10 % du SMIC pour les postes les moins qualifiés, la régularisation des contrats précaires et une revalorisation générale des bas salaires, jugés insuffisants au regard des bénéfices records de l’entreprise.
À ce stade, la direction n’a pas encore communiqué de mesures concrètes. Des discussions informelles sont en cours, mais aucun engagement n’a été pris publiquement. Une rencontre est prévue d’ici fin juin pour tenter de trouver un terrain d’entente.