Les pertes matérielles et l’intensification des opérations militaires contre l’Iran pèsent lourdement sur les finances du Pentagone. Selon BFM Business, le coût total de cette guerre pour les États-Unis est désormais estimé entre 22,3 et 31 milliards de dollars (soit 19,3 à 26,8 milliards d’euros), un montant qui pourrait atteindre plus d’un demi-milliard de dollars par jour. Cette estimation, fournie par Elaine McCusker, ancienne responsable du budget du Pentagone et chercheuse à l’American Enterprise Institute (AEI), dépasse largement les 11,3 milliards de dollars déclarés par le Pentagone après les six premiers jours de combat. Une situation qui s’aggrave alors que le président américain Donald Trump envisage une hausse historique du budget militaire pour 2027.
Ce qu'il faut retenir
- Le coût de la guerre en Iran pour les États-Unis est évalué entre 22,3 et 31 milliards de dollars, soit plus de 500 millions de dollars par jour.
- Les pertes matérielles représentent environ 10 % de ce total, avec des équipements comme un Boeing E-3 Awacs d’une valeur de 700 millions de dollars détruits.
- Plus de 850 missiles Tomahawk ont été tirés depuis le début du conflit, un record comparé à d’autres interventions militaires récentes.
- Le budget de défense américain pourrait atteindre 1 500 milliards de dollars en 2027, en hausse de 42 % par rapport à 2026.
- Une majorité des Américains (60 %) désapprouvent cette guerre, selon un sondage Reuters/Ipsos.
L’ampleur des dépenses militaires s’explique en partie par les pertes matérielles enregistrées depuis le début des hostilités. Selon Elaine McCusker, entre 2,1 et 3,6 milliards de dollars ont été consacrés au remplacement de matériel détruit ou endommagé. Parmi les équipements les plus coûteux figurent un Boeing E-3 « Awacs », avion spécialisé dans la détection et le commandement, évalué à 700 millions de dollars. Cet appareil, dont la durée de vie est limitée et qui sera progressivement remplacé à l’horizon 2035, est un outil stratégique pour les forces américaines.
Les dégâts matériels ne se limitent pas aux avions. Le porte-avions USS Gerald R. Ford, victime d’un incendie en mer, ainsi qu’un système d’alerte antimissile endommagé sur une base au Qatar, figurent parmi les éléments dont la réparation pèse sur le budget. Ces coûts s’ajoutent à ceux des opérations militaires menées sur le terrain, comme celle qui a eu lieu ce week-end pour secourir un aviateur éjecté au-dessus du territoire iranien.
Le conflit a également vu une utilisation intensive des missiles de croisière, notamment le Tomahawk, dont chaque unité coûte 3,6 millions de dollars. Selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), plus de 850 missiles Tomahawk ont été tirés depuis le début des opérations. Ce chiffre dépasse celui enregistré lors de l’invasion de l’Irak en 2003, où 802 missiles avaient été lancés. À titre de comparaison, la guerre en Irak et son occupation ont coûté plus de 3 000 milliards de dollars aux États-Unis, selon des travaux de chercheurs de l’université de Harvard. Une différence majeure réside dans la durée des conflits : la guerre en Iran, bien que coûteuse, reste en cours, et ses dépenses continuent de s’accumuler.
Les responsables militaires et stratégistes s’inquiètent cependant de l’épuisement des stocks de missiles. Le CSIS souligne que les réserves de Tomahawk sont désormais estimées à moins de 3 000 unités, tandis que la Marine américaine ne devrait en recevoir que 110 en 2026. Face à cette pénurie, le fabricant RTX a signé des accords-cadres avec le Pentagone pour augmenter sa production et atteindre un rythme de 1 000 missiles par an. Une capacité qui, si elle est pleinement exploitée, pourrait atténuer les tensions sur les stocks à moyen terme.
Cette situation met en lumière les risques budgétaires et opérationnels pour les États-Unis.
« Bien que les munitions soient suffisantes pour mener cette guerre, les dépenses importantes en Tomahawk et autres missiles dans le cadre de l’opération Epic Fury engendrent des risques pour les États-Unis sur d’autres théâtres d’opérations, notamment dans le Pacifique Ouest »,a souligné le CSIS. Les stocks limités pourraient contraindre Washington à réduire ses engagements ailleurs, alors que les tensions avec la Chine et la Corée du Nord restent vives.
Sur le plan politique, cette guerre s’inscrit dans un contexte de tensions sociales croissantes aux États-Unis. Une majorité des Américains, 60 %, désapprouvent cette intervention, selon un sondage Reuters/Ipsos. Face à ce rejet, l’administration Trump a choisi une stratégie budgétaire agressive : la Maison Blanche a présenté un projet de budget pour 2027 prévoyant une hausse de 42 % des dépenses militaires, soit une augmentation de 445 milliards de dollars par rapport à 2026. Ce budget atteindrait alors 1 500 milliards de dollars, un niveau inédit dans l’histoire récente des États-Unis.
Pour financer cette hausse, des coupes drastiques sont prévues dans les dépenses fédérales non militaires. Parmi les secteurs touchés, la principale agence de recherche médicale publique verrait son budget réduit de 5 milliards de dollars. Des compressions sont également attendues dans les budgets sociaux, éducatifs et de santé. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du programme de « paix par la force » défendu par Donald Trump, un concept qui vise à renforcer la dissuasion militaire pour éviter les conflits. Cependant, cette approche suscite des interrogations sur les priorités budgétaires du gouvernement, alors que le pays reste divisé sur la question de la guerre en Iran.
Parallèlement, la guerre en Iran continue de s’intensifier, avec des opérations militaires régulières et des frappes de missiles qui s’ajoutent aux coûts déjà colossaux. Les stocks de munitions, bien que temporairement suffisants, pourraient devenir un enjeu majeur si le conflit s’étend ou si de nouvelles crises éclatent ailleurs dans le monde. Dans ce contexte, la capacité de production de RTX et la gestion des réserves de Tomahawk seront des facteurs clés pour l’avenir des engagements militaires américains.
Selon les estimations d’Elaine McCusker, ancienne responsable du budget du Pentagone, le coût quotidien de la guerre en Iran s’élève à plus de 500 millions de dollars, soit un montant compris entre 22,3 et 31 milliards de dollars au total depuis le début du conflit.
Les missiles Tomahawk, tirés à plus de 850 exemplaires depuis le début des hostilités, coûtent chacun 3,6 millions de dollars. Leur utilisation massive s’explique par leur rôle central dans les frappes de précision contre des cibles iraniennes, mais aussi par leur stock limité, estimé à moins de 3 000 unités. Le Pentagone tente d’augmenter la production via RTX pour éviter une pénurie.
