Le président américain Donald Trump a prononcé hier soir, depuis la Maison Blanche, sa première allocution à la nation depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, alors que le conflit entre dans son 34e jour. Selon BMF - International, Washington intensifie sa campagne militaire contre l’Iran, tandis que les déclarations belliqueuses se multiplient des deux côtés.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump annonce que l’Iran sera frappé « extrêmement durement » pendant encore deux à trois semaines, menaçant notamment ses centrales électriques.
  • L’Iran promet des attaques « écrasantes » contre les États-Unis et Israël en représailles.
  • Le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour le transport d’hydrocarbures, reste bloqué, provoquant une crise énergétique mondiale.
  • La France, par la voix d’Emmanuel Macron, critique la stratégie américaine et juge irréaliste une opération militaire pour « libérer » le détroit.
  • Les deux plus grandes aciéries iraniennes sont à l’arrêt, avec une reprise estimée entre six mois et un an.
  • Les Émirats arabes unis ont intercepté 19 missiles balistiques et 29 drones iraniens aujourd’hui, portant le total à 457 missiles et 2 038 drones depuis le début des attaques.

Washington durcit le ton : l’Iran dans le viseur pour deux à trois semaines

Donald Trump a confirmé hier soir que les États-Unis maintiendraient une pression militaire intense sur l’Iran « pendant encore deux à trois semaines ». Lors de son allocution, le président américain a affirmé que Téhéran était « en train de perdre » face à la puissance américaine, précisant que la marine iranienne avait « disparu » et que son armée de l’air était « en pièces ». Il a également réitéré sa détermination à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, déclarant : « Je n’autoriserai jamais ce genre de chose. » Selon BMF - International, cette escalade verbale s’accompagne de menaces précises : « Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l’âge de pierre. »

Le président américain a également pris pour cible le réseau électrique iranien, affirmant que Washington s’apprêtait à frapper « chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément ». Il a ajouté que les discussions diplomatiques se poursuivaient en parallèle, sans pour autant préciser leur nature. Cette annonce intervient alors que le prix du baril de Brent a dépassé les 105 dollars ce matin, en hausse de plus de 4 % après son discours.

Téhéran contre-attaque : menaces d’attaques « écrasantes » et déni sur l’enrichissement nucléaire

En réponse aux déclarations de Donald Trump, l’Iran a brandi la menace d’attaques « écrasantes » contre les États-Unis et Israël. Selon BMF - International, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a dénoncé les demandes « maximalistes et irrationnelles » de Washington pour un cessez-le-feu, tout en démentant toute négociation directe. « Nous sommes prêts pour n’importe quel type d’attaque, y compris une attaque au sol », a-t-il déclaré, cité par l’agence iranienne de presse Isna.

De son côté, l’Iran continue de nier avoir relancé son programme d’enrichissement nucléaire. Reza Najafi, ambassadeur iranien auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a qualifié les accusations américaines de « très gros mensonge », affirmant que son pays n’avait pas repris ces activités malgré les frappes israéliennes et américaines de juin 2025 contre certaines de ses installations.

Crise énergétique et blocage du détroit d’Ormuz : l’économie mondiale sous tension

Le blocage du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite près d’un cinquième du pétrole mondial, aggrave une crise énergétique déjà marquée par la hausse des prix. Selon BMF - International, le Premier ministre australien Anthony Albanese a appelé à la désescalade après le discours de Donald Trump, soulignant que les attaques américano-israéliennes avaient affaibli l’armée iranienne. « Les objectifs ont été atteints, il faut maintenant éviter une escalade inutile », a-t-il déclaré.

De son côté, le Royaume-Uni a organisé une réunion virtuelle avec plus de 40 pays pour discuter de la « urgente nécessité de rétablir la liberté de navigation » dans le détroit. La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a insisté sur la « ferme détermination internationale » à rouvrir cette route stratégique. En Asie, la Malaisie a annoncé l’instauration d’une « politique de télétravail » pour ses ministères et entreprises publiques à partir du 15 avril, afin d’économiser du carburant.

Dramatiques conséquences économiques et humanitaires en Iran

Les frappes américano-israéliennes ont causé d’importants dégâts à l’économie iranienne. Selon BMF - International, les deux plus grandes aciéries du pays, Khuzestan Steel Company et Mobarakeh Steel Company, sont à l’arrêt, avec une reprise estimée entre six mois et un an. Mehran Pakbin, directeur adjoint de Khuzestan Steel, a précisé : « Selon nos premières estimations, la remise en service de ces unités prendra entre au moins six mois à un an. » À Téhéran, l’Institut Pasteur a également été fortement endommagé par des frappes, provoquant la colère des autorités sanitaires iraniennes.

Côté humain, les tensions internes restent vives. Les autorités iraniennes ont pendu ce matin Amir-Hossein Hatami, condamné pour collaboration avec Israël et les États-Unis lors des manifestations de janvier. Le communiqué du pouvoir judiciaire précise qu’il avait tenté de s’emparer d’armes stockées dans un « centre militaire » pendant les protestations.

Réactions internationales : la France critique la stratégie américaine, Israël maintient sa fermeté

La France, par la voix d’Emmanuel Macron, a critiqué à plusieurs reprises la stratégie américaine. Lors d’un déplacement en Corée du Sud, le président français a estimé que la guerre ne permettait pas de « régler dans la durée » la question du nucléaire iranien. « Une opération militaire pour libérer le détroit d’Ormuz serait irréaliste », a-t-il ajouté, soulignant que « ça prendrait un temps infini et comporterait des tas de risques ». Il a également jugé « ni élégants, ni à la hauteur » les propos de Donald Trump sur son couple.

Du côté israélien, l’ambassadeur en France, Joshua Zarka, a réaffirmé la volonté de Jérusalem de « permettre aux Iraniens de prendre le contrôle de leur destin ». Il a également annoncé que les « cibles nucléaires » iraniennes seraient neutralisées d’ici deux à trois semaines, confirmant la coordination totale entre les États-Unis et Israël. « Nous avons besoin d’un petit nombre de semaines pour finir cette guerre », a-t-il déclaré.

Attaques en cascade : missiles, drones et frappes sur des infrastructures civiles

Les dernières 24 heures ont été marquées par une intensification des attaques. Selon BMF - International, l’armée israélienne a intercepté quatre salves de missiles iraniens en six heures, sans faire de victime. Les Émirats arabes unis ont, pour leur part, intercepté 19 missiles balistiques et 29 drones aujourd’hui, portant le total à 457 missiles et 2 038 drones depuis le début du conflit. Un Bangladais a été tué hier par des débris de drones interceptés près du détroit d’Ormuz.

Les infrastructures civiles ne sont pas épargnées. L’Iran a dénoncé une « violation manifeste du droit international » après les attaques contre la centrale nucléaire de Bouchehr, qualifiées de « crime contre l’humanité » par son ambassadeur auprès de l’AIEA. À Téhéran, de nouvelles explosions ont été entendues ce matin dans les quartiers ouest et est de la ville, sans que les sites visés ne soient identifiés.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, la communauté internationale pourrait tenter de relancer des négociations pour un cessez-le-feu, bien que les positions restent très éloignées. Les prochaines échéances clés seront la tenue de la réunion des 40 pays sur le détroit d’Ormuz, prévue aujourd’hui, ainsi que les annonces des compagnies pétrolières sur d’éventuelles sanctions ou restrictions d’approvisionnement. La situation humanitaire en Iran, déjà fragile, risque de se dégrader davantage si le blocage économique persiste.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les frappes militaires permettront de faire plier l’Iran ou si elles conduiront à une escalade incontrôlable dans la région.

Le détroit d’Ormuz est un passage maritime essentiel pour le transport d’hydrocarbures : près d’un cinquième du pétrole mondial transite par cette route. Son blocage, comme c’est actuellement le cas en raison de la guerre en Iran, provoque une crise énergétique mondiale et une flambée des prix du brut.