Alors que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine s’intensifient, Pékin a décidé de frapper fort en réponse aux dernières sanctions américaines. Selon BFM Business, la Chine a annoncé mercredi 6 août 2026 plusieurs contre-mesures ciblant des entreprises et des produits américains, après que Washington eut imposé des restrictions commerciales jugées discriminatoires.

Ces nouvelles mesures surviennent dans un contexte de guerre commerciale larvée entre les deux premières puissances économiques mondiales, marquée par des échanges de sanctions et de représailles depuis plus d’un an. Pourtant, un accord de trêve avait été trouvé en octobre 2025 lors d’une rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping. Mais cette accalmie semble désormais révolue.

Ce qu'il faut retenir

  • Six entreprises américaines placées sur une liste noire chinoise, interdisant toute transaction avec des acteurs locaux.
  • Pékin justifie ses mesures par la sécurité nationale, notamment pour contrôler les exportations de biens à double usage vers les États-Unis.
  • Washington avait ciblé en juillet les robots humanoïdes et quadripèdes, jugés à « risques inacceptables » pour la sécurité nationale américaine.
  • La Chine riposte en renforçant le contrôle des drones et imprimantes, deux secteurs sensibles pour les autorités chinoises.
  • Les sanctions américaines initiales visaient plusieurs dizaines de partenaires commerciaux, accusés de ne pas lutter contre le travail forcé.

Des sanctions américaines jugées injustes par Pékin

Les mesures américaines, prises au nom de la lutte contre le travail forcé ou de la sécurité nationale, ont été perçues par la Chine comme une tentative de protectionnisme déguisé. Selon le ministère chinois du Commerce, cité par BFM Business, « la Chine n’a d’autre choix que de prendre les contre-mesures nécessaires pour répondre à ces agissements ».

Parmi les entreprises américaines sanctionnées, figurent des acteurs majeurs comme Applied DNA Sciences, spécialisée en biotechnologie, et Stratum Reservoir, active dans la recherche en géosciences. Leur inscription sur la liste noire chinoise signifie qu’aucune entité ou individu en Chine n’est autorisé à collaborer avec elles, sous peine de sanctions.

Une escalade des restrictions sur les technologies sensibles

Les autorités chinoises ont également annoncé un renforcement des contrôles sur les exportations de biens à double usage — c’est-à-dire ceux pouvant servir à des applications civiles ou militaires — liés aux drones. Cette décision s’inscrit dans la logique de Pékin visant à protéger ses intérêts stratégiques.

Par ailleurs, des enquêtes administratives ont été lancées contre les importations d’imprimantes et de photocopieurs de bureau américains, toujours au nom de la sécurité nationale. Ces produits, souvent utilisés dans les entreprises et les administrations, sont désormais sous surveillance accrue.

Les robots humanoïdes, nouvelle cible de la guerre commerciale

Fin juillet 2026, l’administration Trump avait ajouté à sa liste d’embargo les robots humanoïdes et quadripèdes, arguant qu’ils présentaient des « risques inacceptables » pour la sécurité des États-Unis. La majorité de ces robots commercialisés outre-Atlantique sont fabriqués en Chine, ce qui explique en partie la réaction de Pékin.

Selon l’USTR (Bureau du représentant américain au commerce), cette décision s’inscrit dans le cadre d’une enquête élargie sur les pratiques commerciales des partenaires commerciaux américains, accusés de ne pas suffisamment lutter contre le travail forcé. Les droits de douane supplémentaires imposés à plusieurs pays, dont la Chine, ont exacerbé les tensions.

Un retour en arrière après une trêve fragile

La relation commerciale sino-américaine avait connu une relative détente en octobre 2025, lorsque Donald Trump et Xi Jinping s’étaient rencontrés pour discuter d’une trêve. Les deux dirigeants avaient alors convenu de réduire les tensions et de rouvrir les canaux de dialogue.

Cependant, les récents développements montrent que cette accalmie était fragile. Les nouvelles sanctions et contre-mesures risquent d’aggraver la situation, avec des conséquences potentielles sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, déjà fragilisées par des années de tensions commerciales.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’ampleur de cette escalade. Les deux parties pourraient tenter de négocier un nouveau compromis, mais les positions semblent pour l’instant très éloignées. Une réunion entre des représentants commerciaux chinois et américains est attendue d’ici fin août, sans garantie de succès. Par ailleurs, l’Union européenne, souvent prise entre ces deux blocs, pourrait tenter de jouer un rôle de médiateur pour éviter une escalade incontrôlée.

Alors que les économies chinoise et américaine sont profondément interconnectées, une aggravation du conflit commercial pourrait avoir des répercussions mondiales, notamment sur les prix des technologies et des biens manufacturés. Les entreprises des deux pays, déjà touchées par des années de tensions, devront s’adapter rapidement à ce nouveau climat.

Reste à voir si Pékin et Washington parviendront à trouver un terrain d’entente ou si cette guerre commerciale entrera dans une phase encore plus conflictuelle.

Six entités américaines ont été placées sur la liste noire chinoise, dont Applied DNA Sciences (biotechnologie) et Stratum Reservoir (géosciences). D’autres entreprises, notamment dans le secteur des tests de conformité, sont également visées.

Les États-Unis ont interdit leur importation en juillet 2026, les jugeant à « risques inacceptables » pour la sécurité nationale. La Chine, qui domine leur production, a réagi en durcissant ses propres mesures commerciales.