La justice française en Guadeloupe a donné son feu vert à l’extradition vers les États-Unis de John Daghita, un jeune homme d’une vingtaine d’années, interpellé en mars dernier sur l’île de Saint-Martin. Selon Le Figaro, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Basse-Terre a autorisé cette procédure jeudi 22 mai, après avoir examiné le dossier à huis clos.
Ce qu'il faut retenir
- John Daghita, accusé de détournement de 46 millions de dollars en cryptomonnaies, a été arrêté le 4 mars 2026 à Saint-Martin.
- Il est soupçonné d’avoir fraudé le gouvernement américain alors qu’il travaillait sous contrat pour gérer des actifs numériques saisis.
- Les autorités américaines ont demandé son extradition, une procédure qui pourrait s’étaler sur dix mois selon le parquet de Basse-Terre.
- Lors de son interpellation, une mallette contenant des dollars, des équipements informatiques haut de gamme et une arme de poing ont été saisis.
- D’après les médias spécialisés, le suspect serait le fils du dirigeant d’une société américaine collaborant avec le gouvernement américain.
Âgé d’une vingtaine d’années, John Daghita est incarcéré à la maison d’arrêt de Basse-Terre depuis son arrestation, qui a eu lieu dans le cadre d’une opération conjointe impliquant le FBI, la section de recherche de Saint-Martin et le GIGN. L’interpellation s’est déroulée dans une villa de luxe de Saint-Martin, où les enquêteurs ont également récupéré les 46 millions de dollars en cryptomonnaies suspectés d’avoir été détournés.
D’après le parquet de Basse-Terre, la procédure d’extradition pourrait durer environ dix mois, bien qu’il n’existe aucun délai légal strict en la matière. « En réalité, il n’y a pas de délai légal », a précisé à l’AFP Me Marie-Pierre Saget-Jolivière, l’avocate de Daghita. Celle-ci a également confirmé que son client était lui-même demandeur de son extradition, une position qu’il avait exprimée lors de l’audience du 21 mai devant la justice guadeloupéenne.
Les investigations menées par le FBI ont permis de découvrir, lors de la perquisition, une mallette remplie de dollars, plusieurs téléphones, ainsi qu’une arme de poing. Ces éléments s’ajoutent aux 46 millions de dollars en cryptomonnaies retrouvés, confirmant l’ampleur des sommes détournées selon les autorités américaines. Le procureur américain Kash Patel s’était félicité de cette arrestation sur X, soulignant la collaboration internationale qui avait permis cette opération.
Selon les informations relayées par Le Figaro, John Daghita serait le fils du dirigeant d’une société américaine spécialisée dans la gestion des cryptomonnaies saisies par le gouvernement fédéral. Cette société travaillait en partenariat avec les autorités américaines, ce qui rend les faits d’autant plus graves aux yeux des enquêteurs. Le jeune homme, qui a quitté les États-Unis fin février, est désormais sous le coup d’une procédure judiciaire aux États-Unis pour détournement de fonds publics.
L’avocate de Daghita a indiqué à l’AFP ne pas vouloir confirmer ou infirmer, « à la demande de la famille », le maintien en détention de son client. La question de sa détention provisoire reste donc en suspens, bien que les autorités judiciaires françaises n’aient pas encore communiqué de décision à ce sujet. La procédure d’extradition, une fois entamée, suit un calendrier variable, dépendant notamment des recours éventuels et des délais administratifs.
Cette affaire illustre les enjeux croissants liés à la cybersécurité et à la gestion des actifs numériques par les États. En 2026, les cybermenaces représentent un risque majeur pour les institutions publiques, comme en témoignent les récentes attaques contre des hôpitaux, ministères et entreprises. Le détournement de cryptomonnaies, en particulier, soulève des questions sur la sécurité des systèmes de gestion des actifs saisis, souvent ciblés par des cybercriminels en raison de leur valeur et de leur liquidité.
Les autorités judiciaires américaines et françaises devraient collaborer étroitement dans les semaines à venir pour finaliser les modalités de l’extradition. Si le suspect est finalement transféré aux États-Unis, le procès promet d’être suivi de près, notamment en raison du montant colossal des fonds détournés et du profil atypique du mis en cause, jeune et familier des technologies blockchain. Bref, cette affaire pourrait servir d’exemple en matière de lutte contre la cybercriminalité financière transnationale.
John Daghita a été repéré dans une villa de luxe à Saint-Martin, où il se trouvait probablement en fuite. Les autorités américaines, en collaboration avec la police fédérale (FBI), la section de recherche de Saint-Martin et le GIGN, ont mené une opération conjointe pour l’interpeller le 4 mars 2026. Son arrestation à Saint-Martin s’explique par son absence du territoire américain depuis fin février, où il était sous contrat pour le gouvernement fédéral.