Trente-sept ans après le dernier retour d’un ancien grand maître à la tête de l’obédience, Guillaume Trichard a été élu vendredi 28 août à Bordeaux pour occuper à nouveau les fonctions de grand maître du Grand Orient de France. Selon nos confreres du Figaro, cette élection marque un tournant symbolique dans l’histoire récente de la plus ancienne obédience maçonnique française.
Âgé de 50 ans, Guillaume Trichard avait déjà occupé ce poste pour un mandat d’un an entre 2023 et 2024. Son retour aux commandes intervient après deux années consacrées à la visite des loges et à la réflexion sur l’avenir de l’institution, comme il l’a expliqué à la presse. Diplômé de l’Institut Mines-Télécom Business School, il a mené l’essentiel de sa carrière dans des grands groupes industriels avant de diriger, depuis plusieurs années, le département juridique national au sein de l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa).
Ce qu'il faut retenir
- Guillaume Trichard a été élu grand maître du Grand Orient de France le 28 août 2026 à Bordeaux, trente-sept ans après le dernier retour d’un ancien grand maître à ce poste.
- Âgé de 50 ans, il avait déjà occupé cette fonction entre 2023 et 2024 pour un mandat d’un an, conformément aux statuts de l’obédience.
- Diplômé de l’Institut Mines-Télécom Business School, il a exercé toute sa carrière dans l’industrie avant de rejoindre l’Unsa, où il dirige actuellement le département juridique national.
- Son élection s’inscrit dans un contexte marqué par une montée des populismes en Europe, qu’il entend aborder en tant que figure de la franc-maçonnerie.
Un mandat interrompu puis renouvelé
Guillaume Trichard a exercé les fonctions de grand maître pendant un an, comme le prévoit la tradition du Grand Orient de France. À l’issue de son mandat, il n’a pas sollicité de renouvellement immédiat, respectant ainsi la règle de l’obédience qui impose une pause avant une éventuelle nouvelle candidature. « Le grand maître est élu pour un an », a-t-il rappelé dans un entretien au Figaro. « Au terme de mon mandat, j’ai donc dû quitter mes fonctions, avant de pouvoir éventuellement me présenter de nouveau à l’élection. »
Côté..., ces deux années écoulées lui ont permis de parcourir les loges du territoire, une démarche qu’il présente comme essentielle pour comprendre les attentes des membres et adapter la stratégie de l’obédience. Cette immersion lui a également offert l’opportunité de préparer un second mandat, marqué cette fois par une volonté affirmée de répondre aux défis contemporains.
Un profil marqué par l’industrie et le syndicalisme
Formé dans une grande école de commerce, Guillaume Trichard a construit sa carrière dans le secteur industriel, où il a occupé des postes à responsabilité dans plusieurs grands groupes. Son parcours professionnel reflète une spécialisation dans les questions juridiques et stratégiques, compétences qu’il met aujourd’hui au service du Grand Orient de France. Avant de rejoindre l’Unsa, il a notamment œuvré dans des environnements exigeant une fine connaissance des enjeux réglementaires et sociaux.
Son engagement syndical au sein de l’Unsa, où il occupe la direction du département juridique national, témoigne d’une sensibilité particulière aux questions sociales et à la défense des intérêts des salariés. Cette expérience pourrait s’avérer précieuse dans un contexte où l’obédience maçonnique cherche à renforcer son ancrage dans la société française et à promouvoir ses valeurs de laïcité, de tolérance et de solidarité.
Un retour motivé par les enjeux politiques actuels
Dans un entretien accordé au Figaro, Guillaume Trichard a souligné que sa décision de se représenter s’inscrivait dans un contexte politique et social marqué par une montée des populismes en Europe. Pour lui, la franc-maçonnerie, et notamment le Grand Orient de France, a un rôle historique à jouer face à ces dynamiques. « Face à la montée des populismes, notre obédience a un rôle historique à jouer », a-t-il déclaré, sans préciser davantage sa vision pour les mois à venir.
Cette prise de position s’inscrit dans la lignée des valeurs portées par le Grand Orient de France, qui se positionne comme un acteur du débat public sur des questions de société, de démocratie et de droits humains. Le retour de Trichard à la tête de l’obédience pourrait ainsi s’accompagner d’une volonté de réaffirmer l’influence de la franc-maçonnerie dans l’espace public, tout en évitant de tomber dans l’écueil d’une instrumentalisation politique.
Pour les observateurs de la vie maçonnique française, l’élection de Guillaume Trichard représente bien plus qu’un simple renouvellement de personnel. Elle symbolise la capacité de l’institution à s’adapter aux évolutions de la société, tout en préservant ses fondamentaux. Reste désormais à savoir si ce retour aux affaires permettra au Grand Orient de France de retrouver une visibilité et une influence en phase avec les attentes de ses membres et de l’opinion publique.
Un mandat de grand maître au Grand Orient de France dure traditionnellement un an, comme le précise Guillaume Trichard dans son entretien au Figaro. Cette règle permet une rotation régulière des responsabilités et évite une concentration trop longue du pouvoir au sein de l’obédience.