Alors que la Guinée-Bissau traverse une période de transition politique marquée par une junte militaire au pouvoir depuis près d’un an, les citoyens sont appelés aux urnes ce dimanche 30 août 2026 pour se prononcer sur une réforme constitutionnelle majeure. Comme le rapporte RFI, ce scrutin vise à faire évoluer le pays d’un régime semi-parlementaire vers un régime présidentiel fort, une transformation présentée comme une étape décisive avant les élections générales prévues le 6 décembre prochain. Dans un contexte politique particulièrement tendu, ce référendum s’inscrit dans la logique d’un retour progressif à l’ordre civil.
Ce qu'il faut retenir
- Un référendum constitutionnel se tient ce dimanche 30 août 2026 en Guinée-Bissau pour valider une réforme visant à instaurer un régime présidentiel.
- La réforme doit permettre de passer d’un système semi-parlementaire à un régime présidentiel fort.
- Le scrutin intervient alors que le pays est dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État de novembre 2025.
- Ce référendum est présenté comme une étape clé avant les élections générales prévues le 6 décembre 2026.
- Les élections de décembre doivent permettre un retour au pouvoir des civils.
Une réforme constitutionnelle pour un régime présidentiel
Le cœur du scrutin de ce dimanche porte sur une modification en profondeur de la Constitution bissau-guinéenne. Selon les informations rapportées par RFI, les électeurs auront à trancher sur une transition vers un régime présidentiel, abandonnant ainsi le système semi-parlementaire actuel. Ce changement, porté par la junte militaire en place, vise à concentrer davantage de pouvoirs entre les mains du chef de l’État. Autant dire que l’enjeu est de taille pour l’avenir institutionnel du pays, où les équilibres entre pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont au cœur des débats politiques depuis des années.
Le régime présidentiel, tel que proposé, doit théoriquement renforcer la stabilité politique, un argument mis en avant par les partisans de la réforme. Cependant, dans un pays marqué par une instabilité chronique, cette proposition divise. Les détracteurs y voient une tentative de consolidation du pouvoir par la junte, tandis que ses défenseurs insistent sur la nécessité de clarifier les responsabilités au sommet de l’État pour éviter les blocages institutionnels.
Un pays sous l’emprise d’une junte militaire depuis novembre 2025
La Guinée-Bissau est dirigée par une junte militaire depuis le coup d’État survenu en novembre 2025. Ce putsch avait mis fin à une période de transition politique fragile, marquée par des tensions entre civils et militaires. Depuis, le pays est sous le contrôle de l’armée, qui justifie sa présence par la nécessité de rétablir l’ordre et de préparer un retour à l’ordre civil. Le référendum de ce dimanche s’inscrit dans cette feuille de route annoncée par les autorités militaires.
Le général Umaro Sissoco Embaló, chef de la junte, a régulièrement évoqué la nécessité de réformes institutionnelles pour stabiliser le pays. Dans une récente déclaration, il a souligné que « le passage à un régime présidentiel permettra d’éviter les blocages entre les pouvoirs et d’assurer une gouvernance plus efficace », selon ce qu’a rapporté RFI. Pourtant, cette transition vers un régime plus autoritaire suscite des inquiétudes au sein de la société civile et de la communauté internationale.
Les élections de décembre 2026 : un retour attendu à la normale
Le référendum de ce dimanche est présenté comme une étape préalable aux élections générales prévues le 6 décembre 2026. Ces élections, censées marquer le retour des civils au pouvoir, sont attendues avec impatience par une partie de la population et par les partenaires internationaux du pays. Elles devraient permettre d’élire un président, des députés et, le cas échéant, de restaurer les institutions démocratiques.
Cependant, le climat politique reste tendu. Les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits humains s’interrogent sur la transparence du processus électoral. La junte militaire a promis des conditions équitables, mais des doutes persistent quant à l’indépendance de la commission électorale et à la liberté de la presse. Pour l’instant, aucune opposition organisée n’a été autorisée à participer pleinement aux préparatifs, ce qui alimente les suspicions de partialité.
Quoi qu’il arrive, ce scrutin reste un test pour la junte militaire et pour la capacité du pays à retrouver une trajectoire démocratique. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la Guinée-Bissau parviendra à tourner la page de l’instabilité chronique qui la caractérise depuis des années.
La réforme vise à remplacer le régime semi-parlementaire actuel par un régime présidentiel fort. Cela signifie une concentration accrue des pouvoirs entre les mains du président, avec une réduction des contre-pouvoirs législatifs et une possible limitation des mécanismes de contrôle démocratique.