D'après Courrier International, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu ce 20 juillet que le pays était engagé dans « une guerre totale » face aux États-Unis, tout en soulignant que « l'économie et les conditions de vie de la population » étaient « les principaux champs de bataille ».
Les bombardements américains contre l'Iran se sont intensifiés ces derniers jours, aggravant une crise économique déjà profonde. Les médias iraniens mettent en garde contre une nouvelle chute de la valeur de la monnaie locale et la persistance d'une inflation élevée, estimant que la détérioration de la situation accroît le risque de nouveaux troubles sociaux.
Ce qu'il faut retenir
- Le taux de change du rial face au dollar a atteint un nouveau plus bas historique, passant d'environ 1,73 million de rials pour un dollar début juillet à 1,89 million lundi.
- Le gouvernement iranien envisage d'augmenter les prix de l'essence pour compenser la raréfaction des ressources et réduire la consommation.
- Les provinces frontalières connaissent les taux d'inflation les plus élevés depuis des années en raison de la guerre, des vagues de chaleur extrêmes et d'autres difficultés.
La situation économique
« Sur le plan militaire, les forces armées défendent le pays avec détermination. Mais si les pressions économiques alimentent le mécontentement social et que celui-ci s'étend, le soutien populaire au système politique risque de s'éroder », a averti le président Pezeshkian, selon le quotidien réformiste Shargh.
Un expert économique a également averti qu'en cas de pénurie de devises étrangères dans le pays, le gouvernement ne devrait pas autoriser, entre autres, l'importation de voitures. « Une grande partie de la population peine à subvenir à ses besoins essentiels. Dans ces conditions, rien ne justifie que certains circulent dans les rues au volant de voitures luxueuses », a-t-il indiqué.
Les conséquences de la guerre
Les attaques américaines contre les infrastructures énergétiques et la difficulté d'importer de l'essence à cause du blocus maritime du pays ont contraint le gouvernement à prendre des mesures pour contrôler la demande de consommation. Les autorités ont affirmé que seuls les clients aux dépenses importantes seraient touchés par la hausse des prix.
« Même si cette hausse ne touche pas directement tous les automobilistes, ses effets indirects finiront par se répercuter sur l'ensemble de la société, en entraînant une augmentation des coûts de transport, des tarifs et, plus largement, du prix des biens », indique le média d'opposition Independent Persian.
Les questions sur l'avenir de l'économie iranienne et les impacts de la guerre sur la population restent ouvertes, avec des réponses qui devraient se clarifier dans les prochains jours et semaines.