Les salariés de Decathlon sont appelés à une mobilisation nationale ce samedi 6 juin, selon Capital, dans le cadre d’une grève inédite portée par l’ensemble des syndicats représentatifs de l’entreprise. « Des bénéfices qui s’accumulent… le pouvoir des salariés qui recule ! Le 6 juin, mobilisons-nous pour notre pouvoir d’achat », ont-ils déclaré dans un tract commun publié mardi 2 juin.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq syndicats (CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC, Unsa) appellent à une grève nationale chez Decathlon ce samedi 6 juin 2026.
- Les salariés dénoncent un partage insuffisant des bénéfices, malgré un bénéfice net en hausse de 16 % en 2025, soit 910 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 16,8 milliards d’euros.
- Les revendications portent aussi sur l’augmentation des effectifs et la réduction de la pression commerciale dans les magasins et entrepôts.
- Cette mobilisation est présentée comme la première intersyndicale d’une telle ampleur dans l’histoire de l’enseigne, qui emploie 103 000 salariés dans le monde, dont 324 magasins en France.
Des résultats financiers records, mais des salaires jugés insuffisants
Les syndicats de Decathlon justifient leur mouvement par un déséquilibre entre les performances économiques de l’entreprise et les conditions de travail des salariés. D’après les données communiquées par Actu.fr et relayées par Capital, Decathlon a enregistré en 2025 un bénéfice net en progression de 16 %, atteignant 910 millions d’euros. Dans le même temps, son chiffre d’affaires a progressé de 4 %, s’élevant à 16,8 milliards d’euros. Pourtant, pour les organisations syndicales, cette croissance ne se traduit pas suffisamment dans les rémunérations des employés.
« Nos salaires avant leurs dividendes », revendique la CFTC dans un tract, tandis que les syndicats soulignent une dégradation du pouvoir d’achat face à l’inflation. Ils estiment que les salariés ne bénéficient pas assez des bonnes performances financières de l’enseigne. « Les bénéfices s’accumulent, mais le pouvoir des salariés recule », dénoncent-ils dans leur appel à la grève, invitant les employés à se mobiliser pour défendre leur pouvoir d’achat.
Des conditions de travail dénoncées comme dégradées
Au-delà des questions salariales, les représentants du personnel pointent une intensification du rythme de travail et des effectifs jugés insuffisants. Selon la CFDT, « les salariés constatent chaque jour une augmentation de leur charge de travail, des effectifs insuffisants dans de nombreux magasins et entrepôts, ainsi qu’une pression toujours plus forte pour atteindre les objectifs commerciaux ».
Les syndicats dénoncent également une dégradation des conditions de travail, avec des effectifs réduits et une pression commerciale accrue. Cette situation, selon eux, aggrave la pénibilité au travail et réduit la qualité du service rendu aux clients. « Les salariés subissent une pression constante pour respecter des objectifs commerciaux difficiles à atteindre, dans un contexte où les effectifs ne suivent pas », précise un représentant syndical.
Une première mobilisation intersyndicale d’ampleur
Cette grève du 6 juin marque un tournant dans l’histoire sociale de Decathlon. Pour la première fois, les cinq principaux syndicats (CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC, Unsa) se sont unis pour organiser une mobilisation nationale. Fondée dans les années 1970, l’enseigne est devenue un géant du secteur avec près de 103 000 salariés dans le monde et plus de 1 900 magasins. En France, Decathlon compte 324 points de vente et poursuit son développement international.
Cette unité syndicale intervient dans un contexte de tensions sociales croissantes dans le secteur de la grande distribution, où plusieurs enseignes ont été confrontées à des mouvements de grève ces derniers mois. Les salariés de Decathlon rejoignent ainsi une dynamique plus large de revendications salariales et de conditions de travail, dans un secteur marqué par une inflation persistante et une pression accrue sur les marges.
Cette grève s’inscrit dans un contexte économique et social tendu, où les salariés de la grande distribution réclament une meilleure répartition des richesses produites par leurs entreprises. Les prochains mois pourraient être décisifs pour l’issue des négociations et l’évolution des conditions de travail dans le secteur.
Tous les magasins Decathlon en France pourraient être affectés par la grève, selon l’ampleur de la mobilisation. Les syndicats appellent à une action nationale, mais la fermeture effective dépendra du taux de participation des salariés dans chaque magasin. Aucun détail précis sur les points de vente concernés n’a été communiqué à ce stade.