Cent jours après le début du conflit au Moyen-Orient et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, les économies locales subissent un ralentissement brutal, voire une plongée en récession pour certaines d'entre elles. Selon France 24, cette situation contraste avec la relative stabilité des marchés pétroliers, qui ont évité le scénario catastrophe redouté en début de crise.
Ce qu'il faut retenir
- La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz a eu lieu il y a 100 jours, perturbant gravement les échanges maritimes
- Les prix du pétrole ont finalement évité l'emballement grâce à des stocks stratégiques et à une demande modérée
- Plusieurs économies de la région, dont l'Iran et le Liban, sont désormais en récession
- Le PIB de l'Arabie saoudite a reculé de 2,3 % au premier trimestre 2026
- Les investissements étrangers directs ont chuté de 40 % dans les pays touchés par le conflit
Une économie régionale sous tension malgré la stabilité des prix de l'énergie
Contrairement aux craintes initiales, les marchés pétroliers n'ont pas subi de choc majeur après la fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz, artère vitale pour le transport du pétrole vers l'Asie. Selon France 24, cette stabilité s'explique par la mobilisation des réserves stratégiques mondiales et par une demande modérée en énergie, tempérée par la transition énergétique en cours. Pourtant, côté économique, l'impact est déjà palpable pour les pays de la région. « Les chaînes d'approvisionnement sont sous tension, et les coûts logistiques ont explosé », a déclaré hier un analyste de la Banque mondiale, cité par France 24.
Les économies les plus exposées, comme celles de l'Iran ou du Liban, subissent de plein fouet les conséquences du conflit. À Beyrouth, où la livre libanaise a perdu plus de 80 % de sa valeur depuis 2019, la situation s'est encore dégradée avec l'arrêt des importations via le port de Beyrouth, l'un des principaux hubs de la région. « Nous assistons à une chute libre de notre pouvoir d'achat », témoigne un commerçant local sous couvert d'anonymat.
Des pays exportateurs de pétrole en première ligne
L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, enregistre un recul de son PIB de 2,3 % au premier trimestre 2026, selon les dernières données du Fonds monétaire international (FMI). Cette contre-performance s'explique par la baisse des revenus pétroliers, mais aussi par la chute des investissements étrangers, qui ont reculé de 40 % depuis le début de l'année. Riyad tente de compenser cette perte par des mesures d'austérité, mais le risque de récession persiste.
Du côté des Émirats arabes unis, la croissance a ralenti à 1,8 % sur la même période, contre 3,5 % en 2025. Abu Dhabi a dû puiser dans ses fonds souverains pour soutenir son économie, tandis que Dubai, plus dépendante du tourisme, voit ses recettes chuter. « Les retards dans les projets d'infrastructure et la baisse de la consommation locale pèsent sur notre activité », a indiqué un responsable du Dubai Chamber of Commerce à France 24.
Une région en quête de stabilité
Alors que les tensions géopolitiques persistent, les pays de la région tentent de s'adapter à un nouveau contexte. L'Iran, dont l'économie est sous sanctions depuis des années, voit ses exportations de pétrole s'effondrer malgré des prix élevés. Téhéran a annoncé hier des mesures pour soutenir son industrie locale, mais les résultats tardent à venir. « Nous faisons face à une double peine : les sanctions et maintenant la crise régionale », a déploré un porte-parole du ministère iranien de l'Économie.
Au Liban, où la crise financière était déjà sans précédent, le conflit a aggravé une situation déjà catastrophique. Le pays peine à importer des denrées de base, et l'inflation atteint des niveaux records. « Les Libanais survivent avec des salaires qui ne valent plus rien, et les hôpitaux manquent de médicaments essentiels », explique un médecin de Beyrouth. Face à cette urgence, la communauté internationale a débloqué une aide d'urgence de 500 millions de dollars, mais celle-ci reste insuffisante.
Enfin, la question de la réouverture partielle du détroit d'Ormuz reste en suspens. Tant que le conflit persistera, le risque de nouvelles perturbations logistiques et économiques demeurera élevé. Pour l'heure, les pays de la région misent sur des plans de relance ciblés, mais leur efficacité dépendra largement de l'évolution du conflit et de la réponse des marchés internationaux.